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La coalition guinéenne « Publiez ce que vous payez Guinée » en collaboration avec le PROJEG, projet de renforcement des capacités des jeunes ont pendant trois ans mené une enquête sur les sociétés minières évoluant en Guinée.  C’est dans le cadre de la campagne mondiale pour la bonne gouvernance dans le secteur minier. L’enquête de trois ans  de la société civile sur le respect du code minier guinéen a porté sur huit sociétés minières que sont Rusal, CBG, Somalu, SMD, SAG, SFMG, MAV et CARD,  révèle que les communautés qui abritent les sociétés minières comme la préfecture de Boké meurent à petit feu. Selon un confrère évoluant dans une radio locale à Boké, il y a une quinzaine de sociétés minières qui évoluent dans la préfecture. D’après l’enquête, les cinq grandes sociétés minières du pays ne sont assujetties au paiement de taxe,  les sociétés ne sont pas en phase avec le nouveau code minier, les conclusions du comité technique de revue des titres et conventions miniers mise en place en 2012, pas publiés, l’assemblée nationale ratifie les conventions dans la plus grande opacité.

Ce n’est pas tout, car malgré  la loi de 2013, la SAG qui devait payée 17 milliards 861 millions 892 mille en 2017 n’a payé que 8 milliards 962 millions 601 mille et fonctionne encore sur le code minier de 1995 avec 0,4 pour cent du chiffre d’affaire alors que le nouveau code minier parle de 1 pour cent

Sur la quinzaine de sociétés minières qui évoluent à Boké, une dizaine passe directement à la phase d’exploitation, sans étude d’impact environnementale.  Alors que selon le code minier, les taxes sont payées avant et pendant l’exploitation.

Avec cinq routes minières à Boké, nombreux sont des villages qui ont été déplacés systématiquement et des sites sont situés à moins de 5 km des villages alors que la loi est formelle sur l’éloignement des sites d’exploitation. Conséquences, des maisons fissurées, routes dégradées. Les opérateurs miniers se substituent aux collectivités locales pour les actions de développement local, impacts négatifs des projets miniers sur l’environnement, rivières, plantations, champ de culture dévastés et déplacés, pas d’eaux potables dans les villages impactés par l’exploitation minière, tarissement de dizaine de cours d’eau,  accès difficiles pour les journalistes aux informations, des pressions sur des  forêts des communautés.

Enfin, le rapport de publiez ce vous payez Guinée mentionne que les sociétés minières n’appliquent  pas ou appliquent partiellement le contenu du code minier. Ce qui fait souvent la frustration des populations conduit à des revoltés.

Kalla Conté

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