Le tribunal criminel de Mafanco a examiné, ce mardi 10 mars 2026, l’affaire impliquant Sarata Bayo Kamano, poursuivie pour trafic international de drogue à haut risque. La jeune dame est accusée d’avoir transporté 68 boules de cocaïne, des faits prévus et punis par les articles 812 et 819 du Code pénal. À la barre, l’accusée n’a pas contesté les faits qui lui sont reprochés. Elle affirme cependant avoir agi sous la contrainte de sa sœur, Sia Saran Sandouno, qui l’aurait obligée à transporter la drogue vers la Tunisie, rapporte Guineematin.com à travers l’un de ses journalistes présents à l’audience.
Âgée de 33 ans, Sarata Bayo Kamano est divorcée et mère de deux enfants. Coiffeuse de profession, elle est détenue à la Maison centrale de Conakry depuis le 21 janvier 2025.
Selon l’accusation, elle a été arrêtée alors qu’elle transportait 68 boules de cocaïne dissimulées dans son corps. Une partie de la drogue aurait été avalée, d’autres boules ont été retrouvées dans son soutien-gorge, tandis que 12 ont été extraites de ses parties intimes.
Interrogée par la juridiction, Sarata Bayo Kamano a reconnu les faits tout en rejetant la responsabilité principale sur sa sœur.
À la barre, elle a expliqué les circonstances dans lesquelles elle dit avoir été entraînée dans cette affaire. Selon elle, après sa séparation avec son mari, elle avait exprimé le souhait de retourner dans son village. Sa sœur, avec qui elle vivait dans la même concession, lui aurait plutôt proposé de faire un passeport afin de partir travailler à l’étranger.
Elle affirme que sa sœur lui a ensuite acheté un billet d’avion pour la Tunisie et lui aurait imposé de transporter un colis pour des tiers. « Elle m’a demandé d’aller acheter quelque chose au marché puisque je partais en voyage. Quand je suis sortie, elle a introduit les boules dans mon soutien-gorge sans que je le sache. C’est une fois à l’aéroport que j’ai été interceptée », a-t-elle déclaré.
Cherchant à clarifier certains éléments, le tribunal a interrogé l’accusée sur les boules retrouvées dans ses parties intimes.
La prévenue a affirmé que sa sœur l’avait contrainte à les dissimuler également à cet endroit. « Elle m’a dit de me coucher pour les placer. C’est ainsi qu’elle en a introduit certaines en utilisant du coton », a-t-elle soutenu devant la cour.
Le ministère public a, pour sa part, exprimé des doutes sur cette version. Le procureur a notamment demandé si la sœur de l’accusée était armée au moment des faits.
Sarata Bayo Kamano a répondu que non, mais qu’elle avait peur d’elle.
Le parquet s’est également interrogé sur le fait que la prévenue n’ait pas alerté la police à l’aéroport. « Pourquoi n’êtes-vous pas allée vers la police aéroportuaire pour dénoncer ce que votre sœur vous avait fait ? », a demandé le procureur.
« Je ne savais pas », a répondu l’accusée.
Pour le ministère public, cette explication reste peu convaincante. Le procureur a estimé que le simple bon sens aurait dû alerter la prévenue, soulignant qu’un colis ne peut être considéré comme anodin lorsqu’il est dissimulé dans les parties intimes.
La défense, de son côté, a tenté de relativiser cette interprétation. L’avocat de l’accusée a fait valoir que sa cliente aurait difficilement pu être crue si elle s’était dénoncée à l’aéroport, rappelant que les indications qu’elle avait données sur le domicile de sa sœur n’avaient pas permis de confirmer ses déclarations.
Interrogée par son conseil, la prévenue a exprimé des regrets concernant son implication dans cette affaire. « Oui, je le regrette », a-t-elle déclaré.
Au terme des débats, le ministère public, représenté par le procureur Kanfory Ibrahima Camara, a requis la déclaration de culpabilité de Sarata Bayo Kamano et a demandé une peine de dix ans de réclusion criminelle.
La défense a, pour sa part, plaidé la clémence de la cour. L’avocat a sollicité de larges circonstances atténuantes, soulignant que sa cliente n’a jamais nié les faits depuis l’enquête préliminaire. Il a demandé qu’elle soit condamnée au temps déjà passé en détention ou, à défaut, qu’une peine assortie de sursis soit prononcée.
À l’issue de l’audience, le tribunal, présidé par le juge Souleymane Traoré, a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 18 mars 2026.
Source: Guineematin
