L’ex-chef d’état-major général des Armées, le général Sadiba Koulibaly et 6 de ses gardes sont renvoyés devant le Tribunal militaire de Conakry après la folle journée du 04 juin où ces hommes lourdement armés ont attaqué son domicile.
A l’ouverture de son procès ce jeudi 13 juin 2024, le président du tribunal a rappelé aux accusés que sont (adjudant Naby Bangoura, caporal-chef Aboubacar Diallo, caporal Mohamed Koumbassa, caporal-chef Abou Koulibaly, caporal-chef Souleymane Keïta, caporal-chef Ganif Kourouma) qu’ils sont poursuivis pour détention illégale d’armes et le général Sadiba Koulibaly qui est renvoyé pour des faits de détention illégale d’armes et désertion à l’étranger.
Le général Sadiba Koulibaly qui réfute les accusations a notamment déclaré: quitté » j’ai quitté La Havane à Cuba le 22 mai via Miami puis la France avant de regagner Conakry le lendemain en raison de la disponibilité des vols.
« J’ai estimé que le ministère des Affaires étrangères ne pouvant pas être disponible, qu’à cela ne tienne, le samedi je lui ai écrit pour lui dire monsieur le ministre je suis déjà arrivé à Conakry et je souhaite vous rencontrer le plus rapidement possible et que votre agenda ne permet pas. Il m’a souhaité la bienvenue et ses portes sont grandement ouvertes et qu’il souhaiterait me recevoir le lundi 27 mai à 09h 30 au ministère des Affaires étrangères. Le lundi à 8h30 il m’a reçu dans les locaux du ministère des Affaires étrangères. Quand il m’a reçu après les salutations d’usage, je lui ai exposé les problèmes, je lui ai demandé avez-vous reçu les lettres? Il m’a dit oui qu’il a reçu toutes les lettres. Lui-même il m’a demandé vous vous êtes vu avec le patron (le président de la transition, Général Mamadi Doumbouya), je lui ai dit non, je dois rencontrer le patron parce que j’ai des problèmes personnels à lui poser.
Contre toute attente, la soirée du mardi 04 juin 2024 c’est le même ministre des Affaires étrangères qui m’appelle, mon général vous êtes où? Je lui ai dit que je suis à la maison. Qui vous a dit de venir? C’était totalement étrange pour moi, le temps pour moi de répondre, il dit non je passe le téléphone au président. Le président de la République me demande, il dit mon général qui vous a dit de venir? Est-ce que vous avez écrit avant de venir? Vous ne savez pas qu’il y a des procédures qui doivent être suivies avant de venir? Je lui ai dit monsieur le président je souhaiterais vous rencontrer pour que je vous explique le problème. De toutes les façons, j’ai dit, le ministre des Affaires étrangères qui est à côté de vous est mieux placé pour vous raconter toutes les péripéties depuis mon départ jusqu’à maintenant. Comme quelqu’un qui cherchait à sauver sa tête en enfonçant la tête d’une autre personne pendant que je parlais avec le président j’écoutais parce qu’on dirait que le téléphone était sur haut-parleur, il continuait toujours à envoyer des propos pour enflammer. Ensuite, j’ai dit à monsieur le président, je lui ai dit à part tout ça je ne crois pas avoir commis un crime qui puisse m’empêcher de venir en Guinée. C’est en ce moment que le président a cessé de parler avec moi. Le téléphone était maintenant avec le ministre des Affaires étrangères qui a continué à me traiter de tous les noms d’oiseaux, traître, déloyal de tout avant d’aller jusqu’à douter de moi. Il n’y a pas de mot qu’il n’a pas essayé et en réponse j’ai répliqué aussi. Ça s’est passé entre 16h et 17h c’est à l’issue de ça, c’est aux environs de 19h qu’un un détachement militaire composé d’éléments des forces spéciales et de la gendarmerie est arrivé à mon domicile à Kountia où ils ont commencé à tirer à tirer avec des armes lourdes pendant plusieurs heures. Ils ont détruit beaucoup de choses chez moi et jusqu’à présent, je n’ai pas un devis exact parce que j’ai envoyé un huissier faire le constat, mais ils ont refusé l’accès à ce dernier », enfonce l’ex-chef d’état-major à la barre.
Il reste maintenant à savoir si la peur va changer de camp.
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