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Le commandant du Bataillon Autonome des Troupes Aéroportées (BATA), Mohamed Lamine Diara et deux de ses hommes (un sergent et un caporal) ont fait irruption au tribunal de première instance de Dixinn, séquestrant et brutalisant un juge. L’audience du tribunal a été troublée.

Tout a commencé dans la matinée, quand une femme dont la fille serait victime de viol s’est mise à murmurer. Elle accusait un juge d’avoir libéré  « le violeur » de sa fille. Vers 15 heures, elle s’introduit au cinquième cabinet des juges en compagnies de trois bérets rouge venus lui prêter main-forte. Pendant ce temps, l’audience du tribunal se poursuit juste à côté, dans la salle d’audience. Tout à coup, on entend depuis la salle d’audience : « tu ne sors pas d’ici ! Tu es qui pour libérer les criminels ! Tu es qui pour libérer les violeurs ! » Ça crie davantage. Le président audiencier suspend l’audience, tout le monde se précipite vers le cinquième cabinet des juges. Les gardes pénitentiaires voient le juge Morlaye Soumah pris au collet par le commandant Mohamed Lamine Diara. Les gardes s’attaquent au commandant et à ses deux hommes.

 D’autres travailleurs du tribunal  leur portent main-forte. Les bérets rouges sont encerclés et introduits de force dans la salle d’audience où ils sont enfermés. C’est le brouhaha au tribunal. Les magistrats essayent d’appeler la gendarmerie. Quelques minutes après, la police militaire fait son entrée. De la salle d’audience, les militaires sont conduits au parquet (bureau des substituts du procureur. On demande à tous ceux qui ne sont pas militaires ou paramilitaires de sortir de la Cour du tribunal. C’est le début des tractations, alors que le personnel du tribunal s’impatiente. Il veut aussitôt voir les « perturbateurs » placés sous mandats de dépôt. Des magistrats et avocats scandent : « ce n’est pas à négocier »,  « C’est du flagrant délit, il faut qu’ils soient placés sous mandat dépôt ».   
 
Selon des indiscrétions venues du Parquet, le commandant aurait nié les faits devant le procureur. « Il ( le commandant) dit qu’il a  juste demandé  des explications aux juges », nous a signalé un magistrat du tribunal.
 

Il est 18 heures, mais les magistrats et quelques journalistes ne veulent pas rentrer. Chacun veut assister à la suite de cette affaire, même si des magistrats assurent que c’est acquis, les militaires vont être mis sous mandat de dépôt. Près de 15 minutes après, magistrats, gendarmes et militaires sortent du Parquet. Le commandant de la BATA et ses deux hommes montent à bord du véhicule du commandant de la gendarmerie de la région de Conakry, colonel Balla Samoura. Ils prennent la direction de Kaloum. Selon les dernières informations, c’est le ministre délégué à la défense qui a demandé à les recevoir avant qu’ils ne soient amenés à la Maison Centrale. Le personnel du tribunal n’y croit pas. Les «braves » gardes pénitentiaires sont découragés pour « avoir travaillé en vain».
 

« Je les ai prévenus,  s’ils libèrent ces gens, nous allons les désobéir », a laissé entendre un garde pénitentiaire. La victime, le juge, a aussi menacé de démissionner au cas où les militaires ne seraient pas jugés ou sanctionnés. Sur l’incident, Morlaye Soumah explique : « quand il s’est introduit dans mon bureau, il m’a demandé :  tu sais qui je suis ?  Je suis le commandant de la Bata. Pourquoi vous avez  libéré tel (Ndlr : il ne veut pas donner le nom du suspect en question). »

 

A suivre…

Source: Guineenews

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