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Bah Oury parle des éternelles contestations,  situations tragiques, manque de légitimité en raison de l’instabilité chronique : faut-il rire ou pleurer ?

A l’occasion de la cérémonie de présentation des statistiques provisoires du registre national des personnes physiques et du fichier électoral biométrique, organisée par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, ce samedi 19 juillet 2025, à le Premier ministre Amadou Oury Bah a pris la parole devant les acteurs sociopolitiques, le corps diplomatique, les partenaires techniques et financiers dans un réceptif hôtelier à Kaloum.

Le  chef du Gouvernement  semble oublier le climat politique dont il reste l’un des doyens pour ne pas dire le doyen.

Lisez plutôt : « la question qui se pose aujourd’hui est de savoir quelle forme de dialogue ou de cadre de consultation devons-nous mettre en place, dans un contexte où nous entrons dans une phase décisive de la mise en œuvre du processus de retour à l’ordre constitutionnel ?.

Le temps d’hier, c’est-à-dire celui des éternelles contestations et des situations tragiques, manque de légitimité en raison de l’instabilité chronique qui accompagnait l’organisation des processus électoraux. Cette page est désormais tournée. C’est une nouvelle phase qui s’ouvre, et cela exige de chacun – politiques, société civile, presse,  un regard plus responsable, basé sur des faits probants. Il ne s’agit plus de s’enfermer dans les divergences systématiques, mais de proposer un discours nouveau, adapté aux défis actuels.

Le discours politique d’hier n’est plus adapté à la réalité d’aujourd’hui. Depuis l’indépendance, nous n’avons jamais disposé d’outils fiables et réguliers pour assurer une évolution apaisée du pouvoir. Grâce à la volonté du président Mamadi Doumbouya, la refondation de l’État est désormais engagée de façon concrète, au-delà des simples déclarations d’intention. Ce que la Guinée est en train d’accomplir peut servir de modèle à d’autres nations. Une nouvelle page s’ouvre, et il faut retrousser les manches.

J’ai rencontré le coordonnateur du cadre de dialogue inter-guinéen. Ensemble, nous avons examiné vos préoccupations, que je considère légitimes. Une bonne partie des engagements sera versée d’ici la fin de ce mois, par le biais du Secrétariat exécutif et des structures concernées »

Seulement voilà, Bah Oury n’a rien dit sur la tenue ou pas du référendum annoncé pour le 21 septembre prochain. Rien sur le niveau des préparatifs et du dialogue politique qu’il appelle de tout son vœu. Rien également sur le fait que les poids lourds de l »opposition dont ses anciens collaborateurs soient dehors. Il est alors à se demander en l’absence de Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo,  qui sera son interlocuteur?

Eternelles contestations ? Bah Oury oublie peut-être qu’il a été de toutes les contestations pour l’avènement de la démocratie en Guinée, y compris les tragiques évènements du 28 septembre. Ce, depuis le début du multipartisme en Guinée dans les années 1990 aux cotés d’un certain Alpha Condé, feux Siradiou Diallo Jean-Marie Doré et Bah Mamadou pour ne citer que ceux-là.

En rejetant la patate chaude au coordonnateur du cadre de dialogue inter-guinéen, il oublie que le chef du gouvernement qu’il est doit être en première ligne du dialogue social. Il doit donc soigner ses propos avant d’appeler au dialogue. Qu’on se le tienne pour dit.

 

Mohaùed SOUMAH