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Cher frère, le 6 août 2013 vous avez publié un article sur le site de « aminata.com » dans lequel vous niez l’esclavage au Fouta Djallon.  J’ai l’impression que vous chercher à régler des comptes avec M. Kaba Mansour,  et si c’est le cas continuez votre besogne sans chercher à nier l’évidence mon frère.

 

 Je suis d’accord que le système esclavagiste connu de tout le monde a été aboli en guinée, en 1957 par la loi-cadre Gaston Deferre, mais cela ne veut pas dire pour autant que ce système inhumain à complètement disparu au Fouta Djallon.   
 
Peut être mon frère Sidoux vous avez coupé le cordon ombilical avec notre cher pays depuis la soi-disant entrée en vigueur de « la loi-cadre Gaston Deferre » ; dans ce cas vos intensions négationnistes inavouées et vos discours ethnocentristes peuvent être tolérés. Si non, vous ne méritez  aucune indulgence à cause de votre position fasciste et raciste.
 
M. Sidoux, je sais que vous et certaines de vos compagnons extrémistes tiennent depuis plusieurs années un discours apocalyptique sur la guinée et les pouvoirs successifs dont le seul but est d’étalé sur tous les toits du monde la victimisation des peuls en guinée. Personnellement, je ne vous condamne pas pour cela, c’est tout simplement pour vous dire que la dignité humaine est universelle, ce qui est valable pour les peuls de Fouta Djallon et est également valable pour les Maninkas, Djallonkés et autres de Fouta Djallon.
 
    M. Sidoux, si vous ne savez pas,  je vous informe que l’esclavage existe bien au 21ème siècle au Fouta Djallon. Cette information ne vient pas d’un touriste qui a visité le Fouta Djallon, mais d’un fils de Mamou.  Bref, je persiste et je signe à qui veut l’entendre où pas « que l’esclavage existe bien au 21ème siècle au Fouta Djallon ».
 
A l’attention de ceux qui ne savent, les propos ci-dessous de M. Kaba sont effectivement une réalité au Fouta Djallon.
 
– Première vérité : « Savez-vous qu’aujourd’hui encore, en ce XXIe siècle, et en République de Guinée, des érudits en sciences coraniques ne peuvent pas diriger la prière des croyants, du fait de leur état d’esclaves … ? ».
 
A titre d’exemple concret, plusieurs villages Maninkas, Diallonkès et autres qualifiés par quelques intégristes de Fouta de « Rundè »   peinent à construire des mosquées même s’ils ont les moyens financiers et intellectuels nécessaires.  Généralement ces communautés sont confrontées par une ligue islamique préfectorale incompétente dominée par quelques vieux intégristes  peuls qui cherche à contrer tout projet de construction de moquée dans les villages qualifiés de « Rundè ». 
 
Un autre exemple plus hallucinant, en juillet 1994 j’ai assisté à l’enterrement d’une personne décédée dans un village Manikas de la Sous-préfecrure de Gongoret, Préfecture de Mamou, où l’enterrement à faillit tourner à l’affrontement populaire.  La cause de l’échauffement des esprits des jeunes n’était rien d’autre que la durée de l’attente interminable de la personne chargée de diriger la prière funèbre qui doit venir d’un  « Foulah-so ». Ce qui était paradoxal dans cette histoire, c’est qu’il avait des hommes plus qualifiées dans la foule que la personne attendue. Mais malgré les qualifications incontestables, les vieux peuls se trouvant sur le lieu ont menacés de se retirer si la famille du défunt n’empêche pas le décédant d’esclave de diriger la prière funèbre.
 
– Seconde vérité : « Savez-vous qu’aujourd’hui encore, en ce XXIe siècle, et en République de Guinée, des compatriotes sont spoliés du fruit de leur labeur en zone rurale, au Fouta Djallon, parce que condamnés à travailler toute leur vie pour les « nobles » qui leur promettent le Paradis grâce à leurs bénédictions ? »
 
Mr. Sidoux, la vérité est toujours amère pour une personne mal intentionnée, mais sachez que M. Kaba n’a pas inventé cette histoire, mais c’est une réalité au Fouta Djallon.
 
Pour information, plusieurs conflits domaniaux au Fouta sont dus aux intensions des intégristes se qualifiant de «nobles » de spolier des terrains agricoles après le décès des parents qualifiés d’esclaves.  Même si on je pose la question ils sont nobles par rapport à qui ? Peut être par rapport à leur hallucination fantastique.  Dans la mentalité de ces démons du 21ème siècle, les descendants d’esclave doivent toujours continuer à hériter leur mère et non leur père.
C’est le cas par exemple du contentieux opposant Mr Pathè Diallo et M. Saïdou Camara de Kourou qui a duré plusieurs années dans les couloirs des juridictions guinéennes avant d’atterrie à la cours suprême.
 
M. Sidoux, vous dites : « Même un voyageur peu attentif peut aisément observer qu’il n’existe pas de dualisme entre Rundè et Foulah-so, mais interpénétration et liaison organique entre les deux communautés. Il y a consubstantialité entre elles, qui cohabitent dans la paix et l’harmonie sociales depuis des lustres. Elles partagent les mêmes coutumes et les mêmes habitudes d’esprit. Les relations matrimoniales entre elles sont devenues monnaie courante ».
 
Je pense que, c’est dans votre imagination qu’il y a cette interpénétration et liaison organique entre les deux communautés que vous décrivez ci-dessus. Si non, cet idéal est loin d’être une réalité sur le terrain. La réalité sur le terrain est que les villages sont complètement séparés en «Foulah-so »  et en « Maninkas –so et autres » que vous vous qualifiez de «Rundè» par fascisme. Donc, aucune interpénétration, et aucune liaison organique contrairement à ce que vous chercher à faire croire au peuple de guinée.
 
Je vous exhorte alors à réfléchir dans vos manipulations pseudo-politiciennes inavouées qui n’intéressent pas forcement tout le peuple de Fouta Djallon.
 
Vous dites également : « les relations matrimoniales entre les communautés sont devenues monnaie courante » !  Mais dans quel sens M. Sidoux ?  Si vous ignorez délibérément la réponse est toute prête.
Mon cher frère, la réalité est que c’est dans un seul sens,  c’est toujours de votre « Rundè » vers le « Foulah-so »  pas l’inverse. Ce qui est plus méprisant au Fouta, c’est de faite qu’en cas de décès des époux de ces femmes venant des « Rundès » les fascistes continuent à empêcher ces malheureuses femmes à se remarier avec des hommes des « Rundés ». 
 
Pour terminer sachez que, ce n’est pas par la négation de la souffrance des autres communautés de Fouta que vous allez vous faire une place au soleil !  Donc appelons le chat par le CHAT. 
 
Dr. Mamadou Baïlo CAMARA
Enseignant Chercheur à l’Université Le Havre, France
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