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Législatives et communales en Guinée: le 24 mai ou l’épreuve du renouvellement politique

Le 24 mai prochain s’annonce comme l’ultime séquence d’un cycle ouvert le 5 septembre 2021. Après le référendum constitutionnel du 21 septembre 2025 ainsi que l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, les législatives et les communales viendront clore la transition et fixer durablement les lignes de la nouvelle architecture institutionnelle. Ce scrutin ne sera pas une formalité administrative, il constituera un test de maturité pour des partis éprouvés et une rampe de lancement pour une génération qui refuse de demeurer dans l’ombre.
Dans cette configuration inédite, des figures émergent déjà, telles qu’Aliou Bah du MoDeL, dont la formation pourrait prendre part à ces élections alors même qu’il demeure détenu, son seul nom suffisant à mobiliser ses partisans, Siaka Barry du MPDG, et surtout Abdoulaye Yéro Baldé du Frondeg, incarnation d’une ambition résolue à s’affranchir des réflexes d’hier. Assistera-t-on alors à l’irruption d’une classe politique renouvelée ou à la reconduction des visages familiers qui, depuis trop longtemps, occupent l’espace public ?
L’équation interpelle directement le RPG/Arc-en-ciel et l’UFDG. Ces deux formations, suspendues par le ministère de l’Administration du territoire et confrontées à des contraintes juridiques sévères, disposent encore d’une marge d’initiative. Les candidatures indépendantes offrent un levier stratégique derrière lesquelles s’abriter. Elles permettraient de promouvoir des profils issus de leurs jeunesses et de leurs bases féminines, d’assurer une présence dans les institutions et de préserver une capacité d’influence dans les centres de décision.
Reste à savoir si ces appareils accepteront de rompre avec la logique du « chef incontestable sans qui, rien ne se fait », en acceptant de soutenir ces candidatures indépendantes. L’histoire récente du pays enseigne que le repli et le boycott conduisent à l’effacement. En politique, l’absence laisse place à d’autres et l’électorat finit toujours par investir ceux qui occupent le terrain.
Ainsi, la recomposition en cours se fera avec ou sans le professeur Alpha Condé du RPG/Arc-en-ciel et Mamadou Cellou Dalein Diallo de l’UFDG. Le 24 mai ne consacrera pas simplement des élus, il arbitrera entre la persistance d’un modèle centré sur des figures tutélaires et l’affirmation d’une génération décidée à écrire sa propre page.
L’heure n’est plus aux nostalgies stratégiques. Elle est au courage du renouvellement, faute de quoi l’histoire, indifférente aux fidélités personnelles, poursuivra sa marche sans ceux qui auront refusé d’évoluer.
Abdoulaye Sankara