Macenta : Un braconnier mis aux arrêts pour abattage et capture d’espèces animales protégées !

By on 10 août 2017
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La criminalité faunique continue de belle manière en Guinée, malgré l’engagement des autorités et des partenaires dans la défense de la biodiversité. Le 26 juillet 2017, Foromo Koivogui, présumé auteur du délit d’abattage, de capture, détention et circulation d’espèces animales intégralement protégées a été mis aux arrêts par les agents du Corps des Conservateurs de la Nature du centre forestier de Ziamah (CFZ). Grâce à  l’implication de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique) avec la franche collaboration des autorités, le mis en cause sera par la suite déféré devant la justice de paix de Macenta pour être situé les jours à venir, sur son sort.

La forêt classée de Ziamah située à Macenta au sud de la Guinée s’étend sur une superficie de plus de 119 km² et reconnue au niveau mondial comme un patrimoine naturel et écologique. De nos jours, cette ressource naturelle connait depuis belle lurette une menace de son contenu par l’action humaine, grâce au braconnage et le trafic faunique. Pour mémoire, en septembre 2016, un braconnier avait été arrêté et jugé pour avoir abattu un éléphant dans cette localité. Au courant de cette année, une femme a été aussi mise aux arrêts jugée et condamnée pour les mêmes faits. Malheureusement, le message semble être ignoré par certains citoyens qui font de cette activité illicite, une préoccupation quotidienne en mettant en péril, la vie des centaines d’autres espèces animales menacées d’extinction.

Pour revenir aux faits, le mercredi 26 juillet 2017 lors d’une patrouille nocturne des agents  de l’équipe des agents du Corps des Conservateurs de la Nature du centre forestier de Ziamah, une personne a été appréhendée à Nobrotonou, une des sous-préfectures riveraines de la forêt classée de Ziamah. Le mis en cause était en flagrant délit de détention de deux ongulés morts espèces animales partiellement protégées abattus avec une arme à feu de fabrication locale. Parmi ces espèces, un pangolin vivant aussi intégralement protégé a  été saisi des mains de M. Foromo Koivogui, ce qui vient d’aggraver de plus sa situation.

Joint au téléphone, M. Barê le chef de l’Antenne Ziamah est revenu sur les circonstances de son arrestation : « Le centre forestier de Nzérékoré a une antenne appelée ‘’ Antenne Ziamah’’ qui est notre zone de travail. Nous avons une équipe composée des agents  des conservateurs de la nature qui fait des patrouilles en vue de protéger des espèces animales et végétales. Dans la foulée, nous organisons des patrouilles de reconnaissances d’abord, en plus des patrouilles d’arrestation. C’est à ce niveau qu’on a planifié une patrouille composée de 6 agents dans la zone de Nobrotonou, une des sous-préfectures riveraines de la forêt classée de Ziamah. C’est à partir de 5 heures du matin du mercredi 26 juillet 2017 que le braconnier Foromo Koivogui est tombé dans les filets de l’équipe de patrouille. Il était en flagrant délit de détention de deux céphalophes morts et un pangolin vivant, en gestation ».

De son côté, M. Mory Camara chef de Section Eaux et Forêts de Macenta sollicite que la loi soit strictement appliquée : «  Nous sommes très satisfait de cette opération et nous demandons à la justice d’appliquer la loi sur une telle activité illicite qui contribue à ternir l’image de la Guinée au niveau international. En ce qui concerne des dispositions à entreprendre pour éradiquer le phénomène, c’est de mettre une équipe de surveillance à tous les postes de contrôle à la rentrée et à la sortie pour qu’elle veille à ces délits. »

Selon le code de faune et de la réglementation de la chasse, de tels agissements ne sont pas tolérables. L’article 162 du code de  faune réprime la chasse avec des armes à feu d’un emprisonnement de 3 mois à 1 an et d’une amende 50.000 à 100.000 GNF.

A en croire à nos sources, le présumé braconnier Foromo Koivogui a une maitrise parfaite du maniement des armes de guerre, entant qu’ex volontaire de l’armée guinéenne ayant participé aux combats contre l’attaque rebelle en 2000. Le pangolin a été relâché dans sa zone locale et les deux céphalophes tués ont été remis aux autorités compétentes.

Il faut rappeler que le trafic d’espèces est un crime organisé transnational. Il représente le 5ème commerce illégal le plus important au monde amassant plus de 20 milliards de dollars chaque année.

Selon nos sources, la première audience a eu lieu le mardi 08 août 2017 à la Justice de Paix de Macenta et renvoyée à une date ultérieure pour délibéré.

Affaire à suivre…

Daouda Yansané

664 44 23 43

 

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