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Le milliardaire breton est entendu depuis mardi pour des soupçons de corruption sur l’attribution, en 2010, à son groupe de concessions portuaires en Guinée et au Togo.
Vincent Bolloré puisqu’il s’agit de lui a été finalement placé en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire pour « corruption d’agents publics étrangers » portant sur les conditions d’obtention des terminaux à conteneurs obtenus par le groupe Bolloré à Conakry, en Guinée et à Lomé, au Togo.

La garde à vue de Bolloré et de ses co-accusés a été prolongée ce mercredi, selon une source judiciaire citée par Reuters.
Cette nouvelle qui est tombée comme un couperet sur la tête du chef de l’Etat mardi quand il se réveillait, selon les indiscrétions du palais Sekhoutouréah, a laissé le président Alpha Condé amorphe. Il est depuis sans voix, sans vivacité, sans énergie et pour cause. Depuis la grève dans le secteur éducatif, Alpha Condé a beaucoup parlé. De la grève sauvage qu’il parlait au début, en passant par le licenciement du meneur de la grève, Aboubacar Soumah, des discours musclés et son intervention qualifiée d’inappropriée du 22 avril dernier au palais du peuple qualifiant les enseignants de « nullards », le chef de l’Etat guinéen avait presque vidé sa gibecière de discours, que certains observateurs n’hésitent pas à qualifier de creux.
Pour le dire en un mot comme en mille, Alpha Condé a réglé le compte de tous ceux qui « l’embête » comme Aboubacar Soumah et le chef de file de l’opposition, Mamadou Cellou Diallo qu’il accuse de mettre les enfants d’autrui dans la rue lors des manifestations et se victimiser après des morts d’homme de « ses militants armés ». Soit.
Pour revenir à l’acquisition du contrat du Port Autonome de Conakry, il faut dire que le président Alpha Condé avait utilisé la méthode forte en 2011, avec la garde présidentielle qui est partie séquestré les biens et les installations du groupe NECOTRANS, vider les travailleurs du port, confisquer les biens, avant qu’un décret ne tombe un samedi nuit pour attribuer le contrat d’exploitation du port de Conakry au Groupe Bolloré, sans aucune autre forme de procès.
Ce qui n’est pas habituelle, puisque même au plus fort moment de la « gestion folle » du régime du feu général Lansana Conté entre 2003 et 2008, les décrets ne tombaient pas les samedi et dimanche.
Au moment des faits, ils sont nombreux les guinéens qui avaient parlé de la manière « gangster » et de la méthode « Coué » du nouveau président qui cherchait à récompenser ses amis et compatriotes français.
Il n’était donc pas étonnant pour les guinéens d’entendre qu’une information judiciaire était ouverte à Paris contre le Groupe Bolloré pour corruption en Guinée.
A propos, il est vrai que le président Alpha Condé se vante des progrès enregistrés, de sa gouvernance et de son leadership. Mais forte est de constater qu’entre les discours du président et la réalité sur le terrain, il y a vraiment une distance océanique.
De l’avis de nombreux guinéens, la corruption se passe à ciel ouvert en Guinée. Sans compter des nominations à caractère ethnique et régionaliste, comme dans le secteur de l’éducation où ne sont recrutés que des militants du RPG ainsi que de leur famille.
En tout cas, du mémoire des guinéens, jamais un Ministre ou haut cadre de l’Etat n’a été inquiété sous le magistère du président Alpha Condé pour fait de corruption.
Le cas du Ministre Ibrahima Kourouma en est une parfaite illustration. Non content de mettre le système éducatif guinéen et des détournements de deniers publics avec des hectares de domaine achetés par l’argent du contribuable guinéen, il est débarqué du département en charge de l’éducation nationale par Alpha Condé pour être bombardé Ministre de l’urbanisme et de l’habitat.
En attendant, les guinéens n’ont de choix que la souffrance avec le bradage des mines dont (14 sociétés minières à Boké) et de toutes les ressources naturelles du pays.
Le Port, l’aéroport et plusieurs contrats de l’Etat sont donnés aux amis, moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes.
Mais avec les derniers développements de la situation sur le terrain, il ne sera pas exagérer de dire que le président alpha Condé et ses cadres véreux seront un jour rattrapés par leur passé peu envieux et honorable.

Mohamed Soumah

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