Bann728x90

Guinée : une grâce présidentielle contestée par les ONG de défense des droits humains

La décision de gracier un ancien dictateur condamné en première instance suscite une vive indignation au sein des organisations de défense des droits de l’homme. Plusieurs ONG dénoncent une atteinte aux principes fondamentaux de justice et de responsabilité.

Selon M. Magango, représentant d’une organisation de défense des droits humains, « cette grâce sape les procédures judiciaires nationales et contrevient aux principes internationaux des droits de l’homme, qui insistent sur le droit des victimes à des recours effectifs ainsi que sur l’obligation des États à protéger et garantir les droits humains et de lutter contre l’impunité ».

Le Secrétaire général de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Me Drissa Traoré, a réagi avec fermeté, qualifiant cette décision de « signal désastreux, démontrant un mépris pour les principes fondamentaux de justice, de responsabilité et de lutte contre l’impunité ». Cette déclaration a été faite dans un communiqué commun publié avec l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (Avipa) et l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH).

Les trois organisations ont exprimé leur « profonde indignation » face à cette décision, estimant qu’elle « met en péril le processus de justice en cours » et va à l’encontre « des engagements nationaux, régionaux et internationaux » pris par la Guinée.

Condamné en première instance, l’ancien dictateur avait fait appel de cette décision judiciaire. Pendant ce temps, le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021, a annoncé le 26 mars la « prise en charge des frais d’indemnisation des victimes du massacre ».

Cette grâce présidentielle relance le débat sur la lutte contre l’impunité en Guinée et risque de fragiliser davantage la crédibilité des institutions judiciaires du pays.