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Une campagne électorale doit-elle se faire au détriment des règles de #SÉCURITÉ ROUTIÈRE# ?

Cette question mérite d’être posée en République de Guinée. Quatre (04) morts et plusieurs blessés : c’est le triste et lourd bilan des accidents de la circulation enregistrés par l’Observatoire Guinéen de la Sécurité Routière et de la Mobilité Urbaine (OBSERMU) au cours de la campagne pour les élections locales en Guinée 🇬🇳 du vendredi 19 janvier au vendredi 02 février 2018.

En effet, les multiples appels à la responsabilité lancés en direction des acteurs politiques, les mises en garde de l’ONG face aux dérives liées aux comportements irrespectueux des règles basiques de #SÉCURITÉ ROUTIÈRE# constatées sur le terrain n’auront pas suffit…Les faits sont là et ils sont têtus. Des citoyens ont été arrachés à l’affection des leurs et de la nation entière, en raison d’une mauvaise campagne électorale. Ce qui aurait dû être pour eux, une simple étape d’un engagement politique et citoyen, s’est transformé en procession funeste, hélas ! Quel gâchis !

Au demeurant, une campagne électorale responsable et civilisée n’occasionne pas autant pertes en vies humaines. Surtout pour un pays qui en perd déjà assez sur ses routes complètement défoncées et mal entretenues-sur lesquelles circulent des véhicules majoritairement « hors d’âge » et sans contrôle technique-souvent conduits par des chauffards.

En lieu et place des rodéos dangereux, des parades risquées, des cortèges avec sonorisations incommodantes sur la voie publique, cette campagne devait privilégier entre autres, des meetings en salles, des portes-à-portes, des débats dans les médias afin de préserver ces vies perdues inutilement suite aux accidents de la circulation.

Sans me soucier de quel bord politique étaient-ils ou pour quelle liste indépendante voulaient-ils voter,  je m’offusque de leur mort et davantage des circonstances. Les compétiteurs de ces joutes électorales prennent-ils la mesure de leur responsabilité dans la préservation de la vie de leurs militants et sympathisants engagés dans la campagne-excusez du peu-jeter sur la voie publique ? Réalisent-ils que ces morts représentent autant de suffrages en moins potentiellement en leur faveur ? Quant à ces jeunes accusés à tort ou à raison d’avoir perçu des miettes pour arborer des tee-shirts et se percher naïvement sur le toit des véhicules, sont-ils conscients qu’avant tout, c’est leur propre vie qu’ils mettent en danger ainsi que celle des autres ? En tout état de cause, même en période électorale, la #SECURITE ROUTIÈRE# devrait rester de mise…

Mamoudou Keita

Président OBSERMU

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