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Ce samedi 3 mai, l’humanité célèbre la fête internationale de la liberté de la presse. Manière pour les Nations Unies de rendre hommage aux défenseurs des droits de l’homme que sont les femmes et hommes de medias.

La Journée mondiale de la liberté de presse a été instaurée  pour rappel par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1993. Ce, après la tenue du séminaire pour le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste qui s’est déroulé à Windhoek (Namibie) en 1991. Ce qui par la suite a conduit à l’adoption de la Déclaration de Windhoek sur la promotion de médias indépendants et pluralistes.  Et depuis cette déclaration, la Journée mondiale de la liberté de presse est célébrée le 3 mai de chaque année.
En Guinée, il faut dire que la pratique du métier de journaliste est devenue de nos jours un véritable casse-tête pour les professionnels de medias.
Primo, le CNC, conseil national de la communication avec à sa tête, Martine Condé, spécialiste en communication. Elle a travaillé longtemps au sein des institutions internationales en Guinée avant de diriger la communication du candidat Alpha Condé à la présidentielle de 2010. Ce dernier lui confiera la gestion du CNC, conseil national de la communication, organe de régulation des medias  en Guinée.
A vrai dire, cet organe, loin de jeter de l’opprobre sur sa présidente Martine Condé ne joue vraiment pas son rôle, selon de nombreux observateurs de la presse nationale. Dans les medias guinéens, tout passe ou presque. Des injures en passant par des propos déplacés.
Secondo, la pauvreté des professionnels de medias. En Guinée, rare pour ne pas dire aucun journaliste n’a un contrat dûment signé avec son employeur.
Dans les radios et télévisions privées, des journalistes passent des mois sans salaire. « Il y a trois mois que je n’ai pas payé  le salaire de mes journalistes », me confiait récemment un patron de presse qui possède à la fois une radio et  un journal.
Cette situation reste valable dans la presse écrite  et  sites internet où des journaux pourtant qualifiés de grand journaux ou pionniers de la presse écrite en Guinée reste devoir à leurs journalistes. Depuis des mois, les journalistes ne perçoivent pas leur salaire mais ils travaillent nuit et jour dans notre groupe de presse, confie un confrère.
 Pourtant, les patrons  de presse font tout  pour que les radios, journaux et sites internet fonctionnent. Même si aucun effort n’est fourni pour que le journaliste fonctionne à plein régime en ce qui concerne son traitement salarial avec un salaire décent à la fin du mois.
La pratique du journalisme étant devenue une aubaine pour des jeunes fraichement sortis de des institutions d’enseignement supérieur et universités de la place, Les femmes et hommes de medias se contentent du peu aussi. Ce qui compte à leurs yeux, c’est d’être journaliste dans un organe de presse. C’est tout.
Le chômage galopant au pays du président Alpha Condé passe  également par là.
Les patrons de presse se plaignent le plus souvent de manque de publicités et de sponsors de la part des entreprises et sociétés de la place. Il y a aussi l’Etat qui se trouve dans le collimateur des patrons de presse avec la subvention annuelle que le président Alpha Condé ne revalorise pas depuis  trois ans.
A titre d’exemple, l’ancien homme fort de Conakry en 2009, Capitaine Moussa Dadis Camara avait accordé trois milliards de GNF aux médias comme subvention au cours de cette année. En 2013, quatre ans après, le président Alpha Condé accorde le même montant. Soit.
Les quelques rares journalistes qui sont payés, c’est avec un salaire de misère. Ce salaire de misère varie entre 200 mille GNF à 500 mille GNF, soit  un peu plus de 50 euros  pour les plus chanceux. Les moins chanceux sont loin de 50 euros. Et avec la cherté de la vie en Guinée, il n’est pas exagérer de dire que les journalistes guinéens sont loin du compte.
Les associations de presse que sont l’URTELGUI,  union des radios et télévisions libres de Guinée, l’AGUIPEL, association guinéenne pour la presse électronique,  l’AGEPI, association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante pour ne citer que celles-là n’évoluent presque pas. En tout cas, les initiatives sont rares de la part de ses associations de presse pour  créer et rechercher les meilleures conditions de vie et de travail pour les journalistes.
Ce qui nous amène à nous poser cette question : un pauvre est-il libre ?
 Loin de susciter la polémique sur la célèbre phrase du premier président et père de l’indépendance guinéenne, Ahmed Sékou Touré « nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage », puisque ce n’est pas le même contexte, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper qu’il est difficile dans les conditions citées plus haut pour les journalistes de travailler en toute indépendance.
Joyeux anniversaire quand même aux femmes et hommes de médias  par anticipation. Nous souhaitons à l’avenir, paix et surtout le pain.

Almamy Kalla CONTE

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