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Comme annoncé par votre quotidien en ligne, l’ordre des avocats de Guinée a animé une conférence de presse ce mardi à la maison des journalistes de Coleah pour donner sa position face à la crise qui secoue la Cour Constitutionnelle.
A l’entame de ses propos, le bâtonnier Me Mohamed Traoré a fait observer que les juges de la Cour Constitutionnelle sont encore appelés les « Sages de la République ». A ce titre déclare le conférencier, le barreau est du coté de la légalité. « Il n’est ni du coté de Kelèfa Sall, ni du coté des juges grognards ».
Dans la même lancée, au nom du conseil de l’ordre des avocats de Guinée, Me Traoré affirme que le communiqué de la Cour Constitutionnelle lu sur les ondes de la télévision nationale lundi soir estimant que Kélèfa n’est pas destitué en sa qualité de président, mais de membre de l’institution, n’est pas fondé, affirmant que  l’empêchement désigne un obstacle de fait ou de droit, temporaire ou définitif, à l’accomplissement d’une mission ou à l’exercice normal par un titulaire d’une fonction publique. A titre d’exemple, l’article 40 de la constitution stipule à propos du président de la République : « est considéré comme empêchement définitif, l’incapacité physique ou mentale dument constatée par un collège de médecins spécialistes rendant le président de la République inapte à exercer les charges de sa fonction ». Cette disposition de la loi est valable pour le président de la Cour Constitutionnelle. Et en l’espèce renchérit le barreau, ce que les membres de Cour Constitutionnelle considèrent comme un empêchement résulte de leur propre fait étant entendu par ailleurs qu’ils se sont donné le pouvoir de constater l’empêchement définitif allégué.
Cette attitude des medias d’Etat affirme le conférencier prouve qu’en Guinée, le pouvoir veut assujettir et domestiquer toutes les institutions Républicaine, selon le bâtonnier de l’ordre des avocats. En se fondant sur la loi relative à la Cour Constitutionnelle, il n’est nulle part indiqué que le président de l’institution peut être destitué par une motion de défiance. Ça n’existe nulle part, comme voudrait le faire croire les signataires de la motion. Au regard de la loi sur la Cour Constitutionnelle, notamment la loi organique, un membre de la Cour Constitutionnelle est justiciable seulement devant la Cour Suprême, pas par les juges de l’institution.
Au regard de ce qui précède donc, l’ordre des avocats de Guinée rappelle que par ses attributions, la Cour Constitutionnelle est une institution républicaine fondamentale pour une société qui se veut démocratique, c’est justement en considération de son rôle que ses membres sont appelés les « sages », peut-on lire dans le communiqué.
Le barreau invite les membres de la Cour Constitutionnelle : à être et demeurer à tous égards et en toute circonstances exemplaires et légalistes, à plus de sérénité et de responsabilité afin d’éviter de se livrer en spectacle aux yeux de la communauté nationale et internationale.

Les juges de la Cour sont également invités par  le conseil de l’orde des avocats de Guinée au respect de la légalité constitutionnelle au-délà de toute autre considération.

Mohamed Soumah depuis la maison de la presse pour Guineelive

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