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La leçon de Robert Sarah au général Sékouba Konaté …

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Depuis la démission surprise annoncée de Bénoit XVI  qui est intervenue le 28 février dernier,  les sommités du  monde chrétien se cherchent pour trouver à l’église catholique un homme qui pourra changé la donne en ces temps où l’église catholique est secouée par des scandales.
Le guinéen de  Ourous dans la préfecture de Koundara, Cardinal Robert Sarah est un combattant des causes justes. Du premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré en passant par général Lansana Conté  à Alpha Condé de nos jours, il n’a pas mâché ses mots pour rappeler les dirigeants à l’ordre. Lisez plutôt l’extrait du reportage de nos confrère du Journal de Dimanche.
 
« …. Son incroyable parcours religieux doit beaucoup à l’histoire de la Guinée. Dans un pays majoritairement musulman, où les catholiques ne représenteraient pas plus de 5 % de la population, Robert Sarah est devenu un symbole de contre-pouvoir.
Comme Jean-Paul II en Pologne, Sarah s’est engagé en Guinée. Pendant son long règne, le père de l’indépendance du pays en 1958, Sékou Touré, a sombré dans la dictature et ruiné son pays. Il a saisi les biens de l’Église, chassé les prêtres étrangers et fait emprisonner Raymond-MarieTchidimbo, l’archevêque de Conakry, pendant près de neuf ans au camp Boiro, où croupissent dans le plus grand secret les opposants au régime. À la fin des années 1970, il ne reste plus que neuf prêtres guinéens pour faire fonctionner les trois diocèses du pays. Nommé évêque en 1979, le plus jeune du monde, Sarah d’un tempérament pourtant réservé interpelle publiquement Sékou Touré dans ses prêches, déplorant que « le pouvoir use les hommes… ».
À la mort de Sékou Touré, il découvrira qu’il était sur la « liste noire » du président qui avait prévu son arrestation, mais n’avait pas eu le temps de la faire exécuter.
Au président Lansana Conté, qui lui avait pourtant organisé un somptueux banquet en 2001 à l’occasion de son départ pour Rome, il servira un remerciement empli de reproches : « Je m’en vais, mais je suis inquiet car mon pays va mal… de plus en plus mal. »
Pour le cas de Sékouba Konaté
  En 2010, il sermonne vertement le général Konaté qui demandait à être récompensé en espèces sonnantes et trébuchantes pour avoir débarrassé le pays d’un dictateur. « Est-ce que l’on peut demander à sa maman, qui vous a enfanté et nourri, de vous récompenser pour le bien que vous lui faites? », lui a-t-il rappelé.
 
 Lorsque « son ami » Alpha Condé, l’actuel président du pays, est arrivé au pouvoir, il lui a remis une « feuille de route ». Les deux hommes sont liés par une solide amitié. Lorsque Condé purgeait une peine de prison dans les geôles guinéennes, Sarah le visitait souvent et il est publiquement intervenu pour qu’il soit libéré. « Il ne fait que de la politique », a-t-il plaidé auprès de Lansana Conté. Quand Alpha Condé vivait en exil en France, il passait fréquemment dans son appartement parisien de la place d’Italie et lui prodiguait ses conseils. « Les armes de Dieu ne sont pas celles des hommes », lui répétait-il.
Derrière les murs de l’archevêché de Conakry, le souvenir du voyage de Jean- Paul II en Guinée n’a jamais été aussi vivant. En 1992, dans ce grand jardin ombragé, havre de paix au coeur de la capitale, le pape après la célébration à la grotte de Notre-Dame de Lourdes, avait enlevé ses ornements pour les déposer sur les épaules de Mgr Robert Sarah. Pour le père Traoré, qui avait assisté à l’événement, c’est un geste rare, le signe d’une transmission, l’annonce peut-être… 
Guineelive
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