Banque centrale : 2 600 milliards GNF injectés entre août et octobre pour juguler la crise des billets(Karamo Kaba)
Face à la pénurie persistante de billets de banque en Guinée, le gouverneur de la Banque centrale, Karamoko Kaba, a pris la parole ce mardi à l’occasion de la présentation du rapport du FMI sur les perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne. Une sortie très attendue, mais qui laisse de nombreuses zones d’ombre.
Depuis plusieurs années, Karamoko Kaba dirige la Banque centrale dans une opacité dénoncée par plusieurs observateurs. Malgré une série de scandales, notamment liés à la gestion de l’or, le gouverneur bénéficie toujours du soutien du président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya. Ce qui lui permet, selon ses détracteurs, de garder le silence sur des dossiers sensibles.
Ce mardi, Kaba a toutefois évoqué la crise actuelle de liquidités. Mais selon lui, il ne s’agit pas d’une crise monétaire, mais simplement d’un déficit en billets :
« Les mots sont importants. Il n’y a pas de crise de liquidité en Guinée. Il y a une crise de billets. Pour administrer le bon traitement, encore faut-il poser le bon diagnostic. Aujourd’hui, quelqu’un qui est bancarisé, qui opère dans l’univers dématérialisé, ne rencontre pas de problème », a-t-il déclaré.
Pour répondre à cette situation, la Banque centrale a annoncé un plan d’injection progressive de nouveaux billets dans le circuit économique :
• 500 milliards GNF attendus en août<span;>,
• 1 500 milliards en septembre<span;>,
• 600 à 700 milliards en octobre<span;>.
« Nous allons surmonter cette phase. C’est un moment un peu difficile, mais tout le monde sera payé », a-t-il tenté de rassurer.
Cependant, cette sortie du gouverneur soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Pourquoi cette fabrication massive de nouveaux billets ? Quel lien avec les soupçons de mauvaise gestion et le silence persistant autour du scandale de l’or qui ébranle la première institution financière du pays ? Sur ces sujets brûlants, Karamoko Kaba est resté muet.
Dans les coulisses, une source proche de la Primature confie que ni le Premier ministre Bah Oury, ni son gouvernement ne seraient informés des décisions actuelles de la Banque centrale. Une situation qui interroge sur la transparence et la gouvernance au sommet de l’État.
Pour l’heure, les Guinéens restent confrontés à une réalité : la raréfaction des billets de banque dans les guichets, les marchés et les banques commerciales, tandis que les autorités semblent se perdre en communications évasives.
Alkhaly Conde
