Le président du Conseil national de la transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, n’a pas mâché ses mots face aux organisations de la société civile, au patronat et aux syndicats réunis au Palais du peuple. Répondant aux critiques de ceux qui l’accusent de préparer une Constitution « sur mesure » pour le chef de la junte, il a renvoyé ses détracteurs à l’histoire récente de la Guinée.
« Ceux qui étaient avec nous en 2010 savaient qu’il y avait plus de partis politiques que d’acteurs sociaux. Et vous avez vu que cette Constitution n’a pas duré longtemps, parce qu’elle a été taillée sur mesure en tenant compte des rapports de force entre les forces politiques en présence. C’est pourquoi d’ailleurs elle n’a pas été soumise au référendum, parce que les uns et les autres étaient pressés d’accéder au pouvoir », a-t-il déclaré.
Poursuivant, Dr Kourouma a rappelé que l’élaboration d’une Constitution « n’est pas une course de vitesse, mais une course de fond », car elle doit organiser non seulement la vie politique, mais aussi la vie sociale, économique et culturelle du pays.
À propos de la nouvelle loi fondamentale en préparation, il a insisté sur son caractère inclusif :
« L’esprit de la Constitution qui est en cours de vulgarisation et d’explication pour que le OUI l’emporte le 21 septembre, a été rédigé par un Conseil national de transition composé majoritairement d’acteurs socio-économiques. C’est pourquoi son élaboration a été participative. Elle a été expliquée, débattue, détaillée, vulgarisée, et les aspirations profondes du peuple, dans toute sa diversité, ont été prises en considération. »
Ces déclarations relancent le débat : si la Constitution de 2010 était « taillée sur mesure », pour qui l’était-elle, sachant que le président sortant de l’époque n’était pas candidat ?
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