Partager

Le Représentant résident du FMI, fonds monétaire international a présenté ce mercredi, le résultat de l’étude des perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne. Dans cette étude, l’accent a été mis sur les flux de capitaux et l’avenir de l’emploi.
Cette présentation qui a eu pour cadre la salle de conférence du Ministère de l’Economie et des Finances s’est déroulée devant les cadres des Ministères de l’Economie et des Finances, du Budget, cadres de la Banque Centrale et des régies financières de l’Etat.
Dans sa présentation, le Représentant du FMI, José Souleymane a déclaré que des progrès sont certes réalisés, mais des problèmes sont encore beaucoup plus nombreux, notamment en termes de création d’emploi pour les jeunes en Guinée.
L’environnement extérieur reste moins favorable, les conditions financières se sont durcies avec une hausse des écarts du taux d’intérêt des sorties de capitaux, la volatilité des échanges. Ce n’est pas tout car dans les pays étudiés dont la Guinée, l’endettement et l’utilisation des fonds se posent avec acuité.
Pour le cas précis de la Guinée, les structures de transfert d’argent ne sont pas encore maitrisées. A ce jour, le taux d’endettement selon le Représentant résident du FMI de la Guinée est de 38% du PIB, produit intérieur brut. Il est difficile pour les pays situés en Afrique Subsaharienne dont la Guinée de s’acquitter de leurs dettes et de leurs obligations.
Ce n’est pas tout comme problème puisque la croissance reste faible.
Selon la base des données des perspectives de l’économie mondiale du FMI, il faut absolument réduire la vulnérabilité liée au service de la dette. En Guinée, force est de reconnaitre qu’après l’obtention du PPTE, la dette est repartie en flèche.
Comme solution, le FMI préconise une utilisation judicieuse des fonds issus de la dette, une croissance plus forte et des financements élevés qui sont nécessaire pour sortir la Guinée de sa léthargie.
Répondant aux nombreuses inquiétudes du Représentant résident du FMI en Guinée, les cadres guinéens présents à la rencontre estiment que la croissance économique du pays est plutôt bonne avec 9,9% en 2017.
Le chef de cabinet du Ministère de l’Economie et des Finances, Bakary Sylla pense que les études réalisées par le FMI ne sont pas adaptés au contexte et à la réalité de la Guinée.
Dans la même lancée, il souligne que le service de la dette de la Guinée est meilleur que certains pays de la sous région, comme la Cote d’Ivoire qui frôle selon lui les 70%.
Le rapport aux dires de M.Sylla aurait gagné en qualité si certains points avaient été pris en compte. Sans donner de précisions sur les poinst oubliés par le FMI.
Le Directeur général des études et des statistiques de la banque centrale, Ahmed Tidjane Diallo, a déclaré pour sa part que la Guinée a perdu 1,6 milliards de dollars en 25 ans avec le service de la dette. Il ne trouve pas normal à son tour que l’endettement de la Guinée soit incriminé par le FMI alors que des conditions de remboursement drastiques sont appliquées au pays.
Karamokoba Camara, ancien Ministre de l’Economie et des Finances et Conseiller au dit département a, quand à lui exprimé des inquiétudes par rapport au service de la dette. Il a demandé aux institutions financières internationales de se conformer aux réalités économiques des pays à faible revenus.
Le secrétaire général du Ministère de l’Economie et des Finances, lui s’est interrogé sur l’utilisation judicieuse des fonds de la dette et la stabilité politique en Guinée. La stabilité selon lui reste un facteur déterminant pour le progrès social.
En réponse à toutes ces critiques formulées sur les études économiques et financières réalisées par le FMI sur les 180 pays membres de l’institution, le Représentant du fonds monétaire international en Guinée, José Souleymane a été plutôt catégorique. Il appartient selon José à la Guinée de faire son boulot correctement dans la mobilisation des ressources financières, dans la gestion transparente des fonds et l’utilisation des fonds issus du service de la dette à des fins utiles pour le pays. Notamment dans la réalisation des projets qui booste l’emploi et la création de richesse.
Pour terminer, José Souleymane a souligné que ce n’est pas au FMI de décider à la place de la Guinée, mais plutôt au pays de décider de ses perspectives économiques dans le respect des engagements internationaux.
Le Ministre de l’Economie et des Finances, Mamady Camara sur la photo appréciera sans doute.Mohamed Soumah

Partager