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Utilisation des deniers publics : Bah Oury met en garde les ministres en campagne

Alors que la campagne pour le référendum constitutionnel du 21 septembre bat son plein, la question de l’utilisation des finances publiques par les membres du gouvernement continue de susciter des débats. Selon plusieurs sources, de nombreux ministres et hauts cadres de l’administration se mobilisent avec les moyens de l’État pour soutenir la candidature du chef de la junte.

Alerté par cette situation, le ministre du Budget, Facinet Sylla, aurait attiré l’attention du Premier ministre sur la pression exercée sur les régies financières et sur l’état préoccupant des caisses de l’État, notamment à la Banque centrale.

Face à ces dérives, le chef du gouvernement, Bah Oury, a adressé une correspondance aux membres du gouvernement dont Guineelive a obtenu copie. Dans cette lettre, il appelle les ministres à la retenue et à un usage sobre des ressources publiques :

« À l’approche du scrutin référendaire du 21 septembre 2025, il vous est enjoint d’assurer une conduite de campagne exemplaire, rigoureuse et conforme au cadre légal, fondée sur la proximité avec les populations et la sobriété des moyens. (…) Les moyens mis à disposition à titre individuel (…) ne constituent pas des dotations à gérer à titre personnel », écrit-il.

Le Premier ministre met également en garde contre les démonstrations de richesse jugées déplacées dans le contexte actuel :

« Évitez les caravanes ostentatoires et les cortèges de véhicules 4×4 rutilants, qui peuvent produire des effets contreproductifs. Privilégiez des équipes légères, mobiles, structurées autour d’animations de proximité, de causeries communautaires et de temps d’écoute », recommande-t-il.

Dans un pays où de nombreux citoyens peinent à joindre les deux bouts, cette sortie de Bah Oury apparaît comme une tentative de limiter les excès liés à la campagne. Mais sur le terrain, les populations dénoncent toujours une gestion jugée clientéliste et dispendieuse des ressources publiques, souvent utilisées à des fins politiques.

La question demeure : cette mise en garde du Premier ministre suffira-t-elle à freiner les pratiques déjà bien ancrées au sein de l’administration guinéenne ?

Mohamed Soumah