Il existe des moments où le simple bon sens suffit à mettre en lumière les incohérences d’un système. Lors de la publication officielle de la liste des candidats à la prochaine élection présidentielle, beaucoup de citoyens, comme moi, ont été surpris d’entendre des membres de la Cour suprême évoquer la Charte de la Transition pour justifier une décision. On dit souvent que le diable se cache dans les détails.
Il s’agit là d’une référence pour le moins décalée, dans un pays où une Constitution a déjà été adoptée et promulguée. Quel est donc l’intérêt d’un nouveau texte fondamental si l’ancien continue de produire des effets juridiques ? Cette question n’est pas seulement technique ; elle touche au cœur même de la légitimité de nos institutions.
La Charte de la Transition n’avait de raison d’exister que dans l’attente d’un retour à un ordre constitutionnel normal. On croyait ce moment révolu. Pourtant, voilà que cette Charte ressurgit dans les propos de hauts magistrats, comme si la Transition refusait de disparaître — ou que certains trouvaient encore leur compte dans son ombre persistante.
Cet épisode met une fois de plus en évidence la confusion juridique qui règne dans la gouvernance de notre pays. Les textes se superposent, les références s’entremêlent, et le citoyen, quant à lui, ne sait plus sous quel régime il évolue réellement. Les juristes, censés éclairer le débat, semblent parfois préférer le brouiller, au risque d’éroder la confiance dans le droit.
Une justice efficace repose d’abord sur la clarté. Et une République solide ne peut se bâtir sur des ambiguïtés constitutionnelles. En jonglant trop entre la Charte et la Constitution, nos institutions donnent l’impression d’un État suspendu entre deux légitimités : celle du temporaire et celle du durable.
La Transition, par définition, devait avoir une fin. Si elle s’étend jusque dans les décisions de la Cour suprême, alors c’est le principe même de la normalisation démocratique qui se trouve menacé. Il est temps que le droit cesse d’être un instrument de confusion et redevienne un repère.
Il est temps que la Charte puisse enfin reposer en paix.
Source : guinee7.com
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