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A l’issue de deux jours et une nuit en garde à vue dans les locaux de l’office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales de Nanterre à Paris, l’industriel Vincent Bolloré a été présenté aux magistrats du pôle financier, qui ont décidé de le mettre en examen, mercredi 25 avril, pour « corruption d’agent public étranger, complicité d’abus de confiance et faux et usage de faux ».
Toutefois, Vincent Bolloré n’a pas été placé sous contrôle judiciaire. Qu’à cela ne tienne, il est présumé innocent.
En Guinée, le président Alpha Condé reste toujours muet, ses lieutenants qui le défendent à corps et à cris comme le très controversé Tibou Camara sont aussi muets comme une carpe. Mais pour le cas de Tibou, on le comprend. Son combat était le remaniement gouvernemental pour espérer un hypothétique poste ministériel, c’est tout.
En tout cas, tout porte à croire qu’il ne porte pas Alpha Condé dans son cœur, juste une question d’intérêt, de survie, affirment certains observateurs.
Dans tout ça, ne compter surtout pas sur le RPG, parti au pouvoir pour parler de cette affaire de Bolloré qui agace, apparemment.
Justement en parlant du président Alpha Condé, il faut dire que le chef de l’Etat guinéen a perdu la voix depuis mardi matin. Alors que l’actualité du mois de mars 2011 lui rattrape. Pourtant, la voix du président Alpha Condé prenait une intonation dolente et uniforme, enflant les mots depuis la fin de la grève des enseignants. Il aime parler de ses prouesses de loin supérieure à 50 ans de ses prédécesseurs à la tête du pays, des réalisations faites, son leadership pour faire avancer le pays. N’en déplaise selon lui à l’opposition qui met les enfants d’autrui dans la rue pour amener les investisseurs à ne pas venir en Guinée. Soit.
Pourquoi le président Alpha Condé ne parle pas de cette affaire pour donner sa version des faits ?. C’est du moins la question légitime que les guinéens se posent et pour cause. C’est bien lui, le président Alpha Condé qui avait mandaté la garde présidentielle d’aller prendre en otage le matériel du groupe Nécotrans avant de mettre le personnel hors du Port Autonome de Conakry. C’est lui le président CONDE qui avait pris un décret, un samedi nuit pour résilier le contrat du Groupe Necotrans au profit de Bolloré, sans appel d’offres, sans aucune autre forme de procès.
Comme pour dire que la conférence de presse du président Alpha Condé est vivement attendue pour éclairer la lanterne des guinéens qui n’ont que trop souffert de la corruption, du népotisme, détournements de deniers publics et la mauvaise gouvernance sous le magistère du président Alpha Condé. Ce, depuis le 21 décembre 2010.

Ousmane Cissé

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