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En prélude aux festivités de la célébration de ses 20 ans de carrière dans le monde du Show-Biz, le Patron Directeur Général (PDG) des productions Tidiane World Music, Tidiane Soumah a accordé dimanche, 21 avril 2013, une interview exclusive à notre site ‘’Guineelive.com’’. 

Dans cette interview, TWM a demandé aux leaders de l’opposition et ceux de la mouvance présidentielle d’avoir pitié des guinéens, de  privilégier le dialogue. 

 

Voici sans transition, la somme de cet entretien :

Guineelive: Veuillez vous présenter à nos abondants lecteurs.

Tidiane Soumah : « Jeme nommesuis Tidiane Soumah, entrepreneur et consultant culturel, manager d’artistes, diffuseur, tourneur. Et j’ai une formation en Sociologie à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et je suivi des cours de ‘’MANAGEMENT’’ au Canada. Je père de trois enfants. Je suis à la fois guinéen et Canadien. »

Guineelive : quel est aujourd’hui, le vrai visage de la culture guinéenne ?

TWM : « bon ! C’est un visage de parent pauvre, ça, il faut le reconnaître, il ne faut jamais passer à côté. La culture, ça demande des moyens, de l’investissement. Le problème, c’est qu’on n’est pas encore uni, on n’est pas regroupé et on n’est pas sur la même longueur d’ondes. La culture guinéenne dans sa version actuelle, a démarré en 1984. Parce que, n’oubliez pas que la vraie création artistique a démarré en 1984, sous la première République. Mais la vraie création d’entreprise, d’affaires, d’investissements dans la culture, c’est avec la 2ème République. Mais le problème, c’est que les opérateurs culturels qui ont pris la place de l’Etat. Et cela continue jusqu’à aujourd’hui, parce qu’il n’y a pas d’amour de l’investissement, de compréhension de travail bien établi entre l’Etat ainsi que les différents acteurs sur le terrain. Et il faut que cela arrive sinon, ce n’est pas bon pour la culture guinéenne.

Que faut-il faire pour mettre un terme à cet état de fait ?

TWM : « Chacun connait un peu, mais si vous n’allez pas envers les autres, tout le monde restera dans son coin avec ses expériences. Aujourd’hui, nous sommes nombreux à avoir des expériences, je ne suis pas le seul, tout le monde a une expérience. Mais si nous sommes tous ensemble, c’est la Guinée qui gagne. Donc, pour moi, il faut pouvoir d’abord regrouper ces expériences et chercher le financement à trois niveaux à savoir : l’Etat, les Institutions internationales et les privés. Il faut aussi être créatif, car, la gestion de la culture, c’est du management nouveau, il n’y a pas de cadeaux, c’est donnant-donnant. Quand l’Etat vous donne de l’argent, il voudrait quand même qu’au retour, vous ameniez l’image du pays ou les impôts, les taxes, en tout cas, veut quelque chose en échange. Lorsque les entreprises viennent vous aider,  il faut que l’Etat les aide aussi en le leur rétrocédant au niveau des impôts et taxes, c’est ça la vision des choses. Avant, on pouvait investir aveuglement dans la culture, mais aujourd’hui, la donne économique, tout comme celle culturelle a complètement changé. 

Guineelive: depuis quelques années, on vous a découvert dans le milieu culturel. Qu’avez-vous réussi ?

Tidiane Soumah : «  j’ai réussi à donner l’espoir au monde de show-biz. Parce que 27 ans enregistrés, ce n’est pas du tout facile, quand on sait ce qu’il y a sur le chemin. Donc pour moi, j’ai réussi à faire beaucoup de rencontres, voyages, culturelles que ce soit ici ou dans le monde. J’ai réussi à vendre l’image de mon pays, la Guinée à l’étranger, j’ai réussi à amener les étrangers chez moi. Au fait, j’ai réussi à rétablir le pont. Aujourd’hui, quand je regarde et j’ai trouvé qu’il y a au moins 50 créations, je me dis que j’ai donné  l’espoir et les gens ont osé, voilà. »

Parlez-nous de vos projets actuels, s’il y en a.

TWM : « vous savez, il y a une différence entre Tidiane Soumah et TWM. Tidiane Soumah a 27 ans dans ce métier, tandis que, TWM a 20 ans. C’est ce qui fait que cette année, je n’ai pas d’autres projets que la célébration des 20 ans de TWM. Cela démarre les 26 et 27 de ce mois d’Avril.

Quels seront les volets ?

