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C’est le titre du nouveau roman de l’écrivain guinéen Thierno Monénembo. L’auteur a mis, a profit son séjour à Conakry pour dédicacer le roman. La cérémonie qui s’est déroulée le 11 avril 2015 a eu pour cadre la Maison du livre sise à Coléah.

Le 10 novembre 2008, lorsque les membres du jury du prix Renaudot annoncent le nom de leur lauréat, Thierno Monénembo pour son roman Le roi de Kahel, l’auteur se trouvait à Cuba où il s’imprégnait de l’instant et revisitait l’histoire en vue d’un roman qui devait s’y dérouler. Ainsi le fruit de ce voyage à la havane est sans nul doute ce roman «  Les coq cubains chantent à minuit ». L’écrivain résume son ouvrage en ces termes : « Ignacio Rodríguez Aponte est un petit guide pour touristes friqués à qui, contre rétribution, il rend le séjour agréable en leur facilitant l’accès à toutes les formes de plaisirs à La Havane (boissons, danses, femmes…), une personne maîtrisant toutes les ficelles de la débrouillardise. Mais dans le roman, il prend de l’ampleur en devenant aussi le principal narrateur, celui qui accompagne le héros Thierno Alfredo Diallovogui dans les méandres de son histoire. Dit El Palenque, cet Africain de Guinée venu de Paris disposait, pour recomposer le puzzle de son identité, de très peu d’éléments, même s’il savait que sa mère était enterrée au cimetière de Colón. D’elle, il avait hérité d’une chanson de la province orientale de Cuba, qu’il fredonnait sous la douche, « Yo soy el punto cubano », en apparence pas grand-chose donc, mais c’est la clé d’une énigme qui, lorsqu’elle commence à se dévoiler, s’avère en réalité assez simple. L’on peut résumer toute l’intrigue du roman en répondant à une question : « Qu’est-ce qui permet au Guinéen Thierno Alfredo Diallovogui, dit El Palenque, d’affirmer qu’il est aussi cubain ? » Maintenant, on le sait : le 21 juillet 1978, le paquebot L’Amiral Nakhimov quitte le port d’Oran, en Algérie, pour mouiller au port de La Havane le 7 août suivant. Dans ses sept étages, il emporte trois mille cinq cents artistes africains invités dans le cadre du 11e festival mondial de la jeunesse et des étudiants. Parmi ces artistes, un saxophone guinéen, Samba-Félix Diallovogui, dit Sam-Saxo, déjà très célèbre. Il y avait là toutes les vedettes du continent : Miriam Makeba, Les Anges du Congo, le groupe cap-verdien Tabaro. Et il (Sam-Saxo) les connaissait tous. Il avait joué avec celui-ci à Alger, celui-là à Praia, cet autre à Conakry, ou à Brazza, ou à Tripoli, où à Luanda. Il serait plus exact de dire qu’ils le connaissaient tous. Chacun, un jour ou l’autre, avait fait appel à ses services à l’occasion d’un concert, d’un défilé de mode, d’un album. ‘‘Tu es le meilleur saxo du continent’’, lui avait sorti un jour Miriam Makeba, après un show à la Maison des cultures du monde de Berlin » Ce saxophoniste doué et célèbre donc rencontrera à La Havane une jeune Cubaine, Juliana, qui ne connaissait rien de l’Afrique, rien du monde, rien de la vie, rien des hommes. Elle avait vingt-deux, vingt-trois ans tout au plus. Elle sortait de l’université où elle avait brillamment terminé ses études de droit international » Tierno Alfredo Diallovogui était issu de cette histoire : conçu en Guinée, il naîtra à La Havane sur décision de sa mère qui choisit pour cette mise au monde de revenir dans son île où les conditions d’hygiène étaient plus élevées dans les maternités. Par la suite, retournée en Guinée avec son bébé, auprès de son mari, elle affrontera l’abus d’alcool de la part de ce dernier, ses infidélités et surtout sa violence… »

Dans ce roman de 187 pages, Thierno Monénembo met en scène de nombreux personnages au relief plus ou moins dessiné, qui, comme Poète, concourent, plus qu’ils ne déploient sous nos yeux leur propre destin, à faire la lumière sur l’histoire du héros.

 

 

Aly Badara Condé

664 26 20 20

 

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