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Drame de Rogbanè : un défi lancé en la mémoire des victimes du 28 septembre et de Lambandji, dixit Me Mory Doumbouyah

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Le procès des huit personnes accusées dans le dossier du drame de Rogbanè qui avait fait officiellement 33 morts et plusieurs blessés s’est ouvert ce lundi à la cour d’appel de Conakry. Les 8 prévenus dont le maire de Ratoma, Sékou Batouta Camara et le gouverneur de la ville de Conakry sur la photo, Soriba Sorel Camara étaient aussi présents.

La semaine dernière pour rappel, le procès avait été délocalisé pour cause de troubles au Tribunal de Première Instance de Dixinn à la cour d’appel de Conakry.
A l’entame du procès, le président du Tribunal de Première Instance de Dixinn, Mangadouba Sow a laissé entendre que le tribunal est face à deux dilemme avec des pancartes sur les quelles on pouvait lire « hommages aux victimes, justice pour les victimes » et des pancartes avec la mention « libérez nos innocents ». Avec cette situation, il a appelé les parties au procès  à la sérénité pour mener à bien les débats.
Le premier accusé appelé à la barre est Malick Kébé. Il  était au moment des faits, directeur général de l’agence guinéenne de spectacle. Il a d’abord présenté ses condoléances aux 33 familles des victimes. Il nie avoir autorisé la tenue du spectacle « mon rôle est de réglementer la tenue du spectacle et non d’autoriser », dit-il.
Le second Abdoul Ahmad Mabaye de la structure Mœurs Libres Production qui a organisé le spectacle affirme lui aussi avoir pris toutes les dispositions pour conférer à la démarche toute la solennité.  Il affirme avoir vendu juste 9 mille tickets.
La partie civile qui a pris le premier la parole a fustigé l’attitude des organisateurs et de Malick kébé qui ont vendu plus de 9000 Tickets alors que le site de la place de Rogbanè ne pouvait pas accueillir toutes ces personnes. Il est à leurs yeux responsables de ce qui est arrivé.  
Mieux, Malick Kébé qui a donné l’ordre savait que les spectacles étaient interdits.
Le parquet général abondera dans le même sens en allant jusqu’à dire que les organisateurs ont vendu des tickets à des enfants de moins de dix ans. Ce que les accusés n’ont pas reconnu estimant que des enfants étaient accompagnés.
Les avocats de la défense eux ne voient derrière ce procès que des règlements de compte d’un gouvernement qui cherche des boucs émissaires.
Me Mory Doumbouyah très en colère dira que « ce procès est un défi lancé en la mémoire des victimes des tragiques événements du 28 septembre et sur la plage de Rogbanè. Il y a des années ces drames se  sont produits avec plus de 100 morts au stade du 28 septembre, il n y a pas eu de procès », regrette l’avocat. Avant de s’interroger sur les mobiles de l’arrestation et de l’emprisonnement des prévenus.
Plus loin, il dira qu’il a une pensée pieuse pour les victimes et une compassion pour les parents des victimes.
Dans l’ensemble, il faut dire que des griefs n’ont pas manqués contre le parquet général qui n’aurait pris aucune disposition pour assurer le respect de l’interdiction des spectacles sur les plages comme souligné par le gouverneur.

Il était 18 heures ce lundi quand le président du Tribunal de Première Instance de Dixinn, Mangadouba Sow a clos les débats qui doivent reprendre demain à 9 h.

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