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Processus électoral en Guinée: l’union européenne menace de se retirer

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que la commission électorale nationale indépendante se trouve confrontée à des difficultés qui se passent de tout commentaire.

Tout d’abord, elle a adressée une correspondance à la cour suprême pour dit-on confirmer la date du 28 juillet pour la tenue des élections. Mais selon nos informations, la CENI n’a pas donné une suite favorable à la demande en attendant que tous les acteurs soient d’accord sur une date.

 

 Au même moment, on apprend que trois experts de l’Union européenne ont  menacé de suspendre leur participation aux préparatifs si la date du 28 juillet est maintenue.

 

Guineelive vous propose la lettre qui est mal  tombée pour l’institution de Bakary Fofana en proie à des difficultés. Lisez plutôt

 

Monsieur le Président de la CENI

Je suis au regret de devoir vous informer, que dans le cadre de la consultation technique relative au chronogramme de la révision complémentaire, l’assistance technique de l’Union Européenne a été systématiquement écartée des consultations internes, dès qu’il devenait clair que cette dernière ne souscrivait pas aveuglement à une option qui était imposée.

En effet, l’assistance technique de UE est sincèrement convaincue que les options finales recommandées ne prennent pas en compte les leçons tirées des exercices passés comme les contraintes liées à un certain délais incompressibles, l’agencement de certaines étapes du processus et l’incorporation de marges de sécurité que l’on retrouve dans un chronogramme réaliste.

A l’issue de la facilitation du dialogue politique, la CENI a été chargée de proposer un nouveau chronogramme consensuel, tout en tenant compte de l’urgence et du contexte exceptionnel que le processus électoral traversait.

Il est ainsi du devoir des assistants techniques qui accompagnent la CENI de signaler des risques qui découlent d’une mauvaise appréciation technique des opérations et de l’insuffisante concertation avec l’ensemble des acteurs au sein de la structure et les experts électoraux.

Il serait regrettable que la CENI, qui a fait l’objet de fortes critiques lors du dialogue, ne puisse profiter de cette opportunité pour améliorer sa crédibilité en proposant un chronogramme réaliste, professionnel et accepté par tous les acteurs du processus.

Au cours des deux dernières années d’accompagnement de la CENI, il a été démontré à maintes reprises, que l’apport des experts a été positif et constructif en appuyant des départements et en proposant des mesures de sécurisation autour de l’opérateur technique, que l’assistance technique européenne a contribué grandement a l’ouverture du dialogue entrepris par la facilitation des Nations Unies, offrant la même occasion, la possibilité aux acteurs du processus, d’avoir des élections crédibles, transparentes et inclusives qui vont permettre de sortir de la transition et de doter la Guinée d’une Assemblée Nationale.
Dans le contexte actuel, il me parait important de vous signaler qu’en l’absence de transparence de l’information et d’amélioration de la collaboration entre l’assistance technique et la CENI, nous ne serons plus en mesure de poursuivre cet appui, ce qui impliquerait nécessairement la suspension de nos prestations et la remise en cause du soutien de l’Union Européenne au processus électoral en Guinée.

En vue de rétablir une relation de confiance et des conditions de travail satisfaisantes, il serait vivement souhaitable d’organiser une rencontre entre le CENI, les experts, et les bailleurs de fonds afin de revoir les modalités d’intervention de l’assistance technique internationale auprès de la CENI.

Dans cette attente, et en vous remerciant pour votre collaboration, veuillez, Monsieur le Président de la CENI, croire en l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Le14 Juin 2013

Stephanie Vergniault
Axel Gysel
Codjo Kangala 

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