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Distingués Leaders des Partis alliés et Partis frères de l’Opposition républicaine
Mesdames, Messieurs les Membres du Bureau Exécutif National
Mesdames, Mesdemoiselles les Membres du Bureau National des Femmes
Mesdemoiselles, Messieurs les Membres du Bureau National des Jeunes
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Membres du Conseil National
Chers invités et chers concitoyens.

C’est certes avec un réel plaisir que je m’adresse à vous ce matin, à l’occasion de ce 3ème Conseil national, qui est un grand moment de la vie de notre parti, mais avec le cœur lourd de celui qui accueille ses hôtes dans cette ambiance délétère, morose, proche de la sinistrose, qui nimbe notre pays du fait d’une crise généralisée dont on a du mal à percevoir toute l’ampleur tant elle est larvée!

La Guinée, notre pays, est malade, profondément malade, presqu’à l’agonie parce qu’atteint d’un mal profond qui la ronge depuis près de six décennies. Un mal qui a pour noms incurie et incompétence, qui ont été, pour l’essentiel, le lot de notre malheureux pays que d’aucuns comparent, aujourd’hui encore, à un grabataire dormant sur un lit en or, parce qu’incapable de jouir des immenses ressources dont la nature l’a si généreusement doté ! C’est un scandale sans nom qui n’a que trop duré !

Et lorsqu’une éminente personnalité morale et spirituelle de la dimension du Saint-Père, le Pape François, affirme que c’est l’incurie des gouvernants qui est la cause de l’aggravation des épidémies en ce 21ème siècle nous ne sommes pas loin de penser que cette condamnation s’adresse aussi aux dirigeants guinéens. Et ce d’autant qu’au moment même où des communiqués mensongers annonçaient la maîtrise de l’épidémie, on constatait une propagation du virus Ebola aussi bien à Conakry que dans certaines villes de l’intérieur. Face à ce constat déplorable on ne peut que prendre l’exacte mesure de l’état de décrépitude morale et humaine de ceux qui gouvernent ce pays en dépit du bon sens.

Et ce ne sont pas le battage médiatique et la propagande éhontée faits autour de la signature de la très opaque convention sur Simandou qui réussiront à distraire les Guinéens qui sont parfaitement informés de ce qui risque d’être un véritable marché de dupes.

Mes chers concitoyens,

Comme vous pouvez le constater, vous-mêmes, rien n’a fondamentalement bougé dans notre pays depuis bientôt quatre ans et les promesses délivrées par ceux qui nous gouvernent n’engagent que ceux qui y croient. Mais nous ne sommes pas condamnés à vivre et à croupir dans la misère. Loin de là. Le découragement est l’arme de l’adversaire qui cherche, par tous les moyens, à nous empêcher d’enclencher la rupture, le changement qualitatif à même de sortir notre pays des profondeurs abyssales dans lesquelles il est plongé depuis tant d’années.

En dépit des adversités, et Dieu sait que nous en avons connues, c’est la foi ardente en la justesse de notre combat qui nous a toujours permis, comme une ancre, de tenir bon sans céder au désespoir et de persévérer jusqu’à l’issue victorieuse du combat, qui est imminente, pour un peuple qui a un droit légitime à la liberté, à la dignité et au bonheur.

Le futur de la Guinée nous appartient. Il est temps de savoir quel futur nous voulons pour notre pays, pour nous-mêmes et pour les générations futures. Il est temps que nos concitoyens cessent de confier aveuglement la gestion de la chose publique à des politiciens corrompus et incompétents qui n’ont d’autres intérêts que les leurs propres.

Pour donner un sens à la démocratie dans notre pays, qui en a un besoin quasi vital, les Guinéens doivent cesser d’être passifs, spectateurs et dociles, comme certains voudraient qu’ils soient éternellement. Ils se doivent de réfléchir à ce qu’ils veulent maintenant et agir de façon cohérente, avec courage et ingéniosité
Mesdames et Messieurs, militantes et militants,
Cet indispensable changement que l’écrasante majorité de notre peuple réclame depuis si longtemps est à notre portée. Ce n’est pas pour demain. C’est aujourd’hui. Ici et maintenant ! 2015 c’est aujourd’hui même, à l’instant précis où je m’adresse à vous !

2015 est pour la Guinée une année fatidique qui est chargée de sens à plus d’un titre. Elle nous offre l’occasion inespérée de changer le cours débridé de notre histoire en sortant de près de plusieurs décennies d’une gestion calamiteuse de l’Etat, qui s’est traduite par une paupérisation accrue de nos populations et l’extension de la misère, et nous amène à nous interroger sur le sens de notre engagement politique. Il est en effet grand temps pour nous de nous poser la question de savoir si nous sommes déterminés et mobilisés à aller dans le sens de l’Histoire.

