Bann728x90

Le procès en appel de l’ex-chef de l’État, dans l’affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007, s’ouvre lundi 16 mars à Paris. En septembre, il avait été reconnu coupable d’association de malfaiteurs et condamné à cinq en de prison ferme avec exécution provisoire par le tribunal correctionnel de la capitale, en raison d’une “corruption au plus haut niveau” d’une “exceptionnelle gravité”. Un jugement qui “avait fait l’effet d’un séisme”, rappelle le quotidien belge. Dans ce feuilleton politico-financier qui a commencé en 2011, l’ancien champion de la droite est accusé d’avoir voulu faire financer par des fonds secrets de la Libye du dictateur Muammar Kadhafi sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, ce qu’il a toujours nié vigoureusement. En janvier, Marine Le Pen avait elle aussi comparu devant la Cour d’appel de Paris, dans le cadre de l’affaire des assistants d’eurodéputés du FN. “Un même décor, mais pas tout à fait pour le même enjeu”, souligne le quotidien de Bruxelles. Si la cheffe de file des députés Rassemblement national (RN) craint pour son éligibilité – elle devrait être fixée avant l’été –, pour Nicolas Sarkozy, “c’est un autre couperet qui le guette”. “À 71 ans, ce n’est plus son avenir politique qui le préoccupe mais sa liberté”, estime Le Soir. PUBLICITÉ L’ancien président doit donc convaincre les juges de son innocence “s’il veut éviter de retourner en prison”. À l’automne, il avait passé vingt jours en détention à la prison de la Santé, avant de faire appel et d’être libéré, de nouveau présumé innocent. Une courte incarcération qu’il a relatée “dans un livre à succès” qui lui a “fourni l’occasion d’une tournée de dédicaces à travers la France”, poursuit le quotidien belge. Neuf autres prévenus seront rejugés avec l’ex-chef de l’État durant ce procès qui doit se poursuivre jusqu’au 3 juin. S’il est de nouveau condamné à une peine de prison ferme, Nicolas Sarkozy “n’aurait plus qu’à introduire un recours devant la Cour de cassation, celle-ci ne statuant toutefois que sur d’éventuels vices de forme”, prévient Le Soir. […] Lire la suite sur Courrier international

Alors que l’Afrique est sur le point de devenir le marché de l’aviation à la croissance la plus rapide au monde, les décideurs politiques et les dirigeants de l’industrie se concentrent sur un défi central : comment traduire la hausse de la demande en connectivité durable, en compétitivité et en viabilité financière ?

Cette problématique était au cœur des délibérations du Forum sur les compagnies aériennes, le capital et la connectivité, organisé les 25 et 26 février 2026 à Nairobi par le Groupe de la Banque africaine de développement, en partenariat avec l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA).

Malgré des fondamentaux solides en matière de demande, le secteur de l’aviation en Afrique reste confronté à des contraintes structurelles, notamment le coût élevé du capital, la fragmentation des régimes réglementaires, les lacunes en matière d’infrastructures et l’accès limité aux financements à long terme. Pour relever ces défis, le Groupe de la Banque promeut le Programme intégré de transformation de l’aviation (IATP), une plateforme continentale conçue pour moderniser l’écosystème de l’aviation et mobiliser des capitaux privés, institutionnels et concessionnels à grande échelle. Ce programme vise à aligner les réformes politiques, les instruments de financement innovants et la mise en œuvre des projets au sein d’un cadre unique et bancable.

Le forum a réuni des dirigeants de compagnies aériennes, des ministres des Transports, des régulateurs, des investisseurs, des constructeurs et des partenaires du développement afin d’explorer la manière dont l’IATP peut accélérer une mise en œuvre coordonnée dans l’ensemble du secteur. Les participants ont souligné le rôle de l’aviation comme catalyseur stratégique de l’intégration régionale, de la facilitation du commerce, du tourisme et de la diversification économique.

