Partager

Au cours des trois années que j’ai passé en Guinée, j’ai visité les morgues de Conakry pour parler avec les familles des victimes des violences politiques. J’ai rendu visite aux blessés aux urgences, et j’ai aussi visité les quartiers à feu pour écouter des Guinéens me raconter la destruction de leurs maisons, leurs boutiques et leurs biens.

 

Je n’ai jamais demandé aux familles des victimes mortes ou blessées leur préférence politique. Je n’ai jamais demandé à un boutiquier à qui on a tout détruit la langue nationale dans laquelle les assaillants parlaient. Je n’ai jamais demandé à un père de famille devant sa maison en ruines qui devrait selon lui devenir président de la Guinée.

Après les récentes violences à Koundara, N’zérékore, Banankoro et à Conakry je n’ai pas demandé “qui a jeté la première pierre?’’  Au cours de mon séjour en tant qu’Ambassadeur en Guinée, j’ai rencontré de nombreux jeunes hommes qui m’ont dis avoir jetté la deuxième pierre en auto-défense. Ils viennnent de toutes les communautés, parlent toutes les langues nationales, et soutiennent tous les partis politiques de la Guinée…Exactement comme ceux qui ont jetté les premières pierres.

En parlant de violence, aujourd’hui la seule question importante à poser à mes amis Guinéens est: “Que faites-vous pour arrêter cette violence?”

 

Alexander Laskaris

 

Ambasadeur des Etats-Unis en Guinée

Partager