La réponse à cette question cruciale déterminera dans une large mesure le degré de votre engagement militant qui ne saura se traduire autrement que par une participation active et résolue de chaque militant et par la mobilisation accrue et effective de larges couches de la population qui adhèrent au projet de société qui est le nôtre et qui fera d’ailleurs bientôt l’objet d’une vaste diffusion.

Je caresse l’espoir que l’année 2015 donnera un sens à notre démocratie, dans la mesure où elle verra le fonctionnement régulier de nos institutions à travers la capacité de notre pays à organiser pacifiquement une élection présidentielle et une alternance démocratique au sommet de l’Etat.

C’est dire que les enjeux de 2015 vont au-delà de la désignation d’un Président. C’est une étape cruciale qui constituera le moment fort où se décidera le destin de la Guinée pour les décennies à venir. L’avenir politique, l’avenir économique et même la stabilité du pays se joueront à ce moment-là.

Chers frères et sœurs, militantes et militants,

Vous comprendrez donc pourquoi nous devons, dés cet instant, mobiliser toutes nos énergies et nos intelligences pour réussir ce sursaut national tant attendu.

Mais pour mesurer à sa juste valeur l’enjeu de ces consultations d’une importance capitale pour l’avenir de notre pays, il convient de bien comprendre le contexte dans lequel nous vivons, les causes de nos maux et les espérances qui peuvent soutenir nos efforts dans le difficile combat que nous menons pour le changement.

Le rôle de l’Etat doit consister à créer les conditions d’une véritable prospérité économique, à faire en sorte que les droits et libertés soient respectés et à assurer l’épanouissement et la dignité des citoyens. A cet égard, arrêtons-nous un instant sur ce qui se passe dans notre pays. Commençons par la situation des droits de l’homme et plus précisément le droit de manifester. Un droit constitutionnellement reconnu qui est pourtant refusé, avec zèle, au peuple de Guinée. Près de 60 personnes ont été tuées au cours des différentes manifestations organisées par l’opposition, en deux ans, sans qu’aucune suite judiciaire ne soit donnée à ces tueries. Disons le avec force, il est inacceptable que l’Etat s’érige en censeur des doits et devienne une véritable machine à tuer.

Au plan économique, notre pays connait depuis trois ans une croissance si faible qu’elle n’est pas susceptible de faire reculer la pauvreté en améliorant le niveau de vie de nos concitoyens. Les problèmes au quotidien sont énormes, qu’il s’agisse des services sociaux de base tels que l’eau ou l’électricité ou qu’il s’agisse de l’état de nos hôpitaux, du système éducatif ou encore de l’insécurité galopante, tout est motif de révolte car ce que nous vivons est totalement inacceptable. En font foi, les manifestations spontanées de protestation qui se font tous les jours dans les différents quartiers de la capitale et à l’intérieur du pays. Cet état de fait témoigne de la déliquescence de l’Etat et de l’incapacité des dirigeants actuels de répondre aux attentes des populations guinéennes. Le climat délétère créé et entretenu par le pouvoir a conduit à la fermeture de plusieurs sociétés de la place entrainant ainsi des pertes de milliers d’emplois (Exemple FRIGUIA).

Que dire du tissu social qui est de plus en plus fragilisé du fait de la mauvaise gouvernance. Des nominations sur base politique ou ethnique, des conflits intercommunautaires orchestrés par le pouvoir qui éclatent ici ou là ont sérieusement sapé la cohésion sociale.

Citoyennes et citoyens, chers Militants

Comme je vous l’ai dit d’entrée de jeu, c’est dès maintenant que nous devons, en tirant les leçons du passé, commencer à construire l’avenir immédiat qui nous tend les bras. Nous devons créer aujourd’hui même les conditions pour une alternance démocratique en 2015. Ce qui passe, bien entendu, d’abord et avant tout par une parfaite maitrise de tout le processus électoral.

Nous venons, avec la tenue des élections législatives, de refermer une parenthèse douloureuse de l’histoire de notre vie politique marquée, à la fois, par des grandes difficultés auxquelles notre parti a été confronté, mais aussi par de réels motifs d’espoir.

