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Migration irrégulière : les familles guinéennes face au drame des disparitions

Chaque année, des centaines, parfois des milliers de jeunes Guinéens quittent leur pays dans l’espoir d’un avenir meilleur, notamment vers l’Amérique du Nord, souvent par des voies irrégulières. Derrière ces départs risqués se cachent des drames humains profonds, dont les familles restées au pays paient le prix fort, sur les plans social, économique et sanitaire.

Les conséquences de cette migration clandestine sont lourdes. Elles se traduisent par une précarisation accrue des familles, des traumatismes psychologiques durables et, dans certains cas, une détérioration grave de la santé mentale des parents confrontés à l’incertitude et à la douleur de la disparition.

« À tout moment, je me mets à pleurer. Malgré mon âge, je n’arrive pas à résister », confie un parent de migrant disparu. Sa voix tremble lorsqu’il évoque son enfant, qu’il considère comme celui qui lui a sauvé la vie lors d’un drame familial. « C’est mon enfant qui m’a sauvé de la mort. Et aujourd’hui, c’est lui qui a disparu. Je ne sais même pas où il est. »

Ces témoignages bouleversants sont au cœur d’un rapport publié en 2024 par l’Organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière (OGLMI). Issu d’enquêtes de terrain menées auprès des parents de migrants portés disparus, le document retrace les parcours migratoires, les circonstances des disparitions, mais aussi les séquelles psychologiques et sociales laissées derrière chaque départ sans retour.

Le rapport a été rendu public à l’occasion de la journée commémorative du 6 février, dédiée aux migrants disparus. Une initiative qui vise à donner la parole aux familles et à mettre en lumière l’ampleur de leur souffrance. « Il fallait écouter pour comprendre combien de fois les familles souffrent, comment elles survivent au quotidien, comment elles font face à la pauvreté et au manque de soutien », souligne un responsable associatif.

À cette occasion, les acteurs engagés ont réaffirmé leur volonté d’accompagner les familles affectées, en s’engageant à traiter leurs demandes d’assistance dans le respect des règles et des procédures, et dans les meilleurs délais.

Initiée par l’OGLMI, cette journée commémorative a également pour objectif de sensibiliser la jeunesse guinéenne aux dangers de la migration clandestine et de promouvoir des alternatives locales durables, afin d’offrir aux jeunes des perspectives d’avenir sans avoir à risquer leur vie.

Daouda Yansané