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Vainqueur de la présidentielle de 2010 après avoir remporté quatre  communes de la capitale sur cinq et trois régions naturelles sur quatre, le président Alpha Condé symbolisait le renouveau pour bons nombre de guinéens. Mais quatre ans après, il risquera d’être sanctionné, de l’avis de nombreux guinéens.

Au  fil du temps, les guinéens se sont rendu compte que l’homme qu’ils ont choisi en 2010 possède de l’or qu’il assimile à un bronze.
Conséquence, Alpha Condé demande aujourd’hui à la communauté internationale de ne plus financer les élections en Guinée, notamment les élections communales et communautaires et la présidentielle de 2015. Alors que l’économie du pays est asphyxiée par la fermeture des sociétés et entreprises, le manque de production  et la fièvre Ebola.
L’opposant Sidya Touré prédit même la récession en 2015.
A propos, il faut dire que Alpha Condé garde encore en mémoire sa mésaventure lors des législatives de 2013. Sans  des fraudes massives, il n’allait jamais avoir la majorité  à l’assemblée nationale. Mais malgré tout, il n’a récolté que 53 députés sur les 114 que compte le parlement.  L’opposition a rafflé le reste.
Pour ce qui est de la transparence de ses élections, la communauté internationale, notamment l’union européenne avait joué un grand rôle pour avoir un œil partout à travers le pays sur le processus électoral. Ce que Alpha Condé n’avait pas aimé. Et pour couper l’herbe sous les pieds de la communauté internationale, il s’engage à financer tout  seul la présidentielle de 2015 à hauteur de 500 milliards de GNF. Avec ça, il espère que la communauté internationale ne mettra pas son nez dans le processus électoral guinéen. Soit.
Premier faux pas, la formation de son gouvernement. Alpha Condé n’avait même pas une structure pour former son gouvernement confie un haut cadre du Ministère de la Fonction publique. Conséquence, ajoute notre interlocuteur, il a formé son gouvernement par tâtonnement.
Un autre problème, c’est la tenue des engagements pris auprès du peuple de Guinée. « Les gens seront nommés dans mon gouvernement sur la base de leur CV » avait t-il promit. Mais à la formation du premier gouvernement, nombreux sont des anciens cadres voleurs qu’il a copté. C’est le cas de l’actuel Ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Diaré, licencié de la fonction publique  par le général Lansana Conté pour détournement de deniers publics. Oyé Guilavogui, Ministre des Postes et Télécommunications avait aussi été radié de la fonction publique pour détournement de deniers publics.  Jean Marck Telliano est connu de tous les cours et tribunaux du pays avec des plaintes qui sont contre lui partout et biens d’autres cadres.
Sans compter des scandales financiers qui ont éclaboussé la banque centrale,  les Finances, le département de l’enseignement pré universitaire et de l’éducation civique, le port autonome de Conakry avec son ami  Vincent Bolloré, des titres miniers accordés à son fils Alpha Mohamed Condé et à  Aboubacar Sampil  sur le mont Simandou et aux tiers, des domaines de l’Etat accordés à Dr Mohamed Diané et aux caciques du pouvoir pour y construire sur le domaine du patrimoine bâti,  l’octroi des contrats au niveau des Travaux publics à son beau frère Ansoumane Kaba, alias Kaba Guiter qui est le frère ainé de sa femme Djenè Kaba, la pêche avec la sanction de l’union européenne contre le Ministre Moussa Condé, les contrats de réalisation des travaux du cinquantenaire  accordés au cercle restreint à Mamou.
En parlant justement de l’ancien Ministre de la pêche, il faut dire que Alpha Condé a montré ses limites dans la lutte contre l’impunité et les détournements de deniers publics. A défaut de sanctionner Moussa Condé comme le voulait l’union européenne, il fait un changement de chaise musicale en envoyant Tata Vieux à l’artisanat et au Tourisme. Alors que les bateaux de pêche de Tata Vieux continuent de pêcher illégalement dans les eaux guinéennes.
Excusez du peu, la liste des scandales sous le régime Alpha Condé est longue.
Toutefois, Alpha Condé ne désarme pas. Il va financer tout seul  la présidentielle de 2015 pour les remporter. Pauvre Guinée.

Mohamed Soumah

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