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Affaire du 19 juillet : entre le transport judiciaire, l’inconstance des avocats de la défense et la comparution de deux officiers supérieurs comme témoin

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Les audiences de la cour d’appel de Conakry se sont poursuivies ce lundi à la cour d’appel de Conakry sur des chapeaux de roue et des discussions houleuses et même oiseuse entre les différentes parties au procès.
 
A l’origine du problème, l’inconstance des avocats de la défense qui avaient adressés à la cour une liste de 36 témoins dont plusieurs officiers supérieurs de l’armée et des hauts cadres de l’administration.
Au finish, la défense s’est ravisée pour dire qu’elle ne souhaite plus que les 36 témoins comparaissent et communiquer à la cour par la même occasion une liste de cinq personnes. Au final, les avocats de la défense ont demandé à la cour de sursoir à l’écoute des témoins estimant que ceux qui ont été entendus suffissent largement pour la manifestation de la vérité. « je pense monsieur le président qu’à ce stade de la procédure, il faut clôturer les débats et passer au stade des plaidoiries et réquisitions », a déclaré l’un des avocats de la défense.
Le parquet et les avocats de la partie civile ont estimé que les avocats de la défense n’étaient pas conséquents envers eux même  « c’est vous qui avez demandé la comparution de 36 témoins. Pourquoi vous renoncer à certains pour tenir à la comparution des autres », interroge l’un d’eux. Un autre a renchérit pour dire que ce sont les signes d’une défense en détresse qui n’a plus d’argument pour convaincre de l’innocence de leurs clients.
Autre point qui a été chaudement débattu, c’est le transport judiciaire au domicile privé du chef de l’Etat qui a été attaqué dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011.
Les avocats de la défense tienne au transport judiciaire sur les lieux comme à la prunelle de leurs yeux tan disque le parquet, représenté par William Fernandez a estimé que c’est une demande inopportune à partir du moment que le domicile qui avait été attaqué a été rénové.
Les avocats de la partie civile ont abondé dans le même sens estimant que les images projetées suffissent largement  pour voir les choses comme elles se sont passées, notamment l’état des lieux de la maison.
Et puisque le dernier mot revient à la cour, le président de cette cour Fodé Bangoura a finalement décidé de faire le transport judiciaire sur les lieux à Kipé. A propos, les accusés Alpha Oumar Diallo, alias AOb et Jean Guilavogui seront de la partie.
Les témoins que sont Lieutenant Moussa Donzo,   caporal/chef Fodé Abas Soumah et Commandant Mory Kourouma, l’aide de camp du président Alpha Condé seront  aussi de la partie avec toutes les parties au procès et la presse.
Il a été demandé au procureur général de prendre toute les dispositions sécuritaires appropriées pour que ce transport judiciaire ait lieu. NDLR, il le fallait puisque la zone n’est pas loin de la bretelle hamdallaye-Bambeto-Cosa.
Après la clôture des débats sur ce point, place à la comparution des témoins. Avec tout d’abord, le lieutenant colonel Mamady II Touré, commandant de la compagnie des blindés. Ce témoin affirme qu’au petit matin du 19 juillet 2011, il a reçu un coup de fil du chef de PK40 pour lui dire que le char est tombé en panne. A cause de la batterie. « j’ai donné des instructions pour qu’une équipe de technicien parte pour réparer. Le capitaine Abdoulaye Diallo  faisait partie de l’équipe. Ainsi, ils se sont rendus compte une fois sur les lieux que ce n’était pas une affaire de batterie mais de démarreur. Ils se sont retournés et le lendemain 20 juillet, une autre équipe avait été constituée pour aller réparer. Ce qui fut fait.
Le 21 juillet toujours en 2011, capitaine Abdoulaye Diallo était de garde. « Mais, il avait pris la permission pour des raisons de santé. Et le 22 juillet de la même année, la hiérarchie militaire m’avait appelé pour  me demandé s’il y avait un certain capitaine Abdoulaye Diallo dans mon service. J’ai répondu par l’affirmative et il m’a été demandé de lui mettre à leur disposition pour des besoins d’enquête », a conclu le témoin.
L’autre témoin n’est autre que le lieutenant colonel, Pascal Faya Mara, commandant de l’artillerie. C’était  pour connaitre les circonstances de l’arrestation du colonel Mohamed Sow. Ce dernier a notamment déclaré «  j’ai reçu l’ordre du chef d’Etat major général de l’armée de terre, général Boundouka Condé de lui mettre à la disposition de la hiérarchie pour des besoins de l’enquête. Ce que j’ai fait ».
Dans les questions-réponse, lieutenant colonel Mamady II Touré a déclaré que le capitaine Abdoulaye Diallo a toujours correctement fait son travail tout en précisant en réponse à la question d’un avocat qu’il ne peut pas aller l’abas si le char n’était en panne. « il ira seulement si le char était en panne ».
Les avocats de la défense ont en outre soupçonné ceux de la partie civile de chercher à coller « l’abstention délictueuse » au témoin lieutenant colonel Mamady II Touré. Ce que ces derniers ont vigoureusement dénoncé accusant la défense de son coté de voir le mal partout.
Le jour et l’heure du transport judiciaire à Kipé sera connus après une concertation entre la cour, le parquet et les avocats des deux parties.
Et tout naturellement, Guineelive suit pour vous.
 
 
 
 
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