Nuit du 31 décembre 2023 en Guinée : « 35% de jeunes filles, sur un échantillon de 1500, auraient perdu leur virginité »
Les fêtes de fin d’année sont souvent l’occasion de célébrations avec parfois des excès aux conséquences souvent dramatiques. Entre accidents sur la voie publique, consommation de stupéfiants et autres actes de débauche, les jeunes s’en donnent à cœur joie. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, Alsény Siby, conseiller matrimonial, révèle des chiffres inquiétants sur ce que subissent des jeunes filles à l’occasion de ces célébrations. Il affirme que de nombreuses jeunes filles « perdent leur virginité le soir du 31 décembre, souvent par manque d’éducation sexuelle ».
« Sur un échantillon de 1500 jeunes filles interrogées à travers tout le pays, 35% d’entre elles auraient perdu leur virginité le soir du 31 décembre 2023, souvent par manque d’éducation sexuelle ». C’est ce que révèlent les résultats d’une étude alarmante menée par Alsény Siby, conseiller matrimonial. Ses cibles sont toutes des célibataires, dont l’âge varie entre 18 à 25 ans exclusivement.
Ces résultats mettent en lumière un problème de société profond et complexe. Selon lui, cette étude qui s’est étalée sur près d’un an a touché toutes les régions naturelles du pays.
« Depuis plus de 10 mois j’organise des voyages d’études dans tout le pays pour aider les uns et les autres à avoir un certain nombre de notions sur la sexualité et sur l’orientation sentimentale. Donc, le constat est venu au-delà avec les multiples échanges que j’ai eus dans la plus grande discrétion avec ces jeunes filles. L’étude m’a conduit dans les quatre régions naturelles à savoir la Basse-Guinée, la Moyenne Guinée, la Haute-Guinée et la Guinée Forestière. Au final, j’ai eu à consulter mille cinq cent (1500) femmes dont l’âge varie entre 18 et 25 ans, qui m’ont affirmé avoir perdu leur virginité au soir du 31 décembre à la matinée du 1er janvier 2024 », déclare-t-il.
Poursuivant, le spécialiste en question sentimentale indique qu’il y a 90% de garantie de sexe dans les couples dans la nuit du réveillon. « Vous savez, ce n’est pas facile de faire parler les gens sur leur virginité. C’est pourquoi ça m’a coûté longtemps pour réaliser cette étude, soit plus de 10 mois d’enquête. Dans la nuit 31 décembre, il y a 90% de garantie liée à la sexualité dans les couples. C’est la nuit la plus sexuelle », souligne le coach matrimonial.
En Guinée, comme dans de nombreuses sociétés africaines, la sexualité reste un sujet tabou. Les parents hésitent souvent à aborder ces questions avec leurs enfants, laissant les jeunes filles désinformées et vulnérables. Les écoles ne proposent pas d’éducation sexuelle complète, ce qui prive les jeunes d’informations essentielles pour prendre des décisions éclairées. A l’occasion des fêtes de fin d’année, les jeunes filles sont souvent confrontées à des pressions de la part de leurs concubins pour avoir des relations sexuelles, notamment lors d’événements festifs du réveillon du nouvel An. Pour le consultant Siby, cette situation est souvent favorisée par un manque d’éducation sexuelle. « Cela veut dire que dans notre pays, nous sommes en retard par rapport aux enseignements sur la sexualité. Aujourd’hui, la plupart des enfants prennent leur propre curiosité sur les réseaux sociaux, à travers les amis (e) qui ont goûté le sexe. Le fait que les parents ne sont pas trop impliqués dans l’éducation sexuelle de leurs enfants, et même dans nos milieux scientifiques, scolaires, le fait qu’il n’y a pas un programme national lié à l’éducation sexuelle, donc les enfants font les choses par curiosité et par émotion dans les couples. Donc, la plupart d’entre elles, notamment les filles vierges, ne sont pas forcément préparées sur ce qu’il faut faire pour la préservation de leur virginité. Ça donne ce résultat. Elles sont abandonnées à la merci de la nature. C’est pourquoi chacune d’entre elles tire sa logique sur la question », a déploré Alsény Siby.
En outre, notre interlocuteur plaide pour une éducation sexuelle complète dans les écoles et dans les milieux scientifiques et scolaires pour stimuler le réveil de conscience chez cette couche vulnérable.
Source: Guineematin