Home Actualité Cherté de la vie : l’univers des femmes…

Cherté de la vie : l’univers des femmes…

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Pratiquement depuis les années 2000, les femmes guinéennes qui constituent plus de la moitié de la population en Guinée occupent le devant de la scène à cause de la pauvreté ambiante et surtout de la cherté de la vie. Notre reporter s’est intéressé aux quotidiens des femmes dans les marchés de Conakry et environs. Lisez plutôt.

Même si des statistiques ne sont pas disponibles, la seule certitude, c’est que  ce sont des femmes  qui triment presque jour et nuit  pour assurer la dépense quotidienne dans des foyers en lieu et place des hommes.
Au km36, il y a à ce niveau des femmes qui passent  des nuits blanches au niveau du barrage pour réceptionner les camions et autres voitures qui approvisionnent Conakry en denrées alimentaires, produits de toute sorte  et marchandises en provenance du pays profond. Ces femmes et leurs marchandises viennent de Tanènè dans Dubréka, Koba, Kindia, Forécariah, Boké pour la basse Guinée, du Fouta Djallon  ou encore de la Guinée forestière. Ce sont aussi des femmes qui acheminent ces  voitures et leurs contenus en compagnie des chauffeurs. Parfois, affirment l’une d’entre elle, « nous passons plusieurs jours voir même une semaine en route avant d’arriver à Conakry ». Une fois les marchandises en main, ces femmes quittent le km36 pour les autres marchés de Conakry.
Parfois, certaines femmes écoulent leurs produits  sur place tan disque  certaines continuent jusqu’au niveau du marché Enta pour les unes et  de Matoto pour d’autres.

D’autres femmes qui sont sur place à Conakry sont obligées de se lever très tôt le matin pour aller réceptionner les colis en provenance du pays profond. « Parfois, je me lève à 4 heure du matin pour être au marché de Matoto », confie Aissata Touré, vendeuse au même marché.
Nous nous levons parfois à 5 heure du matin puisque je suis à Kaloum pour venir  chercher mes marchandises à Matoto », renchérit Foulématou Bangoura qui ajoute «  c’est quand je prends les produits que je reviens à Kaloum pour revendre. C’est dans la soirée que je rentre à la maison après la vente pour préparer pour mes enfants ». Cette  dernière phrase est partagée par presque toutes les femmes interrogées qui sortent le matin pour chercher la pitance quotidienne et reviennent tard dans la soirée pour mettre du feu. Toujours est-il que, il y a des cas d’exception « moi, ma fille est grande et c’est elle qui prépare du riz pour la famille », se console Marim Diallo.
Par contre, une autre affirme qu’elle travaille en deux temps « je sors le matin pour chercher des marchandises et revendre le matin. Je rentre à la maison à midi pour préparer pour mes enfants et repartir encore au marché aux environs de 15 h », affirme Sény.
Parlant toujours du quotidien, deux autres femmes qui ont requit l’anonymat affirment que leur époux ne travaillent pas « c’est moi qui fait tout à la maison. Je paie le loyer, les frais de scolarité des enfants et j’assure la dépense quotidienne », affirme l’une d’elle. Toutefois, l’autre affirme qu’elle a une petite chance « moi aussi je  tiens la maison pour tout ce qui est lié aux dépenses mais je n’ai quand même pas de problème de loyer. Nous sommes dans la concession familiale du père de mon mari ».
Yakha Komara affirme que son mari n’a comme travail que de jouer au PMU, pari mutuel urbain « tous les jours, il est assis au café avec les papiers de PMU ». A la question de savoir si cela rapporte de l’argent à la maison, Yakha s’emporte « je ne sais vraiment pas. En tout cas s’il gagne de l’argent au PMU, moi je ne sais pas ».
Autre difficulté, c’est que le déplacement  n’est pas facile pour ces femmes d’un point A à un point B. Les femmes interrogées dans l’ensemble qualifient les chauffeurs de méchants.
 Le matin aux heures de pointe, les chauffeurs ne veulent pas écouter les femmes qui ont des bagages, souligne une vendeuse.
« Elles nous retardent beaucoup pour l’embarquement et la descente de leur marchandise et discute trop les prix  de transport», se justifie un taximen.
Dans tout ça, la situation des enfants reste délicate et pour cause. Ces femmes qui sortent de la maison entre 4h et 5 heures du matin  ne savent vraiment pas à quelle heure les enfants se réveillent pour aller à l’école, témoigne un responsable du marché de Matoto, interrogés sur la situation des femmes aux foyers par notre reporter. « Elles ne savent pas aussi si les enfants vont à l’école ou pas, rentre en classe ou pas. Bref, il n y a ni contrôle, ni suivi.Des enfants sont pour  la plus part se réveillent le matin et ne trouve ni leur père, ni leur maman  à la maison et sont obligés d’aller se débrouiller comme ils peuvent à la recherche du quotidien ».
Plus loin, le responsable du marché affirme qu’ils sont  parfois impuissants face aux petits enfants qui transportent des bagages des femmes au marché entre 5 h et 6 h du matin. « Ça me fait mal puisque ces enfants en principe devraient être à l’école », se désole notre interlocuteur.
Comme on le voit, la responsabilité parentale pose problème. Et il appartient à l’Etat de prendre ses responsabilités pour que les enfants soient protégés des exploitations  afin que l’école ne soit plus un passe temps pour les enfants qui constituent l’avenir de demain.

Mohamed Soumah

Grand Reporter de Guineelive
 

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