Ce mercredi 18 mars 2026, nous nous sommes réveillés avec une terrible nouvelle. La mort de Abdoulaye Sankara, ancien directeur adjoint du Bureau de Presse de la Présidence de la République sous le magistère du Président Alpha Condé.
Mais pas que puisque Abdoulaye Sankara aura marqué sa vie et plus d’un guinéen puisqu’il a aimé la Guinée et les Guinéens. Né au Burkina Faso dont il était attaché par son engagement et son sens élevé du devoir patriotique, le défunt qui a eu maille à partir avec le régime du Président Blaise Compaoré a quitté son pays natal pour la Guinée et pour cause. Avec son engagement constant et sa plume acerbe qui dénonçait les tares de la société qui lui a vu naître, grandir et éduquer, il fut à plusieurs reprises emprisonné à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou(MACO) jusqu’à ce que ses amis finissent par lui donner le surnom de la prison: MACO.
Très critique du Président Blaise Compaoré et de son régime qui ne voulait pas le voir, il finit par s’enfuir en quittant le Burkina qui lui a vu naître et grandir pour ne pas laisser sa peau avec le régime militaire qui lui suivait à l’œil. Il a sans contrainte choisi la Guinée et de vivre en Guinée où il est arrivé au début des années 1990. Depuis, il n’a jamais quitté la Guinée même si MACO est resté attaché à sa famille et son pays, le Burkina Faso.
Ceux qui l’ont connu diront sans doute qu’il a positivement contribué au processus de démocratisation de la Guinée. Il a notamment travaillé avec les opposants Alpha Condé, Bah Mamadou, Siradiou Diallo, Jean-Marie Doré, pour ne citer que ces leaders politiques qui ont travaillé pour l’enracinement de la démocratie et de l’Etat de Droit en Guinée.
En Guinée, ça n’a du tout pas été repos pour le natif du Burkina. Il s’est vite fait remarquer par la qualité de sa plume dans les colonnes de plusieurs rédactions. C’est le cas au Groupe de Presse, L’Indépendant-L’Indépendant Plus-Le Démocrate, Le Diplomate, L’Observateur ou encore La Vérité. Il s’est alors fait connaître et aimer par les Guinéens.
Ses confrères guinéens, Bebel(paix à son âme), Abdoulaye Condé, Tibou Camara, Sékouba Savané, Saliou Samb de Reuters, Bakary Bamba Gamalo, Célestin pour ne citer que ceux-là, qui sont nos aînés dans la Presse se souviendront longtemps de MACO et de sa plume.
Ces derniers temps avec la bonne humeur, il faisait la fierté de la bonne plume sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. Justement sur le réseau social, il a parlé de sa maladie, de son hospitalisation et rendait un vibrant hommage aux médecins d’une clinique privée où il était hospitalisé. Comme une prémonition, il a cité dans son texte le nom de l’ange de la mort.
Il y a à peine quelques heures seulement ce mardi 17 mars 2026, il fut attaqué par les proches d’un Ministre de la République à cause de sa rubrique TOUT SAVOIR ET TOUT COMPRENDRE où il redressait la langue française tordue qu’il maîtrisait parfaitement comme sa langue maternelle. Il a répondu avec la même humeur et avec cette formule consacrée à la fin de ses textes : je viens en paix, je repars en paix, je suis artisan de la paix, ne me lapidez pas, je suis convalescent, fin de citation.
Justement les jeunes Journalistes des années 2000 qui l’ ont approché se souviendront longtemps du professionnel accompli et aguerri. Ils se souviendront aussi de l’homme accessible et chaleureux avec sourire aux lèvres.
Mais comme nous enseigne un dicton populaire, les grands arbres qui ont fait le bonheur des hommes et qui ont défié le temps finiront toujours par se coucher un jour et ne plus se relever. Dors en paix, l’ami de la Guinée et des Guinéens.
Ma pensée pieuse à sa famille, notamment à ses enfants dont il ne cessait de publier les photos sur les réseaux sociaux.
C’est certains, si Abou Maco pour les intimes était encore en vie, il allait corriger mon texte et me dire, mon frère tu as pondu beaucoup de fautes. Je suis sans mot. Adieu, mon bien aimé et cher frère.
Almamy Kalla CONTE pour Guineelive
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