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Santé : SOS pour les hôpitaux guinéens qui se meurent !

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En cette saison de grande pluie, nous avons fait un tour dans les hôpitaux et structures sanitaires de la capitale guinéenne pour toucher du doigt à la réalité suite aux complaintes des patients. Le constat est alarmant.

 

 Le moins que l’on puisse dire, c’est que les structures sanitaires du pays ne sont pas au mieux de leur forme. Outre l’insalubrité et les odeurs nauséabondes qui vous disent bonjour  ou bonsoir c’est selon en pointant le nez devant les hôpitaux guinéens, les bâtiments qui abritent les structures sanitaires du pays sont d’un autre âge et complètement délabrés.

Pour commencer par le premier, l’hôpital Balley, nom du gouverneur français de l’AOF devenu hôpital national Ignace Deen, il est construit il y a plus de 100 ans. Et même si le Dr Mohamed Awada son directeur général  a fait des progrès remarquables ces deux dernières années dans la réfection et l’entretien des lieux, les bâtiments ne tiennent plus. Il faut absolument  reconstruire.

 

A l’hôpital Donka, l’autre CHU de la capitale, c’est la désolation. Les travaux de rénovation confiés à l’entreprise GUI CO PRES au temps de l’ancien Premier Ministre, Jean Marie Doré sous la transition du général Sékouba Konaté  piétinent toujours. Pour ne pas dire qu’ils sont relégués aux calendes grecques.

De la cour en passant par les escaliers jusque dans les salles d’hospitalisations, il y a de l’eau t à terre, des égouts et des saletés  qui dégagent  des odeurs nauséabondes partout à Donka. 

Le visiteur est frappé par l’état chaotique de ce CHU et se demande réellement s’il y a vraiment un Etat en Guinée.

 

Au centre médical communal de Matam, l’une des plus grandes communes de Conakry, le bâtiment principal construit en 1963 se trouve aussi dans un état de délabrement avancé. Dès que la pluie commence, le bâtiment coule partout. Pourtant, c’est ce bâtiment qui abrite la direction générale, la pharmacie, le laboratoire et la médecine générale.

L’entrepreneur chargé d’exécuter les travaux a pris la poudre d’escampette il y a de cela des mois. Et  personne ne s’émeut de la base au sommet pour parler de cette situation alors que c’est l’argent du contribuable guinéen qui a été détourné.

Au centre médical communal de Coleah, le problème d’approvisionnement de l’hôpital en médicament comme partout ailleurs en Guinée se pose avec acuité. La directrice du CMC, centre médical communal de Coleah, Dr Kadiatou Traoré se plaint aussi de la faible notification au sein de la structure. Des patients ou malades viennent certes en grand nombre, mais ceux qui sont répertoriés dans le régistre ne sont pas nombreux. C’est le même constat au niveau du laboratoire.  » les examens se font mais pas de traces des malades encore moins de résultat. Chaque médecin a son malade qui n’est jamais déclaré à la direction du centre », se désole. Dr Kadiatou Traoré

 

Au centre médical de Taouyah en haute banlieue de Conakry, le problème est beaucoup plus sérieux et pour cause. Les murs du bâtiment principal sont fissurés partout. Mais malgré cet état, les malades ou patients sont couchés là-bas.

 Difficile de dire quand les murs fissurés vont s’écroulés, la seule certitude, c’est que les malades courent un grand risque au centre médical de Taouyah.

 

Au centre médical de Matoto, non loin du marché central de la commune du même nom, il faut dire que c’est un autre problème. Les locaux sont exigüe alors que Matoto reste la plus grande commune de Conakry.

Dans ce centre médical, les commerçants et étalagistes qui sont assis à la devanture de l’hôpital partagent les mêmes toilettes.

En passant sur la route, il est difficile de reconnaître l‘hôpital qui est envahi à la fois par les marchands et leurs marchandises. Un habitué du coin affirme que les marchands qui se trouvent à la devanture de l’hôpital rendent des comptes financiers aux responsables du centre médical de Matoto. C’est ce qui fait que les autorités de ce centre ferment les yeux sur cet état de fait. Contacter pour avoir sa version des faits, la directrice de l’hôpital n’a pas souhaité s’exprimer sur la question. Elle nous a renvoyé à la directrice communale de la santé de Matoto  qui est la première personnalité en matière de santé pour lui donner des instructions afin qu’elle parle de son centre et apprécier la question. C’est sans commentaire. 

 

Un autre problème, c’est que, le matériel de travail  utilisé dans les opérations chirurgicales et autres complications pour les pathologies graves dans les structures sanitaires de la capitale guinéenne sont d’un autre âge. Jusqu’à présent, on retrouve les instruments de travail qui datent des années 1960 dans les deux grands CHU de la capitale. Ignace Deen et Donka, confie un médecin agacé par l’Etat rudimentaire qui est la Guinée.

Un autre chirurgien affirme pour sa part, qu’il n y a pas de bon médecin mais il n y a que du matériel qui fait la différence avant de vanter sa profession « si nous sommes équipés avec les instruments de travail de dernière génération,  les médecins guinéens que nous sommes sont capables de réaliser du miracle en matière de traitement des complications les plus dangereuses au monde.  Les guinéens qui ont voyagé peuvent en témoigner. Les médecins guinéens sont un peu partout en Afrique. Au Sénégal, au Togo, au Gabon, en Guinée Equatoriale, au Mali, en Cote d’ivoire, au Niger et ailleurs dans le monde ».

 

Un autre problème et non le moindre, à l’image des foyers, les hôpitaux guinéens baignent aussi dans le noir et sont plongés dans l’obscurité la plus totale et ce jour et nuit. Il faut attendre son tour pour avoir le précieux sésame qui est le courant électrique alors que les  malades et les examens qu’ils viennent faire n’attendent pas.

  Les malades en désespoir de cause sont obligés d’allumer les bougies pour éclairer leur sale d’hospitalisation à la lumière de la bougie. Ce, avec tout le risque que cela comporte.Pauvre de nous.

 

Ce n’est pas tout car l’approvisionnement des structures sanitaires du pays en médicament est un autre casse-tête pour les patients. A part le paracétamol, les aiguilles et de l’eau qu’on administre aux malades et autres produits destinés au traitement du paludisme ou pour faire du pansement, vous ne trouverez rien dans les pharmacies des structures sanitaires que nous avons visité. 

Dans tout ça, ne parlons vraiment pas des 33 préfectures que compte le pays si les structures sanitaires de la capitale présentent  un état aussi alarmant comme décrit plus haut. Dans le pays profond, ça doit être le chaos.

 

Pourtant, il y a deux Ministres  qui sont chargés de la santé en Guinée. Tout d’abord, Dr Edouard  Nyankoye Lamah qui est un  médecin émérite à l’hôpital Donka depuis des décennies et Dr Naman Kéita.

Mais sur le terrain, tout se passe comme si ce secteur n’a pas de chef alors que les guinéens tenaillés par la faim et la cherté de la vie tombent malades les uns après les autres.  Mais les autorités de la base au sommet ne bougent pas.

 

A propos, l’on est vraiment en droit de se demander si le président Alpha Condé, le Premier Ministre Mohamed Saïd Fofana,  les membres du gouvernement et leurs  familles  fréquentent vraiment les structures sanitaires du pays. Ne serait-ce que pour voir l’état des lieux et les conditions dans les quelles les médecins et autres infirmiers travaillent.

 

A défaut, il faut  éviter le pire !

 

 

Almamy Kalla CONTE

664 261 370

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