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Brison le silence: la fondation Diaka Camara lance la campagne de sensibilisation contre les violences basées sur le genre

Il n’est secret pour personne que les femmes du monde en général et celles de Guinée en particulier subissent des violences sous toutes ses formes ( harcèlement sexuel, mutilation, mariage précoce, viol…). Pour changer la donne en Guinée, la fondation Diaka  Camara pour l’éducation s’est engagée dans le combat.

Ce jeudi 11 mars 2021,  elle a organisé une table ronde qui avait pour thème : » brison le silence dans la lutte contre les violences basées sur le genre« .

Cette  rencontre qui se veut un espace de dénonciation, de débats et de proposition de solution a connu la participation d’un nombre important de de panélistes dont entre autres la ministre du droit et de l’autonomisation des femmes, Hawa Béavogui, le ministre de l’information et de la communication, Amara Somparé, le coordonnateur du système des nations unies en Guinée, Vincent Martin, la directrice générale de Guinéa Alumina corporation (GAC), madame Diallo Aissata Béavogui, Joséphine loly Tinguiano, substitut du procureur de Mafanco et le représentant de l’organisation internationale pour la migration (OIM) Idrissa Somparé.

Dans son intervention de circonstance, la présidente de la fondation, Diaka Camara a situé l’assistance sur l’objectif visé par cette campagne.

« Aujourd’hui, la fondation vous a convié au lancement de la campagne de communication et sensibilisation  » brison le silence » autour des violences basées sur le genre. Notre objectif à travers cette campagne, c’est de briser le tabou. De donner la parole à toutes ces survivantes de ces violences, afin qu’elles puissent partager leurs récits et aussi inspirer d’autres à faire d’elles-mêmes. On aimerait vraiment que ces femmes, ces victimes de ces différentes violences sachent qu’il y a des moyens de recours, la loi prévoit ces genres de cas. Mais, il est important pour  toutes ces survivantes de se saisir de cette loi« .

D’après elle,  » « brison le silence » c’est de dire haut et fort ce que les gens disent tout bas. C’est de montrer au monde le visage terrible de ces violences (le mariage précoce, l’excision, le viol, le harcèlement sexuel) dans le milieu scolaire,  dans le milieu professionnel et la violence domestique ».

Concernant le déroulement de cette campagne, elle a dit : »C’est la première phase de la campagne qui est la communication. Nous allons mettre dans toute la ville des panneaux publicitaires avec des images qui démontrent ces différentes violences et aussi des images de personnalités et des citoyens lambda qui ont bien voulu s’associer à cette campagne y compris la première dame de la République qui reste et demeure la première protectrice du droit des femmes et des enfants en Guinée. Nous aurons aussi des capsules sur les réseaux sociaux et des télés qui seront composées de spots de sensibilisation, afin de sensibiliser, informer autour des violences basées sur le genre« .

Répondant à une question d’un journaliste sur la situation des femmes de l’intérieur du pays, elle a déclaré ceci : »C’est important que les gens comprennent que la violence basée sur le genre touche toutes les couches. Ça n’a ni couleur, ni statut social. Que ce soit les femmes en milieu rural ou les femmes à Conakry, tout le monde est concerné. Nous avons l’intention de faire des ateliers de sensibilisation et de dénonciation sur toute l’étendue du territoire. Personne ne sera oublié dans cette campagne. Par exemple une des femmes qui figure sur nos affiches est une femme qui sèche le poisson à Boulbinet. C’est pour vous dire que la violence n’a ni couleur, ni statut social. Et, toutes les femmes et les jeunes filles de Guinée sont concernées directement et le reste de la société est concernée de manière indirecte« .

La Ministre des droits et de l’autonomisation des femmes, Hawa Béavogui a parlé de la violence faite à la couche féminine. Selon elle, la mise en place d’une participation intégrée dans l’intérêt de ces femmes qui sont victimes de violences est une nécessité. » Parce que s’il y a recrudescence de violence ça pourra freiner considérablement le processus d’autonomisation des femmes« .

D’après la patronne du département de l’autonomisation et des droits, cette violence n’est pas que physique, elle est aussi économique. « Donc, il faudrait que tout le monde se mobilise à savoir les partenaires techniques et financiers, les ONG locales ou internationales puissent s’aligner sur les différentes stratégies afin de sortir davantage les financements appropriés dans le cadre de la mise en oeuvre des activités en cours« , souligne t-elle. 

Avant de conclure ses propos, elle a dit : » je ne viens pas prendre un engagement. Mais , cette autre activité vient  en appui pour la mise en œuvre de la politique générale du gouvernement dans le domaine de la protection des droits ainsi que l’autonomisation des femmes. La fondation Diaka Camara, a pris l’initiative de pouvoir organiser cet important panel. je me dis que cela vient à point nommé pour l’atteinte de nos objectifs visés. Si plus de femmes sont sensibilisées et s’approprient du contenu des droits reconnus par les différentes lois et des traités internationaux, c’est ce que nous recherchons« 

De son côté, le représentant de l’OIM, Idrissa Somparé a déclaré que cette action de la fondation est noble et mérite l’accompagnement de tous. »OIM, aujourd’hui dans le cadre de ces programmes de réponse aux problématiques liées aux violences basées sur le genre, mais aussi à la traite des personnes dont sa réponse prévoit une sensibilisation. Donc, ici nous allons accompagner ce programme afin d’élever les consciences« .

Comme pour dire que cette action mérite une attention particulière, le coordonnateur du système des nations unies en Guinée, Vincent Martin a aussi rassuré de l’accompagnement de son institution.

Zézé Guilao