Ibrahima Sory II Tounkara aux magistrats: Nous le savons tous, la justice guinéenne est décriée et cataloguée: il nous revient d’inverser cette tendance dans le but de l’instauration d’une véritable justice respectueuse des Droits de l’homme
Le nouveau Garde des Sceaux Ibrahima Sory II Tounkara a dit tout haut ce que les autorités au plus haut niveau de l’Etat pensent tout bas. Une justice aux plus nantis. S’exprimant lors de sa passation mercredi 4 février 2026, le Ministre de la Justice a notamment mis les pieds dans le plat en ces termes : « Lorsqu’elle est forte, la nation est stable. Lorsqu’elle est crédible, l’État est respecté. Lorsqu’elle est humaine, le peuple est réconcilié avec ses institution. La République nous impose une lucidité courageuse.
La justice est le pilier silencieux de la République. Lorsqu’elle est forte, la nation est stable. Lorsqu’elle est crédible, l’État est respecté. Lorsqu’elle est humaine, le peuple est réconcilié avec ses institutions. La justice n’est ni vengeance ni complaisance. Elle est équilibre, mesure, autorité, légitime. C’est pourquoi je m’engage solennellement à respecter scrupuleusement la hiérarchie institutionnelle, à inscrire mon action dans la discipline gouvernementale et à faire du ministère de la Justice une administration exemplaire, lisible et responsable.
Notre système judiciaire souffre encore de failles structurelles profondes. Un, le surpeuplement carcéral. Il demeure l’un des défis les plus graves, résultant principalement : un, du non-respect des délais légaux de traitement des procédures. Deux, du recours excessif à la détention provisoire. Trois, de l’insuffisante mise en œuvre des alternatives légales à l’emprisonnement. Deux, la lenteur de la justice. Une justice lente est une justice perçue comme injuste. Elle fragilise la confiance des citoyens et nourrit le sentiment d’arbitraire. Trois, les insuffisances en formation. L’évolution du droit, la complexité et les exigences internationales imposent une montée en compétence permanente des acteurs judiciaires. Quatre, les déficits d’infrastructure. Des juridictions inadaptées, des établissements pénitentiaires surchargés, des moyens logistiques insuffisants compromettent la dignité humaine et l’efficacité judiciaire. Cinq, le déficit de cohésion institutionnelle. La justice est une chaîne. Lorsqu’un maillon faillit ou faiblit, c’est l’ensemble qui vacille.
Premier engagement, une politique pénale responsable et humaine. Un, respect strict des délais légaux. Deux, réduction raisonnée de la détention provisoire. Trois, promotion effective des alternatives à l’incarcération.
Deuxième engagement, la dignité carcérale. Un, lutte méthodique contre le surpeuplement. Deux, amélioration des conditions de détention. Trois, modernisation de la gestion pénitentiaire
Troisième engagement, la formation comme levier de transformation. Un, renforcement de la formation initiale. Deux, institutionnalisation de la formation continue. Trois, valorisation de l’éthique, de la déontologie et des droits de l’homme. Quatrième engagement, les droits de l’homme comme boussole. Un, protection effective des libertés fondamentales. Deux, accès équitable à la justice. Trois, prévention des violations des droits de l’homme. Toujours dans le cadre des droits de l’homme, sachant que la justice guinéenne à tort ou a raison, est, nous le savons tous, décriée et cataloguée: il nous revient d’inverser cette tendance, dans le but de l’instauration d’une véritable justice respectueuse des Droits de l’homme. Cinquième engagement, infrastructure, modernisation et cohésion. Un, réhabilitation des juridictions. Deux, digitalisation progressive des procédures. Trois, gouvernance judiciaire fondée sur le dialogue et la responsabilité partagée. »
Je prends l’engagement irrévocable de servir la justice guinéenne avec humilité, fidélité institutionnelle et attachement absolu aux valeurs républicaines. »
