Alors qu’il était prévu le mercredi, 19 décembre 2018, le procès des communicants du RPG et de l’UFDG, a été reporté par le tribunal correctionnel de Kaloum.

Pour cause, un changement est intervenu dans les rangs des magistrats de siège et de parquet en charge du dossier.

Mais la Cellule Balai Citoyen, partie civile dans cette affaire,  dit n’avoir pas compris les raisons qui ont prévalu.

« Si vous voyez que le juge Hafia s’est abstenu et que le dossier a parachuté sur la table de la présidente (Mariama Doumbouya, ndlr), c’est qu’il y a des mains noires qui sont intervenues et qui cherchent à protéger les prévenus », a indiqué maitre Faya Gabriel Kamano, avocat du Balai Citoyen.

De l’autre côté, les prévenus Mohamed Lamine Kaba, Ibrahima Kallo, Mamady Kaba, Mamoudou Traoré, Mamadou Aliou Goubhoye Diallo et Ibrahima Korbonya Baldé ont brillé par leur absence alors qu’ils devaient comparaître pour les propos qu’ils ont ténus au lendemain des élections communales sur les réseaux sociaux, constituant une incitation à la violence.

Leur non présence alimente le doute de la partie civile en ces termes : « Ça relève de la curiosité, parce que ce dossier a été débattu à la première audience et renvoyé à date fixe. Donc, les prévenus étaient censés être là avec leurs conseils, tout comme le Balai Citoyen en tant que partie civile. Mais, la première surprise qu’on a constatée est que, l’audience précédente, le dossier a été confié au juge Boubacar Hafia Bah et c’est le Procureur Abdoulaye Israël Kpoghomou qui était le procureur poursuivant, le procureur audiencier. Mais, curieusement, nous constatons aujourd’hui au rôle, qu’au lieu du juge Hafia, qui a débattu une première fois le dossier, C’est la présidente du tribunal elle-même qui a le dossier. Et que, au lieu du procureur Kpoghomou, c’est le procureur Ousmane Sankhon que nous voyons comme procureur audiencier. Du point de vue parquet, je pouvais comprendre parce que le parquet est indivisible. Mais, en ce qui concerne le juge, c’est vraiment inacceptable et impensable ».

 « Dès lors que le juge a évoqué le dossier, les débats se sont tenus devant lui, il ne peut s’abstenir de connaitre le dossier ou il ne peut ne plus poursuivre le dossier que lorsqu’il est récusé. Or, dans cette affaire, il n’y a aucune récusation. J’ai rencontré le juge qui nous a dit qu’on lui a demandé de rende le dossier. Il n’a pas précisé c’est qui, mais il faut entendre par là la hiérarchie. Parce qu’il sait que, dès lors qu’il a un dossier, il avait l’obligation de continuer à le juger sous peine d’être coupable d’un déni de justice. Mais, si vous voyez qu’il s’est abstenu et que le dossier a parachuté sur la table de la présidente, c’est qu’il y a des mains noires qui sont intervenues et qui cherchent à protéger les prévenus », a renchéri l’avocat.

A rappeler que les prévenus sont tous poursuivis pour  menaces, invectives, injures, production, diffusion et mise à la disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public ou la sécurité publique ou à porter atteinte à la dignité humaine par le biais d’un système informatique.

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