Lors de l’ouverture du forum, le directeur des infrastructures et du développement urbain du Groupe de la Banque, Mike Salawou, a noté que si les perspectives de la demande dans le secteur de l’aviation en Afrique étaient parmi les plus fortes au monde, la capacité en matière d’offre et la préparation à l’investissement étaient à la traîne. L’IATP, a-t-il dit, vise à réduire les risques sur les investissements prioritaires, à soutenir les premières transactions pilotes et à restaurer la confiance des financeurs commerciaux et institutionnels.

Du point de vue du secteur, le secrétaire général de l’AFRAA, Abderahmane Berthé, a souligné l’ampleur des opportunités et le déséquilibre auquel le continent était confronté. « L’Afrique représente près de 18 % de la population mondiale, mais moins de 3 % du trafic aérien mondial, ce qui reflète des obstacles structurels et réglementaires plutôt qu’une faible demande », a-t-il pointé.

Dans un discours prononcé au nom de Kenya Airways, l’Afrique a été décrite comme la plus grande opportunité structurelle du 21e siècle dans le domaine de l’aviation. Au cours des deux prochaines décennies, un quart des nouveaux usagers du transport aérien mondial devrait provenir d’Afrique, sous l’effet d’une urbanisation rapide, d’une population aux revenus moyens en pleine croissance et d’un profil démographique jeune.

Cependant, les performances financières du secteur restent limitées. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), les compagnies aériennes africaines devraient dégager des marges nettes de 1 à 2 % seulement, ce qui est inférieur à la moyenne mondiale prévue de 3,9 % en 2026. Les coûts élevés du carburant, la lourdeur de la fiscalité, la libéralisation incomplète et l’infrastructure limitée des hubs continuent de peser sur la rentabilité.

La connectivité reste un goulet d’étranglement majeur. Le trafic intra-africain ne représente qu’environ un quart de la totalité du transport aérien, de nombreux passagers étant obligés de transiter par des pays situés en dehors du continent. Les participants ont souligné que la mise en œuvre intégrale du Marché unique du transport aérien en Afrique était essentielle pour libérer une connectivité intracontinentale efficace.

Dans le discours liminaire prononcé par Eric Ntagengerwa, responsable des transports et de la mobilité à la Commission de l’Union africaine (CUA) au nom de Lerato Dorothy Mataboge, commissaire aux infrastructures et à l’énergie, la réforme de l’aviation a été présentée comme un impératif pour la souveraineté, l’intégration et la compétitivité. Il a souligné que le Marché unique du transport aérien en Afrique serait le thème de l’Union africaine pour 2027.

Les discussions, qui se sont déroulées sur deux jours, se sont concentrées sur la mise en œuvre pratique, y compris le renforcement de la bancabilité des compagnies aériennes, la promotion d’une aviation respectueuse du climat, le développement du fret et de la logistique, le renforcement des compétences et le déploiement de mécanismes innovants de partage des risques dans le cadre de l’IATP. Les expériences nationales du Nigéria, du Kenya et de l’Éthiopie ont illustré la manière dont les objectifs continentaux pouvaient se traduire par des réformes nationales coordonnées et des opportunités d’investissement à court terme.

Samuel Obafemi Bajomo, conseiller principal auprès du ministère de l’Aviation du Nigéria, a souligné que des cadres politiques prospectifs et favorables à l’investissement étaient essentiels pour renforcer la connectivité et libérer le potentiel de croissance de l’Afrique, et pour positionner l’aviation en tant que catalyseur du commerce, du tourisme et d’une prospérité partagée.

Le forum s’est conclu sur un message clair : la demande en matière d’aviation en Afrique est réelle, en pleine accélération et irréversible. La priorité est désormais à la mise en œuvre : aligner les politiques, les capitaux et les infrastructures pour que l’aviation devienne un moteur durable de la croissance inclusive et de l’intégration régionale sur l’ensemble du continent.

Souce: BAD