Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef de l’Etat guinéen a reçu un appel triomphale à son retour dans la capitale guinéenne. Ses militants et une écrasante majorité des guinéens lui rendaient ainsi hommage suite à son élection à la tête de l’union africaine. Lisez plutôt.
Le Président Alpha Condé a tout d’abord remercié les populations de Conakry pour cette grandiose mobilisation0 Pour lui, ce qui important, ce sont les avancées enregistrées au cours de ce sommet avec à la clef l’unité des Etats africains et les reformes engagées. dans cette optique, Alpha Condé a rendu un vibrant hommage aux pionniers de l’Organisation pour l’unité africaine (OUA), actuelle Union africaine (UA).
«Ce n’est qu’un juste retour des choses. Je suis fier au nom de la Guinée que le Maroc soit revenu à l’Union Africaine (UA) en se retrouvant ainsi parmi tous les pays fondateurs de l’OUA qui est notre deuxième organisation. Nous ne devons pas oublier que le premier secrétaire général de l’OUA fut Diallo Telly (…). Le sommet aurait pu se tenir ici en 1964 mais, Dieu ne l’a pas voulu (…) Ce qui est important, ce n’est pas de savoir qui est président ou qui ne l’est pas. Ce sont les avancées extraordinaires que cette assemblée a apportées à l’Afrique.
La première : c’est notre indépendance financière (…) En cet effet, l’Union Africaine était financée à plus de 70% par les puissances extérieures. Comment voulez-vous que vous soyez indépendants alors que vous n’êtes pas indépendants financièrement ? Nous avons chargé le Président Rwandais Paul Kagamé de nous faire des propositions afin que nous assumions nous-mêmes nos responsabilités. C’est-à-dire le financement de l’Union Africaine. Ce qui s’est fait par l’obtention de 0, 20% des importations. Ça, c’est un acquis fondamental parce que sans indépendance financière, il n’aura pas d’indépendance.
La deuxième : ce sont les reformes que le Président Kagamé a été chargées de proposer qui ont été toutes adoptées par le sommet.
La troisième : le monde se demandait si on arriverait à mettre en place une direction de la commission puisque nous ne l’avons pas réussi à Kigali. Cela s’est très bien passé et toutes les commissions ont été élues.
La quatrième : c’est l’unité. Les chefs d’Etats africains ont montré qu’une fois, ils peuvent avoir des divergences. Et que cela ne peut pas leur empêcher de s’unir face à tous les grands défis auxquels l’Afrique est confronté aujourd’hui. Nous sommes plus d’un million d’habitants, si des interventions des casques bleus sont orientées en Afrique, 70% des discussions au Conseil de sécurité, c’est en Afrique. Alors, comment l’Afrique ne peut pas se présenter au Conseil de sécurité ? C’est pourquoi, j’ai demandé qu’on charge le Président Jacob Zuma d’être notre porte-parole afin qu’on rende justice à l’Afrique au niveau de l’Union Africaine.
Le président Ougandais a été chargé de négocier avec l’Union Européenne afin que des intérêts de nos enfants et des femmes soient bien défendus.
Nous avons chargé le président Tchadien Idriss Déby de s’occuper du problème du respect de nos différentes résolutions prises au cours de ce sommet et nous rendre compte des avancées lors du sommet à venir au mois de juin.
Nous avons chargé le président Zambien d’être notre le champion ou le leader pour la lutte contre le mariage précoce des jeunes filles. Il doit lui aussi, nous faire un compte-rendu des progrès réalisés par l’Etat. D’ailleurs, cela va obliger les Etats qui n’ont pas progressé de progresser. Parce que nous allons mettre à la face du monde, que tel chef de l’Etat a progressé tel n’a pas progressé.
Nous ne pouvons pas avancer si nous n’avons pas un marché commun. C’est pourquoi, nous avons chargé le Président du Niger pour être le leader du libre-échange afin que le commerce inter-africain devienne l’essentiel. Voilà donc les avancées de ce sommet.
Tout le monde pensait que le retour du Maroc allait faire éclater l’Union Africaine (…) Mais tel n’a pas été le cas grâce à la hauteur des dirigeants africains. Ce sommet a été tourné autour de quatre mots fondamentaux. Solidarité, unité, liberté, égalité. Je suis heureux de l’enthousiasme que le peuple de Guinée m’a montrée depuis l’aéroport jusqu’ici. Cela démontre que vous êtes prêts pour le combat. Que ce combat commence par la transformation de la ville de Conakry. Comment pouvons-nous accueillir tous les chefs de l’Etat Africains si nous avons des saletés partout dans la ville. Donc, il s’agit de changer notre comportement (…) Votre premier défi n’est pas de m’accompagner mais, c’est plutôt de faire en sorte que la Guinée soit la capitale de l’Afrique».