Partager
Quoi qu’il semble, quand il s’agit de choisir entre liberté et anarchie, la responsabilité appelle spontanément à la première. Je suis donc particulièrement étonné de la virulence militante de l’association des patrons de l’audio visuel guinéen face à la décision du Cnc contre la radio Planète et son Directeur général. En dénonçant les abus du Cnc, l’Urtelgui en commet à son tour, un au moins : c’est de condamner l’arrêt sans évoquer le crime.
Nous réclamons à cors et à cris la fin de l’impunité et nous nous émouvons des actes qui y mènent. Le fait d’avoir un journal, une station de radio ou de télévision ferait-il de nous des citoyens au-dessus de la loi ? Aucun journaliste ne se réjouit de sanctions prises contre un confrère, mais aussi aucun n’admet d’être associé à un syndicalisme au service de l’anarchie, car le journalisme n’a de sens que dans promotion de la paix.
A mon humble avis, l’association des patrons de presse s’agite plus pour la défense de l’entreprise (ce qui se comprend), que pour celle de la liberté de presse et même de la liberté tout court. Il est évident, qu’une démarche de bons offices auprès du Cnc pouvait être initiée avec un meilleur effet que celle de l’intimidation tapageuse au moment même qu’il s’exige de la presse d’apaiser les débats politiques. Car c’en est un d’extrême, ce qui n’est perdu de vue pour personne. Le Cnc aurait eu la main lourde, semble-t-il ? Quel délit réprime-t-il donc? Est-il si bénin ?
L’Association des Journalistes de Guinée(AJG) pourra-t-elle intercéder auprès du Cnc avec moins d’ardeur ? Voilà un autre recours qui reste encore non exploré. La paix sociale et politique en Guinée exige tant du journaliste, qu’il n’est pas souhaitable que nous fassions à notre tour, partie du problème.
 
                                                                                                                                                                                                                                                                                                           
                                                                                                                                                                                                                                                                                       Siaka Kouyaté
 
Partager