Les législatives du 28 Septembre 2013 ont été les pires élections jamais organisées en Guinée. L’Administration y a perdu son âme, son honneur et sa dignité en s’engageant sans retenue du côté d’un camp, avec la complicité de la CENI. Nous avons également été amenés à constater des manipulations dès le début de l’exécution du chronogramme, c’est-à-dire au moment de la révision de la liste électorale. Des cas de machines défaillantes ont été enregistrés surtout dans les zones favorables à l’opposition. Dans la Région Forestière par exemple, la révision des listes s’est arrêtée bien avant la date initialement prévue. La raison invoquée alors était l’insécurité qui y prévalait. L’enrôlement des mineurs n’ayant pas l’âge de voter a été constaté de manière exagérée quasiment dans toutes les zones du pouvoir. Cette pratique a contribué à gonfler artificiellement l’électorat du pouvoir en place. L’affichage des listes provisoires ne s’est pas fait non plus selon les règles prévues en la matière. Non seulement les délais n’ont pas été respectés mais le dispositif permettant de prendre en compte les corrections nécessaires pour améliorer ces listes n’existait pas, rendant ainsi impossible l’inscription régulière de bon nombre de guinéens sur le fichier électoral.

La qualité du fichier était elle-même sujette à caution à cause du grand nombre de doublons qui y ont été détectés et qui n’ont pas été supprimés, sans compter la récupération par les conseils de quartiers des opérations de distribution des cartes. Des milliers de cartes ont été ainsi purement et simplement sorties du circuit et jetées à la poubelle. En réalité, c’est toute la logistique de la CENI qui a été défaillante car sous traitée au RPG. Cette gestion chaotique a permis aux chefs de quartiers, préfets et sous préfets de disposer de bulletins de vote, d’enveloppes sécurisées, de procès verbaux et même de listes d’émargements afin de modifier illégalement les résultats.

La CENI a affiché son dévouement total au parti au pouvoir tout au long du processus électoral. En témoignent les convocations récurrentes du président de la CENI à la Présidence de la République pour y prendre des instructions. Le dévoiement de la CENI a conduit à des dérapages inqualifiables qui ont affecté la sincérité et la crédibilité des résultats.

L’UFR a été particulièrement victime de l’implication outrancière de l’Administration et du parti pris de la CENI. Dans au moins six circonscriptions qui lui étaient particulièrement favorables, la CENI a trouvé le moyen de proclamer des résultats ne reflétant pas du tout le vote effectif des électeurs à cause de la mise à l’écart de bon nombre de bureaux de vote.
Au-delà des aspects purement techniques et électoraux, les dernières élections législatives ont révélé au grand jour les limites de notre institution judiciaire la plus élevée. En effet, la décision de Cour Suprême consacre un véritable déni de justice. En dépit de la compétence matérielle que la Constitution lui reconnait en matière électorale, la Cour suprême s’est tout simplement déclarée incompétente. C’est un message politique fort dont nous devons tirer toutes les conséquences.

Citoyennes et Citoyens, chers Militants ;

Face à toutes ces défaillances qui s’expliquent essentiellement par un manque de volonté politique d’une part, et par l’incapacité de la CENI à assumer en toute indépendance ses responsabilités d’autre part, l’UFR doit impérativement se préparer à aborder les échéances à venir dans un esprit différent. 2015 passera d’abord et avant tout par une victoire écrasante aux prochaines élections communales dans nos fiefs traditionnels et dans la capitale.
C’est pourquoi, au sortir des élections législatives et dans la perspective des élections à venir, l’UFR a cru devoir s’organiser mieux pour affronter ces échéances qui seront déterminantes pour notre avenir. Dans cet esprit, la direction du parti a dépêché des missions sur le terrain afin de renouveler les structures pour les rendre plus dynamiques grâce à l’apport de nouvelles personnes. Un des plus grands défis que nous devons relever est de donner un caractère plus trempé à notre parti afin que les responsables et candidats qui seront choisis pour mener les combats électoraux à venir soient capables de résister aux pressions du pouvoir, quelles qu’elles soient et de conduire l’UFR à la victoire. C’est pourquoi, notre parti doit d’ores et déjà identifier des personnes dans chaque localité qui pourront porter haut les idéaux du parti. C’est maintenant que nous devons rechercher celles et ceux qui seront investis par notre parti pour être Conseillers municipaux et chefs de quartier.

Oui, la victoire devient notre leitmotiv et c’est la seule chose qui doit animer chaque responsable, militant et sympathisant de l’UFR jusqu’en 2015. A l’issue des travaux de ce Conseil, notre parti doit définitivement se doter d’une véritable machine à gagner les élections. Ne croyez pas que les choses seront faciles, non, nous devons prendre conscience de l’ampleur de la tâche qui nous attend et transformer chaque opportunité qui se présentera à nous en atouts pour accroitre nos chances de gagner. Je veux parler de la gestion plus efficiente de nos ressources humaines, certes, mais aussi des possibilités que nous pouvons avoir, du fait de l’apport des partenaires étrangers, pour mieux maitriser les différentes étapes du Processus.

