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Après deux mois de vacances parlementaire, les députés ont repris hier mercredi 8 septembre le chemin de l’hémicycle. L’objectif primordial tourne autour de la deuxième Session Ordinaire de l’Assemblée Nationale consacrée à l’examen et à l’adoption du budget de l’Etat pour l’année 2015.

«  Comme vous le savez déjà, celle-ci démarre dans un contexte particulier de crise économique et sanitaire que connait notre pays depuis maintenant près d’une année et dont les conséquences influencent négativement toutes bonnes actions engagées par le Gouvernement pour la relance de l’économie Guinéenne… » C’est par cette remarque que le président de l’Assemblée nationale a ouvert la session. Honorable Kory Koundiano, parlant du gouvernement a déclaré que la rigueur a permis au Gouvernement de stabiliser le cadre macro-économique, de s’attirer la confiance de la Communauté Internationale et de susciter l’engouement des investisseurs potentiels et réels pour la Guinée. Tout cela, a été couronné par l’atteinte, en septembre 2012, du point d’achèvement de l’initiative renforcée d’allègement en faveur des pays pauvres très endettés(IPPTE). L’atteinte de l’initiative renforcée d’allègement en faveur des pays pauvres très endettés(IPPTE) a permis à la Guinée de bénéficier de l’annulation des 2/3 de sa dette extérieure et de relancer l’économie qui a enregistré un taux de croissance de 4,5% en 2012 contre 4% en 2011 et 1,9% en 2010. Malheureusement, ajoute le président de l’Assemblée,  ce rythme a été rompu en 2013 avec les remous sociopolitiques, le ralentissement brutal des activités des sociétés minières, notamment l’arrêt de l’Usine de FRIA et la suspension des investissements de RIO TINTO. Et maintenant, c’est la fièvre hémorragique à virus EBOLA qui vient aggraver cette évolution négative dont les conséquences sanitaires, économiques et,
par ricochet, budgétaires sont très lourdes.  « Les statistiques du FMI estiment que la Guinée va perdre cette année entre 1,5% et 2% de croissance. Il est peu probable que cette tendance puisse s’inverser au cours de l’exercice budgétaire de 2015. Le déficit budgétaire causé par l’épidémie EBOLA est estimé à plusieurs millions de dollars » A dit le président. Evoquant le cas de la fièvre Ebola, honorable Kondiano a souligné : « La fièvre hémorragique à virus EBOLA est, je parle sous le contrôle des spécialistes ici présents, apparue en Guinée vers le mois de décembre 2013. Mais, c’est seulement en mars 2014 qu’on a réalisé qu’il s’agissait bien de cette maladie. Malgré que la maladie soit apparue sur le continent africain avec les premiers cas enregistrés en RDC et au Soudan en 1976, les autres pays africains ne semblaient jamais avoir imaginé qu’ils en seraient un jour atteints. Ce fut un tort puisque 18 ans et 19 ans plus tard (1994 et 1995 respectivement), la Côte d’Ivoire et le Libéria furent atteints mais pour une courte durée (pendant un an seulement pour chacun des deux pays). Le Gabon aussi n’a été touché que pendant un an (1996). Mais dans la mesure où l’épidémie a perduré dans certains pays africains comme la RDC où elle est revenue en 1977, puis en 2001 pour s’y installer jusqu’en 2005, le Soudan où elle a refait surface en 1979 et en 2004, toute l’Afrique Noire devait travailler en synergie pour empêcher qu’elle ne continue pas sa progression. Cela ne fut pas fait. C’est en partie pour cette raison qu’il convient de rendre tous les pays du continent responsables de la situation dont souffre aujourd’hui tous les pays atteints par l’épidémie… ».

Avant de terminer ses propos, il a plaidé la cause des anciens déposants ou clients de la BADAM, tout en exhortant le gouvernement à rembourser les montants que ces derniers ne cessent de réclamer contre vent et marée.

Aly Badara Condé

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