Grève : Et si les électeurs se détourneront du président Alpha Condé (Editorial)

Dans un message vidéo lancé sur facebook, le syndicaliste  qualifié de « rebelle » Aboubacar Soumah, Secrétaire général Adjoint du SLECG  a appelé les enseignants à rester unis et de poursuivre le mouvement de grève: « J’invite toutes et tous à la vigilance pour barrer la route à toutes formes de distraction que pourraient provoquer l’intoxication et la désinformation déjà entreprises par certains dissidents. Enseignantes et enseignants de Guinée, demeurons unis, nous vaincrons ».

C’est dans ce contexte de frustration  et d’indignation que le président Alpha Condé a convoqué lundi dernier les électeurs aux urnes pour les élections locales du 4 février 2018. Ce, conformément à la loi qui stipule que le chef de l’Etat doit convoquer le corps électoral 60 jours avant le jour J du scrutin.

A moins de 60 jours donc des élections locales qui ne sont pas tenues en Guinée depuis 2005 avec le Ministre de l’Administration du Territoire et de la décentralisation d’alors, Kiridi Bangoura, ici sur la photo avec Alpha Condé. Kiridi puisqu’il s’agit de lui est aujourd’hui le Ministre intérimaire de l’agriculture et secrétaire général du gouvernement. Il est parti du (Parti de l’Unité et du Progrès, parti présidentiel et très puissant à l’époque pour le RPG, parti présidentiel aujourd’hui). Bref, il n’a suivi que la direction du vent comme on dit au pays pour ne rien perdre.

Avec cette grève qui s’enlise depuis le 13 novembre dernier par manque de dialogue du chef de l’Etat, les guinéens ne sont pas du tout content et pour cause. Les enfants sont à la maison, ils ne vont pas à l’école. Les enseignants ont aussi boudé le chemin de l’école, ils sont très fâché contre le président Alpha Condé. De près ou de loin, les populations dans leur écrasante majorité se retrouvent  dans cette grève à cause des enfants et des enseignants.

Ce qui met aussi les guinéens en désamour avec leur président, c’est le mépris affiché par Alpha Condé envers les guinéens : « le chef de l’Etat pense qu’il connait tout, qu’il est le plus instruit », lance un jeune de la commune de Kaloum dans un café situé non loin de l’école primaire de la gare.

Que dire des voyages à n’en pas finir du président Alpha Condé à travers le monde  alors que les problèmes ne manquent pas dans son pays?

Justement en parlant de ces voyages, il faut dire que le président Alpha Condé se rend rarement dans le pays profond pour toucher du doigt à la réalité sur le terrain ou prendre langue avec les populations à la base. Pourtant, selon le dernier recensement général de la population et de l’habitat, près de 80% des populations guinéennes vivent en milieu rural. C’est donc un secret de polichinelle de dire que le potientiel électoral se trouve dans les 33 préfectures du pays.

Que dire des populations de Conakry, la capitale qui sont victimes des soubresauts, pillages, destructions de biens, des désagréments causés et meurtre liés à  cette grève ?

Un autre problème et non des moindres, c’est que le RPG ne compte plus de militants engagés comme par le passé. Nombreux sont ceux qui sont déçus de la politique du chef de l’Etat, surtout en haute Guinée, le bastion du chef de l’Etat guinéen.

Avec tous ces problèmes et bien d’autres s’ajoute le manque d’organisation du parti présidentiel sur le terrain. Pour entendre parler de ce parti, il faut se rendre au siège du RPG chaque samedi. Pour le reste du pays, rien.

Pour le dire donc en un mot comme en mille, cette question « Grève : Et si les électeurs se détourneront du président Alpha Condé » ? a tout son pesant d’or.

Il reste maintenant à savoir si dans l’espace de moins de deux mois, le président Alpha Condé pourra se rendre à l’intérieur du pays pour  convaincre les électeurs qui sont de plus en plus sceptiques sept ans après l’arrivée du  président Alpha Condé à la tête du pays afin de remporter les élections locales.

Guineelive

 

 

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