J’insiste là-dessus car l’expérience nous a démontré que le laxisme au niveau de la surveillance des bureaux de vote et de la remontée des résultats constitue bien souvent le maillon le plus faible de notre dispositif électoral. Il s’agit pour nous et particulièrement pour ceux qui prendront part à ce conseil d’identifier et d’apporter des solutions à tout ce qui a constitué jusque là nos faiblesses.

J’invite donc les responsables de l’UFR à prendre pleinement conscience des véritables enjeux liés aux élections communales. Au regard de l’engouement constaté autour de l’UFR depuis les dernières élections législatives, je suis en mesure de vous dire que tous les espoirs sont permis.

Les motifs d’espoir résident dans le fait que les élections législatives passées ont révélé que notre parti a sensiblement élargi sa base mais n’a pas tiré les leçons en matière électorale. Ainsi, avec une meilleure organisation et plus de détermination, la victoire est possible.
Citoyennes et citoyens, chers Militants ;

Vous avez certainement compris à travers notre expérience que ce qui nous manque le plus, ce n’est pas d’avoir des électeurs mais plutôt d’avoir une bonne maitrise du processus électoral. C’est donc notre capacité de contrôler le processus qui nous permettra de réduire au maximum les risques de fraude dont nous pourrions faire l’objet. Cette maitrise du processus passe, certes, par un contrôle physique des différentes étapes du processus mais surtout et avant tout par une bonne maitrise des textes qui régissent les élections. Pour atteindre cet objectif, nous privilégierons la formation continue du personnel électoral qui sera chargé, dans le cadre du processus électoral, de défendre les intérêts de l’UFR.

Les graves insuffisances constatées tout au long du processus électoral qui a conduit aux élections législatives rendent impératif aujourd’hui une révision du cadre juridique et institutionnel des élections. Il sera ainsi possible de mettre en place une nouvelle CENI plus indépendante, préciser certains délais, notamment, en ce qui concerne les recours…
Toutes ces questions éminemment techniques tardent à être discutées et il est à craindre que le temps perdu actuellement ne se répercute sur l’agenda électoral. Une chose est sûre, nous ne nous engagerons plus jamais dans un processus électoral avec la même précipitation que celle qui a caractérisé les préparatifs des dernières élections législatives, car nous en savons le prix, et nous ne sommes plus prêts à le payer.

Nous souhaitons vivement que ces questions soient discutées dans un cadre de concertation en dehors du parlement afin que les débats puissent se dérouler dans la sérénité requise. Une fois que le consensus se dégagera au niveau de ce cadre, l’Assemblée Nationale sera alors saisie pour traduire ce consensus en loi.

Nous tenons à affirmer notre attachement au respect strict de l’Accord du 3 Juillet 2013. C’est pourquoi, nous invitons le gouvernement à ouvrir sans délai les discussions afin de commencer à préparer les échéances électorales à venir.

Citoyennes et Citoyens, chers Militants ;

L’échéance de 2015 impose à l’UFR la nécessité d’une organisation autour de certaines valeurs fondamentales que sont la détermination et l’ouverture.

La détermination doit sous tendre l’action des responsables et militants du parti à compter de maintenant jusqu’à l’élection présidentielle. Nous devons résister aux pressions de toutes sortes, nous devons résister au découragement, à la paresse car la tache qui nous attend est immense.

L’ouverture est la principale caractéristique de l’UFR qui distingue notre parti de tous les autres. L’UFR doit rester un parti transversal capable de rassembler le maximum de guinéens. Vous, responsables du parti à tous les niveaux, vous devez aller vers nos compatriotes pour les convaincre d’adhérer au parti. Vous en avez les capacités et l’UFR en a la crédibilité. Nous devons rassurer, tenir un discours rassembleur pour conforter l’idée déjà ancrée chez beaucoup de nos compatriotes que notre parti est la Solution pour la Guinée. Nous représentons la seule alternative crédible aussi parce que nous avons l’expérience de la gestion de l’Etat. Ce sont des atouts non négligeables dont nos compatriotes sont de plus en plus conscients et qui pourront, le moment venu, faire la différence.

Dans une Guinée remplie de désespoir il faut encore oser rêver ! La plupart des choses importantes dans le monde ont été accomplies par des personnes qui ont continué à essayer quand il semblait n’y avoir aucun espoir.

2015, c’est ici et maintenant ! C’est sur cet appel vibrant et pressant à la mobilisation générale que je déclare ouverts les travaux du conseil et espère qu’au terme de ces deux jours de discussions, l’UFR repartira sur de nouvelles bases sur la voie de l’alternative en 2015.
Je vous remercie pour votre aimable attention

Source : Cellule de Communication de l’UFR

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