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Des dirigeants ouest-africains se mobilisent enfin pour une cause qui n’est pas que politique. Après avoir planché dessus en octobre dernier à Ouagadougou, quelques chefs d’Etat de l’Afrique de l’ouest sont décidés à concrétiser le vieux rêve de la boucle ferroviaire.

Cette semaine déjà, Mahamadou Issouffou du Niger et Boni Yayi du Bénin sont passés à la phase pragmatique. Alassane Ouattara et Blaise Compaoré attendent le mois d’août pour le lancement des travaux devant relier
 les capitales de leurs pays respectifs. A terme, ce sont cinq pays de la sous-région qui seront reliés par un chemin de fer, long de plus 3000 km.
 Une démarche hautement intégrative à laquelle ne participe pas la Guinée. Un paradoxe, eu égard aux promesses panafricanistes que le président Alpha Condé a  toujours faites en la matière.
Si tout se déroule comme prévu, dans deux ans, le Niger sera relativement sorti de son enclavement. En effet, selon le groupe Bolloré, la construction des 574 km de voies ferrées devant relier Niamey à la ville de Parakou (Bénin) ne nécessitera que 24 mois. Progressivement, le pays sahélien qu’est le Niger sera connecté aux ports de Cotonou et de Lomé. Il en sera bientôt de même pour Ouagadougou. Le vaste projet de la boucle ferroviaire prévoit en effet que la capitale burkinabé soit reliée à Abidjan.

De ce côté-ci, les travaux seront lancés en août prochain. Il ne restera plus alors qu’à relier Ouagadougou à Niamey via Dori. Quand le projet sera complètement finalisé, quelques cinq pays de l’Afrique francophone seront davantage unis par le biais des voies ferrées dont la longueur totale est estimée à plus de 3000 km. Pour un coût total de 1000 milliards de FCFA, on aura 1800 km de rails construits pour un peu plus de 1200 à rénover. Une aubaine pour l’intégration sous-régionale qui s’en trouvera renforcée par la circulation des biens et des personnes et par les brassages socio-culturels qui en résulteront.

Un paradoxe cependant! Le fait que la Guinée ne fasse pas partie de ce projet. Certes, il se dit que l’idée est vieille de 80 ans. Mais personne mieux que le président Alpha Condé n’a dernièrement manifesté sa volonté de voir un certain nombre de pays de la sous-région reliés par les chemins de fer. Ce rêve, il l’a tout d’abord exprimé à l’occasion des travaux de relance du chemin de fer Conakry-Kankan.

Le 22 février 2011, devant l’ancien chef de l’Etat brésilien, Lula Da Silva et le président de Vale, le président guinéen exprimait déjà son souhait de voir les rails aller, au-delà de Kankan, jusqu’à Bamako et Ouagadougou. Sauf que quelques mois seulement après, la remise en l’état des 662 km est abandonnée. Depuis, les prétentions des autorités se sont réduites au point qu’on n’a plus parlé que de 41 km n’excédant pas la périphérie de Conakry. Et la dernière fois, à l’occasion de la visite du président malien, l’idée des rails Conakry-Bamako a certes été évoquée de nouveau. Mais c’était un peu de l’ordre des vœux pieux. Juste pour étoffer le communiqué ayant sanctionné ladite visite.

Au stade actuel, même le fameux trans-guinéen que l’on espérait tant avec l’exploitation des mines de la région forestière, est quelque peu dans l’incertitude. Car avec les âpres négociations entre la Guinée et Rio Tinto qui ne cessent de tirer en longueur, les Guinéens sont de plus en plus sceptiques. Surtout que d’autres partenaires auraient dernièrement reçu l’autorisation de drainer les mines via le port de Buchanan, au Libéria. Comme pour dire qu’il ne suffit pas de vouloir de quelque chose. Encore qu’il faille se donner les moyens de l’obtenir. Et c’est toute la différence !  

Source: GuineeConakry

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