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A la cour d’appel de Conakry ce mardi, la deuxième phase dans le procès de l’attaque contre la résidence privée du chef de l’Etat a commencé en présence de plusieurs officiers de l’armée et de la police nationale.
 
Mais pour démarrer les débats, le président de la cour a cru bon d’inviter tout d’abord à la barre, l’adjudant chef Fodé Abas Soumah qui était chef de poste le jour de l’attaque de la résidence dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011. Pour son témoignage, il a prêté serment de dire la vérité et rien que la vérité dans cette affaire. Ce chef de poste dira que c’est aux environs de 3h05 du matin que le commandant Alpha Oumar Diallo, alias AOB est venu en compagnie de trois Pick-up. Ils ont tous garé et AOB lui est descendu de la voiture avec un PMAK en main pour venir vers la garde. Je suis allé aussi vers lui et il a dit ceci «  vous voyez des gens qui sont dans la voiture, ils sont venus pur vous assassiner. Quitter  ici. Mais puisque j’étais un peu loin de mon arme qui était avec la sentinelle, je suis  venu chercher mon arme et tirer deux balles de somation. Automatiquement,  les compagnons  de AOB ont riposté par des tirs aussi. Ceux qui étaient avec moi dans la garde ont tiré aussi. Puis des échanges de tirs se poursuivent. Mais moi, je n’avais qu’une seule cartouche qui était épuisé, quand les balles sont finies, j’ai utilisé le terrain dans un caniveau pour me sauver».
Une fois dans le caniveau, j’ai utilisé mon téléphone portable pour appeler Commandant Naby Camara, connu sous le nom de B52 et lui dire que nous avons été attaqués par des hommes lourdement armées. Ce dernier m’a posé deux questions à savoir si le président était en vie et par quel chemin ils devront venir pour la riposte. En réponse, je lui ait dit « moi, je ne peut pas savoir si le président est en vie ou pas puisque ça tirait partout. C’est à vous de savoir par quel chemin il faut emprunter pour venir en tout cas, les assaillants sont du coté des rails ».
.Poursuivant, il dira que dans la garde présidentielle du président Alpha Condé, tous les éléments ne sont pas armés. A la question de savoir si AOB avait quitté les lieux après avoir donner cette information, l’adjudant chef Fodé Abas Soumah qui était chef de poste le jour de l’attaque affirme que ça tirait partout. Impossible donc pour lui de savoir qui tirait, qui ne tirait pas.
Par ailleurs, il a précisé que sur neuf personnes qui étaient sous son contrôle, seulement quatre étaient armées.
 Aux nombreuses questions de la cour sur le rôle joué par AB, il dira « je ne peux ni confirmer, ni infirmer s’il a tiré ou pas ou s’il a quitté les lieux ».
Le procureur de la république, William Fernandez lui, dira que son problème, c’est que la garde a été passive puisque selon lui, les règlements militaires sont claires. Des inconnus doivent observer  une distance de sécurité avec la sentinelle. Mieux, à cette heure tardive, il n’était pas normal pour AOB de venir sur les lieux les armes en main.
 Le témoin soutiendra que c’est au petit matin du 19 juillet qu’il est finalement sorti de sa cachette et ne sachant vraiment pas à quelle heure les hauts gradés et chefs hiérarchiques sont arrivés sur les lieux
 
Parmi les témoins figure aussi le Commandant Mory Kourouma,  est l’un des proches parmi les proches du président guinéen. Et dans l’affaire du 19 juillet 2011 avec l’attaque contre la résidence privée du chef de l’Etat à Kipé, il a été l’officier qui a organisé la résistance tout d’abord au quartier Kipé aux alentours de la résidence puis dans la ville de Conakry.
 
 
Et il est arrivé à maitriser la situation dans la capitale guinéenne. il portera alors plainte  en compagnie du président Alpha Condé contre X dans ce qui est désormais convenu d’appeler la tentative d’assassinat contre la personne du président Condé.
Et depuis le début des débats à la cour, nombreux sont des accusés qui estiment que leur sort a été scellé par le Commandant Mory Kourouma même s’ils n’ont pas fourni de preuve contre le plus proche collaborateur du président guinéen.
Mais  puisque l’aide de Camp du président Alpha Condé est un témoin acquit au débat  dans cette affaire, c’est un moment opportun pour le procureur de  le faire comparaitre devant la Cour pour qu’il puisse  donner sa part de vérité sur les arrestations et les accusés portés à son encontre.
Et ce matin, Commandant Mory Kourouma  a répondu à l’appel du procureur de la république de Conakry, William Fernandez aux environs de 9 heures pour être présenté à la cour.
Pour rappel, il faut dire que Commandant Mory Kourouma est un vieux de la grande muette. Il était l’un des survivants du coup de Diarra Traoré en juillet 1985. Il a été déshabillé de l’armée. et depuis, il s’est porté volontiers pour être le garde du corps du président Condé  qui était à l’époque le plus grand farouche adversaire du feu général Lansana Conté.
Et à l’élection du président Alpha Condé à la magistrature suprême du pays, le tout puissant Commandant Mory Kourouma a été  réhabilité dans l’armée par le général Sékouba  Konaté , puis promu au grade de commandant avant d’être bombardé aide de camp. Il est secondé par un autre Mory, celui, Capitaine  Mory Camara.
 
Les interrogatoires se poursuivent avec les avocats de la partie civile  et ceux de la défense avec le même témoin, l’adjudant chef Fodé Abas Soumah.
 
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