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Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est plus la sérénité habituelle pour les Ministres et hauts cadres des administrations africaines qui avaient l’habitude de placer des fonds dans des paradis fiscaux à l’étranger.
Après plusieurs pays, c’est autour de la Guinée d’être sur la sellette. En effet, la ministre guinéenne de l’Agriculture, Mariama Camara, connue sous le nom de Mariama Soguipah a été condamnée vendredi par un Tribunal Suisse à 20 mois de prison avec sursis. Ce n’est pas tout car elle doit aussi payer 12.000 euros d’amende.
La justice Suisse confisque également ses avoirs à hauteur de 300.000 euros.
Cette affaire du moins embarrassante pour Mariama Camara remonte en 2000 alors qu’elle était à la tête de la Soguipah, une entreprise spécialisée dans la production de café, de l’huile de palme et du caoutchouc.
Dans le verdict, le tribunal estime que Mariam a « en sa qualité de fonctionnaire publique, sollicité auprès du groupe SOCFIN une rémunération ». Une demande acceptée par le groupe qui exploitait les plantations de la société guinéenne de palmiers à huile et hévéa. Mariama Camara, selon le verdict aurait donc perçu 6% du prix de vente du caoutchouc. Le montant a été versé sur ses comptes dans les paradis fiscaux, une somme de 4,2 millions d’euros transférée dans des comptes en France et en Suisse, précise l’empereur des poursuites dans sa plaidoirie.
La question qui taraude maintenant les esprits est de savoir quelle sera la réaction du président Alpha Condé et surtout du Premier Ministre, Ibrahima Kassory Fofana qui s’est fixé pour objectif de lutter contre la corruption.
En tout état de cause, du mémoire des guinéens, le président Alpha Condé en 8 ans de présidence n’a jamais lever le petit doigt contre ses cadres pour fait de corruption. Sinon, l’actuel Ministre de l’Habitat, le très controversé Ibrahima Kourouma devait être en prison. Non content d’avoir mis le système éducatif guinéen à terre, il s’était aussi livré au pillage systématique des deniers publics. En achetant des hectares de domaines à Conakry et en construisant plusieurs maisons avec l’argent du contribuable guinéen.
En attendant d’avoir le cœur net, il faut dire que pour de nombreux observateurs, la révocation de Paul Moussa Diawara et Sékou Camara relève plutôt d’un règlement de compte politique que de la volonté réelle de lutter contre la corruption. L’affaire du Ministre de l’élevage Patrick Roger Millimono et la réaction de la communauté Kissia, passe par là
Kassory, Monsieur anti-corruption doit donc donner de la Voix.
Ousmane Cissé

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