Partager
C’est à se demander si l’opposition politique guinéenne, engagée dans un combat tous azimuts contre le régime en place et la Commission Nationale Électorale Indépendante, CENI, n’est pas en train de se tromper de cible, encore une fois. Sans discernement, les leaders du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et de l’Alliance pour la démocratie et le progrès, ADP, quelquefois par media interposés, s’attaquent avec véhémence à la fois à certains diplomates accrédités en Guinée, en particulier, aux représentants de l’Union Européenne, Philippe Van Damme, et du système des Nations Unies en Guinée, qu’ils accusent d’être « illégalement » en train de soutenir le pouvoir en place dans la gestion du processus électoral en cours.
Lesquels sont passés dans leurs casseroles lors de la « marche pacifique » organisée le 18 février 2013 sur l’autoroute Fidel Castro Ruz. Au même titre que le Président Alpha Condé et son gouvernement qu’ils ont sérieusement pourfendus.
« Philips Van Damme dégage ! » pouvait-on lire sur les pancartes de certains manifestants regroupés le lundi dernier sur l’esplanade du Palais du peuple.
En fait, selon l’entendement de l’opposition guinéenne, leurs malheurs actuels proviennent, non pas uniquement du pouvoir d’Alpha Condé, mais de certains facteurs exogènes liés aux agissements des diplomates étrangers accrédités en Guinée, qui ne joueraient pas leur jeu. Ils en veulent particulièrement au représentant de l’Union Européenne en Guinée, d’avoir facilité la signature du dixième Fonds Européen de Développement, FED, de 174,3 millions d’euros. Et au Coordinateur du système des Nations-Unies en Guinée de débourser des fonds pour le financement du processus électoral par la CENI de Bakary Fofana.
Ce qui est de nature, à leur avis, de faciliter le travail au gouvernement en place et rendre leur combat pour la conquête du pouvoir, plus difficile. Pour cette raison et bien d’autres, les leaders de l’opposition dite radicale ne manquent aucune occasion pour s’attaquer ouvertement à ces diplomates, qu’ils déclarent comme « persona non gratta » sur le sol guinéen.
Pourtant,Van Damme avait déjà déclaré que l’UE permettra aux autorités guinéennes d’empocher seulement 16% de ces 174,3 millions d’euros, soit environ 34 millions d’euros, devant être financés dans l’eau, la santé et secteur non étatique, seront disponibles immédiatement après la signature de l’accord. “L’obtention du reste du fond est conditionnée par la tenue des élections législatives, transparentes, crédibles et apaisées”.
 Mais l’opposition semble amnésique sur ce point. Cette attitude quelque peu indélicate de l’opposition semble pour le moment contre productive à tous points de vue. Vu que ces diplomates sus-indiqués continuent allègrement leur mission avec le tout le soutien du pouvoir en place et conséquemment de la communauté internationale.  La preuve a été faite récemment avec la signature d’un don de 8 millions d’Euros, dans le cadre de l’amélioration de la desserte en eau et en électricité, entre l’Union Européenne et la gouvernement guinéen.
Une erreur grave qu’il faut donc corriger au plus vite. Il reste entendu que les solutions aux problèmes guinéens, ceux de l’opposition en particulier, ne peuvent nullement être que guinéennes. Au contraire, en passant tout le temps à s’attaquer à ces diplomates, les leaders de l’ADP et du Collectif risquent de se laisser distraire, au point de passer à coté de la plaque, en se trompant d’adversaires et même de combat. Qu’ils se souviennent bien du cas du capitaine Dadis Camara et du diplomate allemand, ou de Lansana Conté avec Madeleine Albright des USA, et ils comprendront que ces attaques sont toujours suicidaires.
Source: GuineeConakry

 

Partager