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Les rideaux sont tombés dimanche sur l’événement « Conakry, Capitale Mondiale du Livre ». C’est le président Alpha Condé qui a présidé ma cérémonie de clôture de cet événement culturel qui aura permis à la Guinée de porter le flambeau de la lecture et du livre durant un an.
En passant le témoin à la Grèce dont Athènes sera dans les prochains jours, capitale mondiale du livre, le président Alpha Condé a salué ce passage de témoin en relatant le passé historique de la Grèce Antique et la civilisation que ce pays a offert à l’humanité. Tout un symbole pour le chef de l’Etat guinéen, qui a invité les guinéens, surtout les jeunes à aimer le livre et la lecture pour transformer le pays par le biais de la lecture.
Durant une année, la Guinée a tenu des échanges, des tables rondes et séances de lectures. Ce n’est pas tout car plusieurs édifices publics ont été inauguré, notamment la bibliothèque nationale et plusieurs autres bibliothèques à travers le pays et Conakry la capitale.Les guinéens ont côtoyé plusieurs auteurs étrangers autour du livre et de la lecture avec des échanges culturels.
Le Commissaire général de l’événement, Conakry, capitale mondiale du livre, Sansy Kaba Diakité qui a reçu le pari de l’organisation, a annoncé que la Grève qui prend le flambeau a offert à la Guinée 100 mille livres. Il a en outre énuméré plusieurs actions à l’actif de cet événement avec le soutien du président Alpha Condé.

Dans son discours de clôture de Conakry capitale mondiale du livre, le président Alpha Condé s’est adressé aux intellectuels guinéens en ces termes:  » Soyons modestes, mettons-nous à la hauteur du peuple et cessons d’employer les termes ésotériques pour faire croire qu’on est de grands savants, alors qu’on a des carences extrêmement importants. Mettons-nous a l’école du peuple, parlons son langage, comme on dit, vivre avec le peuple, manger avec, dormir avec et étudier avec. Voilà ce qui peut changer le peuple de Guinée. Intellectuels guinéens, faites votre mea-culpa, soyez moins prétentieux, moins sûrs de vous, moins méprisants, vous sortez de ce peuple, sans ce peuple vous n’aurez pas eu ces diplômes. Alors retournez en vous mettant à leurs écoles, en leur permettant de maîtriser le savoir, particulièrement dans la langue nationale ».

Par ailleurs, Alpha Condé n’a pas encore oublié le syndicaliste Aboubacar Soumah et sa grève dans le système éducatif qui a failli emporté son régime.
A propos, Alpha Condé a déclaré: « Je n’en suis pas sûr quand nous voyons le niveau de nos enseignants du secondaire. Je veux vous dévoiler quelque chose, M. le Premier ministre et c’est la vérité. En 2012, nous avons fait un test, dictée de CE2. Sur 750 enseignants, nous avons mis 20 fautes je dis bien CE2, c’est-à-dire pas CM1. Sur 750 enseignants de l’éducation nationale, 75% n’ont pas pu trouver les 20 fautes. Et sur les 75% aussi, 25‰ ont ajouté des fautes. Alors comment voulez-vous enseigner les gens, leur permettre d’avoir accès au certificat d’étude quand vous n’êtes même pas capable de corriger les CE2.Il est temps que le peuple de Guinée connaisse la réalité sur son enseignement. Quand je dis l’enseignement guinéen est malade, cela est une réalité. Alors le peuple de Guinée va connaître qui est qui. Les gens qui nous fatiguent et crient ne sont même pas capables de parler le français eux-mêmes. Comment voulez-vous qu’ils enseignent nos enfants quand ils ne sont capables de faire une dictée de CE2. C’est pourquoi nous allons faire les états généraux de l’enseignement. Et tous ceux qui ont l’accès à l’enseignement par méthode frauduleuse, copinage et qui n’ont pas de niveau, nous allons faire des tests pour qu’en fin nos enfants aient des enseignants capables de leur permettre d’avoir accès à la connaissance. Il y a beaucoup de gens qui se disent enseignants et qui sont assis et touchent des soldes des enseignants. Il faut que le peuple de Guinée sache que son éducation est malade. Monsieur le Premier ministre Souaré, vous qui faites la promotion des enseignements, ayez le courage de dire au peuple de Guinée que son école est malade. Alors si Conakry, Capitale Mondiale du Livre est une occasion d’amener la jeunesse guinéenne à s’intéresser à la lecture et au savoir, il faut lui donner des enseignants capables ».

Almamy Kalla CONTE

664 26 13 70

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