COMMUNICATION DE L’INTERSYNDICALE DE L’ÉDUCATION ( FSPE , SLECG, SNE) SUITE À L’ARRESTATION MUSCLÉE D’UN ENSEIGNANT À KALOUM.
Les Secrétaires généraux de l’Intersyndicale de l’Éducation ( FSPE , SLECG , SNE) étaient présents ce jeudi , 16 mai 2024 dans la salle d’audience du tribunal de première instance de kaloum pour assister au procès du camarade Mamoudou Cyfo kétouré professeur de français et de philosophie au lycée 28 septembre délocalisé à l’école primaire Tombo 1. C’est dans une salle d’audience pleine d’enseignants que le procès a commencé en présence des autorités communales de l’éducation , entre autres , Monsieur le DCE de Kaloum et son adjoint, le proviseur du lycée 28 septembre et ses adjoints et les secrétaires généraux de l’intersyndicale de l’éducation et certains membres des différents bureaux exécutifs nationaux sans oublier la présence massive de la presse nationale et celle internationale.
Les charges retenues contre le camarade Kétouré sont entre autres : troubles à l’ordre public et diffamations de caractères à l’endroit du gouvernement pour avoir prononcé dans les médias l’expression « banditisme gouvernemental >> en voulant parler selon lui de ceux qui se servent de la situation des sinistrés de coronthie pour s’enrichir .
Le procureur de la République, l’empereur des poursuites a essayé d’assoir la conviction de la juge qui fait office de présidente de séance en vain sur les éléments constitutifs de l’infraction à la loi pénale. Aucun élément matériel , légal , moral ou psychologique n’a été présenté devant la juge pour circonscrire notre camarade dans les liens de la culpabilité et l’intention coupable de commettre une infraction à la loi pénale.
Les avocats de la défense ont profité de cette faiblesse de l’accusation pour montrer le caractère illégal de cette arrestation de notre camarade dans l’environnement périscolaire du lycée 28 septembre mais aussi et surtout la justesse et la noblesse du combat du camarade Kétouré qui défend légitimement et légalement les sinistrés de Coronthie victimes de l’incendie du dépôt de carburant au mois de décembre 2023.
Maitre Mory Doumbouya, ancien Ministre de la Justice sous le President Alpha Condé , avocat de la défense dans ce procès , a tenté d’expliquer à la présidente que l’expression << Banditisme gouvernemental >> ne concerne pas l’autorité au plus haut sommet mais certains cadres qui s’enrichissent dans la misère des sinistrés en racontant des contre-vérités sur les médias d’ État , notamment la RTG comme quoi, les sinistrés sont tous d’accord sur les propositions faites par le gouvernement, ce qui sur le terrain ne se vérifie guère .
Il a ensuite mis un accent particulier sur le statut professionnel du camarade Mamoudou Cyfo Kétouré qui donne des cours aux élèves candidats à l’examen du baccalauréat session 2024. Raison pour laquelle il doit être libéré pour continuer de dispenser les cours et bien préparer ses candidats qui doivent affronter les épreuves de l’examen du baccalauréat dans quelques jours. C’est pourquoi , depuis son arrestation,les élèves de cet établissement sont dans la rue pour réclamer leur professeur.
Maitre Mory a démontré par tous les moyens que l’école est un sanctuaire inviolable et par voie de conséquence, des forces de sécurité ne peuvent pas s’y rendre pour arrêter illégalement un enseignant tout en l’humiliant devant ses élèves.
Par la suite , le procureur a allégé ses charges contre notre camarade en se limitant seulement à celle liée à la diffamation de caractère envers l’autorité par voie de presse.
Les avocats de la defense sont parvenus à déconstruire cette charge par des arguments solides à la satisfaction du public présent dans la salle
Pour finir , la conduite des débat a prouvé à suffisance que les charges étaient trop légères .
Les avocats de la defense ont fini par se remettre à l’intime conviction de la Juge en lui demandant de ne dire que le droit et éviter de cautionner une injustice et surtout de penser à ces élèves candidats qui sont dans la rue et les manifestations intempestives des populations du quartier coronthie. Pour eux la finalité du droit consiste à maintenir l’ordre social, la cohésion sociale et la quiétude sociale.
La Juge a finalement décidé de reporter l’audience à demain vendredi, 17 mai 2024 pour la délibération finale.
Notre camarade est reparti en prison à la maison centrale pour certainement y passer sa dernière nuit en attendant d’être fixé sur son sort demain.
Merci à toutes et à tous pour le soutien et la mobilisation.
Camarade salut !
La victoire appartient à ceux qui luttent.