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Entretien avec la cheffe de mission de Médecins Sans Frontières-Belgique dans la lutte contre le VIH/Sida en Guinée « 7000 patients sont sous notre responsabilité dont 4 000 à Matam », dixit Benazech Corinne

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Avec Madame Benazech Corinne, nous avons passé en revue la problématique du VIH/sida en Guinée, le programme que mène la mission de Médecins Sans Frontières-Belgique, les statistiques et le départ prochain  de l’ONG humanitaire au terme de sa mission. Lisez plutôt.

Guineelive : vous êtes cheffe de mission de Médecins Sans Frontières en Guinée et vous intervenez dans le cadre de la lutte contre le VIH/sida. Peut-on savoir votre programme de lutte contre la pandémie ?

Benazech Corinne: effectivement, le VIH/sida est une problématique très importante qu’il ne faut pas négliger. C’est pourquoi,  Médecins Sans Frontières a commencé ses activités en Guinée dans le cadre de la lutte contre cette maladie vers les années 2000. Cla a été vraiment une urgence humanitaire. Vous savez que MSF est une organisation  d’assistance humanitaire, il  était important pour nous d’agir comme nous avons agit dans d’autres pays en pareille circonstance.
Nous avons commencer ici avec un centre de traitement ambulatoire sur Conakry à Matam  mais également  en Guinée forestière sur Guéckedou.
Aujourd’hui, le projet sur Guéckedou est fermé depuis mars 2013. Celui sur Conakry est toujours fonctionnel. Nous avons un centre ambulatoire qui est situé au sein du CMC de Matam où nous avons près de 4 000 patients qui suivent un traitement antirétroviral. Nous avons également élargie notre appui à des centres de santé dans les différentes communes de la capitale pour faciliter la prise en charge médical de proximité car les distances sont grandes sur Conakry et le VIH/sida ne nécessite pas forcement une prise en charge spécialisée mais plutôt une prise en charge  intégrée dans les  soins de santé primaire. Aujourd’hui,  le traitement existe et il est possible d’avoir une prise en charge au niveau des centres de santé.
Nous avons concrètement fait un appui sur cinq centres de santé où nous avons également décentralisé des patients qui étaient suivis au CTA de Matam car nous considérions qu’ils étaient stables et  également continuer la mise sous traitement des patients.
Aujourd’hui, l’accord total des patients total qui sont sous la responsabilité de MSF, c’est 7000 patients. Notre programme rencontre beaucoup de difficultés notamment la continuité des inclusions. Malheureusement en 2014, nous avons décidé d’arrêter de prendre  les nouvelles inclusions pour les patients qui sont dépistés positifs et qui nécessite un traitement antirétroviral   car nous avons aussi des difficultés d’assurer ce traitement pour les nouvelles personnes.
Par contre, nous avons réussi à garder de nouvelles inclusions pour les femmes  enceintes qui sont séropositives car vous savez que la transmission de la mère à l’enfant est possible mais évitable avec un très bon suivi au départ  et la mise sous traitement. Avec ce suivi et ce traitement, le risque que l’enfant sois  séropositif est très diminué, nous avons privilégié cela  dans le programme à partir de 2014.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrer sur le terrain ?

D’une manière générale je vous dirai essentiellement , ce sont les patients qui sont en difficulté, c’est la stigmatisation, la difficulté d’aller dans les centres de traitements de  peur d’être stigmatisé par la population, par la famille, de faire un dépistage et après c’est le chemin compliqué. Une fois après le dépistage,  il est parfois difficile dans les structures aussi d’avoir accès aux traitements, parfois c’est difficile même s’il y a des efforts de fait  au niveau des autorités, ça,  nous ne pouvons pas le négliger  mais encore que aujourd’hui, nous constatons que ce n’est pas tout le monde qui a accès au traitement et les efforts sont en continu en ce sens.

Malheureusement, MSF-Belgique s’apprête à plier bagage ?
 
Nous avons effectivement commencé à nous retirer puisque nous voyons que des efforts fournis  sont positifs, nous accompagnons le ministère de la santé et de l’hygiène publique aujourd’hui, il est vrai que nous envisageons un retrait progressif qui est sur quatre ans donc ce n’est pas du jour au lendemain. Nous verrons la suite mais ce n’est pas de gaité de cœur mais  nous pensons que l’évolution du pays est positive avec des efforts déjà fournis nous pensons que dans quatre ans nous aurons les raisons de dire que nous allons partir.

Le dernier mot ?

 

Je dirai que le VIH/sida est une maladie qui peut être stabilisée  par  des traitements antirétroviraux avec un bon suivi. Il faut se battre pour avoir accès à ce traitement. Donc,  je mobilise toutes les associations de lutte contre le sida et surtout de n’avoir pas peur d’aller se dépister, car se faire aussi dépister c’est aussi protéger son conjoint si jamais on est séropositif.

 

Propos recueilli par Almamy Kalla CONTE
 

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