Pendant que les syndicalistes et associations de presse étaient en conclave pour trouver des solutions face au musellement de la presse, le Ministre du Budget s’est exprimé aussi ce mardi 6 février 2024 sur les actions qui ont amené le Gouvernement à « censurer » certains médias et à limiter l’accès à internet en Guinée.
Dr Lancinet Condé a pris des exemples ailleurs, notamment en France pour justifier l’injustifiable : « J’ai suivi le mouvement des gilets zones en France, je mets au défi quiconque me dit que l’internet marchait. Lorsqu’il y a péril et des gens s’amusent à allumer le feu à petits coups tous les matins, il faudrait bien qu’un moyen soit trouvé pour que la passion rebaisse. Le Gouvernement a fait face à ses responsabilités et les assume.
Une journée d’instabilité liée à des choses fabriquer de toutes pièces peut coûter. Il faudrait que ce travail d’introspection puisse se faire et que la déontologie de votre métier soit renforcée (…)
Bien sûr, vous aurez des gens de la presse internationale qui vont encourager à brûler votre pays, mais après, ils prennent leur avion et s’en vont… tout ce qui peut mettre la nation en péril, le gouvernement a le devoir de prendre ses responsabilités et d’assumer ». Soit.
Toujours est-il que le Ministre du Budget n’a rien dit sur la non tenue des élections en Guinée, le non respect des accords signés librement par le gouvernement, la cherté de la vie, la corruption à grande échelle, les marchés publics de gré à gré, des nominations communautaires, excusez du peu la liste est longue.
Ces pratiques qui fragilisent chaque jour le tissu social et plongent la Guinée dans l’abîme et l’incertitude des lendemains meilleurs, ne sont pas à dénoncer.
Il reste maintenant à savoir si la censure de la presse est une réponse à la mal gouvernance érigée en système de gestion par la junte dirigée par Mamady Doumbouya.
Ousmane CISSE