MEDIAS: Aboubacar Cissé tire sa révérence

By on 27 mars 2017
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A la création du site Guineelive en 2008, il était l’un des premiers journalistes à apporter son soutien au site pour sa promptitude dans le traitement de l’information. Aboubacar Cissé puisqu’il s’agit de lui envoyait régulièrement des articles à Guineelive au même titre que nos confrères de Guineenews pour publication. Professionnel dans l’âme, il avait horreur que votre quotidien en ligne mette du temps pour publier ses articles. Il n’hésitait pas un seul instant pour nous rappeler  au téléphone en ces termes: « mon frère CONTE, je n’ai pas encore vu mon article sur la toile ».

Pour le dire en un mot comme en mille, il soutenait moralement et matériellement Guineelive.

Ancien journaliste de la RTG, la radio nationale puis des papiers pour la télévision nationale, Cissé qui est sorti major de sa promotion a touché presque à tout: Presse écrite, presse en ligne, radio, télévision, il est aussi un écrivain avec son dernier livre paru l’année dernière sur la diplomatie guinéenne avec le titre: parcours.

C’est donc avec stupeur que nous avions appris qu’il est décédé dimanche aux environs de 15h à Genève des suites d’un arrêt cardiaque, selon le Rédacteur en chef de la Radio nationale, Amara Camara.
Cissé Aboubacar qui  était le Conseiller à la Mission Permanente de Guinée auprès de l’Office des Nations Unies en Suisse et des autres Organisations Internationales, était aussi une grande voix du journal parlé de la  Radio nationale. Passé à la diplomatie au début des années 2000, Cissé a d’abord occupé le poste de  Directeur du Bureau de presse du Ministère des Affaires Étrangères avant d’être promu à ce poste à Genève.

Bien que loin de la Guinée et dans la diplomatie ces dernières années, il était toujours proche de son métier de journaliste. En témoigne son dernier article publié par Guineelive au mois de février dernier.

Comme disait feu Cheick Oumar Camara, le messager des temps anciens et chroniqueur à la RTG, animateur de l’émission  »Un conte pour une nuit »,   » Si longue soit une vie, c’est dans une tombe qu’elle finie. La vie ne ressemble pas à une promenade vagabonde. Si vous n’y ajouter pas quelque chose, mieux vaut creusez sa  propre tombe et passer ses jours inutiles auprès d’elle ».

Que dire encore de cet homme au talent immense qui était plus qu’un frère pour nous. A Dieu mon bien aimé et cher frère.

Que la terre de Guinée que tu as aimé et servi avec abnégation, passion et parfois avec  acharnement pour le travail bien fait te soit légère. Amen! ( Almamy Kalla CONTE).

Nous vous proposons le dernier article que Cissé Aboubacar avait écris pour nous.

Célébration de la journée mondiale de la radio. Quel regard sur ce médium en Guinée ?

 L’humanité célèbre ce 13 février 2017 la journée mondiale de la radio. En fait, l’invention de la radio en 1895 est une œuvre collective qui accompagne l’histoire de la fin du 19ème et du 20ème siècle grâce à une succession de découvertes qui, en se complétant, ont abouti aux télécommunications modernes. Car, de l’invention du télégraphe électrique par Alfred Vail qui met à jour en 1841 le code dit ‘’Morse’’, en passant par la mise en évidence des ondes radio par le physicien allemand Henrich Rudolf Hertz en 1888, jusqu’à l’expérimentation en 1895, en Italie, par Guglielmo Marconi, des premières liaisons hertziennes ; que de chemins parcourus pour le développement de cet important médium qu’est la Radio, dont la première diffusion expérimentale en Afrique date du 18 décembre 1923 à Johannesburg, en Afrique du Sud.
 Mais ce n’est qu’à partir de 1954 que les premiers postes à transistor permettront d’écouter la radio partout, alors que le 13 février 1946 déjà le siège de l’ONU diffusait à New York son premier indicatif radio : « Ici les Nations unies s’adresse aux peuples du monde ». La radio devenait ainsi le vecteur capital de liaison des peuples de la planète pour la paix, la sécurité et le développement du monde, même si par moment elle a aussi servi à alimenter la propagande dominatrice et la folie guerrière destructrice des hommes contre les hommes. Des exemples sont légion.
 Souffrez qu’on vous fasse l’économie de la longue litanie de la riche épopée de la radio en Guinée depuis la période coloniale avec « la radio banane » jadis implantée à l’actuel siège de la RTG Boulbinet, dans la commune de Kaloum. Rebaptisée à l’indépendance la « Voix de la Révolution » sous la première République, la radio aura été beaucoup plus dans notre pays un instrument politique au service du pouvoir en place. Ce qui explique d’ailleurs l’emprise totale du parti-Etat sur ce médium. Il aura fallu l’avènement de la seconde République pour difficilement obtenir par un décret présidentiel d’août 2005 la libéralisation des ondes, qui a abouti à la création des premières radios privées en 2006, année à laquelle la radio nostalgie a été la première radio privée à émettre dans notre pays.
 De cette date à ce jour, on dénombre environ une cinquantaine de radios privées, dont 35 à Conakry, y compris les représentations des stations internationales comme RFI, BBC et bien d’autres. La radiodiffusion nationale de la RTG est pour l’instant l’unique chaîne publique de la Guinée à Koloma et à Boulbinet. A cela s’ajoutent les stations de radios rurales dans les capitales régionales et des radios communautaires dans certaines préfectures du pays.
 Le problème qui se pose aujourd’hui est celui des infrastructures, des équipements et surtout des ressources humaines de ces radios. Car il n’est pas rare de constater que la plupart de nos jeunes journalistes, malgré leur engouement pour ce noble métier, viennent à cette corporation sans formation professionnelle requise. Certains y viennent même parce qu’ils non pas d’autres déboucher, ce qui déteint négativement sur la qualité du travail qui s’y fait au détriment de la déontologie journalistique.
La qualité de la couverture radiophonique est l’autre problématique à résoudre par les promoteurs de ces radios dont l’importance stratégique dans le développement du pays ne fait désormais l’ombre d’aucun doute.
 Assainir cet environnement et mieux sécuriser l’exercice du métier par un meilleur traitement mettant à l’abri du journalisme alimentaire, est aujourd’hui un sacerdoce pour l’ensemble des pratiquants de ce qu’on qualifie à tort ou à raison de quatrième pouvoir dans le monde.
Dépêche de Cissé Aboubacar.
 

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