TWM : « Au fait, l’évènement se passera en quatre volets à savoir : il y a une série de 20 ans que je réaliserai avec   le Centre Culturel Franco Guinéen (CCFG). Cela débutera le 26 avril prochain avec un gala réconciliation nationale dénommé ‘’Vivre dans la paix’’, un évènement que j’ai l’habitude de faire avec Alpha Blondy, Képléton. Maintenant, c’est avec Aïcha Koné. Et puis, vous avez un concert hommage dédié à Sékouba Fatako, le 31 mai  au MLS. Il y aura des artistes guinéens et Monique Séka. Le 7 juin, vous aurez, toujours CCFG, l’orchestre Sosornè rythme qui va sortir son nouvel album intitulé ‘’sentèfré’’. Certainement, en complicité avec baobab.

Et puis, de l’autre côté de Boké, vous aurez le 2ème concert de Sorsornè rythme. Juillet août en Amérique du Nord, septembre 2013, on reprendra les activités en Guinée avec André Maritala, le camerounais et certains artistes guinéens. Donc en octobre 2013, c’est le top 20, la plus grande activité pour moi cette année qui est la célébration des 20 ans avec le groupe KASSAV, le plus grand groupe aussi du Zouk au monde. Il va se produire les 11 et 12 octobre 2013 pour célébrer les 20 ans de notre carrière. C’est à partir de novembre 2013 qu’on va marquer une pause. Et en décembre, on a guinée music World qui se produit ici  le 14 décembre au CCFG. Et puis le 20 décembre, on clôture l’année dans une soirée ‘’GALA’’ au MLS. C’est ça brièvement l’essentiel de notre programme à l’intérieur de la Guinée. »

Pourquoi un concert hommage pour Sékouba Fatako ?

TWM : « C’est un ami personnel, il m’aimait bien aussi. Il est mort. Donc pour un signe de reconnaissance pour un ami. Je fais un concert hommage à lui, car j’estime que quand on est ami, on doit le rester jusqu’à chez le bon Dieu. Même s’il est mort, je me battrai à ce que le monde entier ne puisse pas l’oubliera. Parce qu’il était très sage.. »

Vous parlez de la réconciliation des guinéens. Pourquoi réconciliation ?

TWM : «  Vous savez nous on ne peut pas évoluer dans un climat pareil. Nous faisons des évènements pour tout le monde. On ne le fait pas pour une couleur ou pour un parti politique. Donc, nous sommes tenus d’accompagner le processus de réconciliation nationale. C’est l’intérêt du peuple qu’il faut voir et, nous, notre intérêt premier, c’est la paix. On veut vivre tranquille et pouvoir travailler dans la paix. Car, personne ne peut payer nos salaires et loyers, c’est nous même qui les payons. Nous voulons juste qu’on nous laisse travailler… c’est là que je lance un appel fraternel au monde politique, quelque soit le bord, nous, citoyens guinéens avons impérativement besoin de la paix pour bien travailler. Car, personne d’autre ne peut sans la paix, gage certain de tout développement dit harmonieux…»

Guineelive: Quel rôle devez-vous jouer en tant que promoteur culturel ?

TWM : « nous d’abord, on n’est partisan d’aucun parti politique. Nous n’avons aucune couleur, la seule couleur que nous avons, c’est la culture. Donc, nous ne pouvons qu’accompagner les mesures de paix. »

Guineelive: Un dernier mot pour les jeunes promoteurs et les leaders politiques, animateurs de la vie sociopolitique surtout en cette période de tensions.

TWM : « Je m’adresse d’abord aux artistes. D’arrêter de s’insulter ces affronts  ne nous amèneront nulle part. Nous sommes dans une période om les termes de réconciliations sont permis. Mais s’insulter entre eux, je condamne cela, je condamne tout clache qui donne une mauvaise image à notre cité, à notre culture. Lorsque  les jeunes  vont copier cela, nous allons avoir une société sauvage, c’est mon premier conseil. Deuxième conseil, c’est au niveau des entrepreneurs culturels. Qu’ils comprennent que cette activité, c’est de la science. Tout se calcule, mais aujourd’hui, le marché quand même est pollué. Il y a un peu de tout, sauf un minimum  d’expériences qu’on demande, tout le monde peut se valoir sur le terrain, tant mieux, mais, il y a des conséquences néfastes à cela.   Je demande aux jeunes d’aller demander conseil. Moi personne n’est venu demander conseil et que je refuse. Ça ils le savent tous, ils peuvent le témoigner. Quant aux leaders politiques de l’opposition et ceux de la mouvance présidentielle, je dirai que quelque soit le prix à vous entendre, faites-le et allez aux élections. Aller aux élections, c’est au profit du guinéen. Ce guinéen qui est pauvre et a besoin d’argent, de vivre en paix du cœur, de payer son loyer. Cet argent qui conditionné aux élections n’est bénéfique qu’au peuple de  Guinée. Donc, si c’est pour le peuple de Guinée vous vous battez, allez aux élections. Mais aussi, entendez-vous, essayez de faire la paix entre vous. Car, mieux discuter 50 fois autour de la table que dans la rue. »

Sannou Camara 655 13 00 33

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